En démissionnant de la papauté parce que son état physique ne lui permettait plus d’assumer ses fonctions, Benoit XVI vient de donner une belle leçon à tous les dirigeants de la planète.
Ce Pape qu’on considérait comme conservateur pour ne pas dire réactionnaire a fait preuve, aujourd’hui, d’un modernisme étonnant.
Il est bien dommage que Georges Pompidou et François Mitterrand, gravement malades l’un et l’autre, aient cru que « le courage » consistait, pour eux, à tenir debout malgré la souffrance et à poursuivre jusqu’au bout une mission qu’ils ne pouvaient plus remplir. Même si tous les Français ont admiré leur volonté, « le courage » aurait été, pour eux, de renoncer à leurs fonctions.
L’exemple du Pape –qui devient soudain sympathique- va peut-être faire comprendre à nos grands dirigeants non seulement qu’il n’y a pas de « honte » à abdiquer devant la maladie mais aussi qu’il est désormais intolérable pour l’opinion de voir un homme affaibli s’accrocher à son pouvoir.
En prenant sa décision, Benoit XVI s’est sans doute souvenu des mois pendant lesquels il avait vu Jean-Paul II agonisant sur son trône.
Cette démission marquera, bien sûr, l’histoire de l’Eglise catholique qui se demande déjà si le prochain Pape sera blanc, noir ou jaune mais elle marquera aussi l’histoire tout court. Car désormais on osera dire à un chef d’Etat diminué que « même le pape a démissionné ».

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