François Hollande en Grèce aujourd’hui, c’est la charité qui visite l’hôpital. Le président français veut apporter « un message de confiance et de soutien » au peuple grec. C’est, bien sûr, très gentil, mais c’est parfaitement ridicule.
La Grèce est dans un état épouvantable avec 27% de chômeurs, un PIB qui s’est effondré de 6,4% en 2012 et les efforts surhumains d’austérité que l’Europe a imposés à Athènes ont, certes, évité que la Grèce ne soit exclue de l’euro mais n’ont, bien sûr, pas permis à l’économie grecque de redémarrer et les Grecs crèvent de faim.
L’exemple grec prouve que Hollande avait raison quand il affirmait que trop d’austérité tuerait tout espoir de croissance et que les diktats à la prussienne d’Angela Merkel conduisaient l’Europe (du Sud) à la récession et donc à une mort programmée. L’Europe n’a pas sauvé la Grèce, elle l’a achevée.
L’ennui c’est que François Hollande a, lui aussi, capitulé devant l’Allemande (et le Britannique) en acceptant, le 8 février dernier, un budget européen qui impose l’austérité et oublie la croissance. Pire, Paris plonge à pieds joints dans l’austérité, même si nos dirigeants continuent à refuser d’employer le mot et ne parlent que de rigueur. Ayant abandonné l’objectif des 3% de déficit, révisé les espérances de croissance de 1,2% à 0,8% et désormais à 0,1%, ils veulent maintenant fiscaliser les allocations familiales et matraquer les retraités. Une thérapie à la grecque.
Au lieu d’aller encourager les Grecs, Hollande ferait mieux de profiter de son voyage à Athènes pour découvrir dans quel état les remèdes allemands ont mis le malade grec.
On sourit amèrement quand on apprend que le président français va proposer au gouvernement d’Athènes… « l’expertise française pour réformer les grandes administrations jugées défaillantes ».
En fait, en faisant ce voyage éclair, François Hollande a deux objectifs. D’abord, apparaitre aux yeux des Européens du Sud comme l’adversaire déclaré d’Angela Merkel qui avait été huée par des dizaines de milliers de manifestants lors de son voyage à Athènes le 9 octobre dernier. Mais comme il a cédé devant l’Allemande et la rigueur, on ne voit pas pourquoi les Grecs l’acclameraient en tant qu’avocat de la croissance.
Ensuite, préparer le terrain avant d’annoncer toutes les perspectives catastrophiques qui nous attendent, en essayant de faire croire, avec l’exemple grec, que les remèdes de cheval sont efficaces et qu’avec 10% de chômeurs « seulement » nous avons encore de la chance.
Les Grecs auront beau jeu de lui faire remarquer que la dictature européenne conduit leur pays tout droit vers l’explosion sociale et qu’il s’est lui-même, contre toutes ses promesses, incliné devant cette tyrannie.

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