On comprend que certains en soient réduits à souhaiter un retour de Sarkozy. Hier soir, au journal de TF1, François Fillon a fait la preuve qu’il avait atteint, voire même dépassé son niveau d’incompétence alors qu’il régnait à Matignon. Visiblement, il n’a ni l’envergure ni les compétences nécessaires pour gravir un échelon de plus, l’échelon suprême. Il n’en a, d’ailleurs, peut-être même pas vraiment l’envie. Il semblait s’ennuyer autant que les téléspectateurs.
Certes, il fait toujours « propre sur lui », dans son beau costume bleu et avec ses cheveux presque gominés. Après avoir été longtemps « le gendre idéal », il est désormais parfait dans son rôle de vieil oncle de province ayant pris sa retraite dans la capitale. Mais il ne fait pas rêver pour autant.
On nous avait annoncé cette émission comme devant marquer son grand retour sur le devant de la scène politique. En fait, il nous annoncé qu’il avait décidé… de ne pas prendre de décision pour le moment, ni pour ce qui est de la présidence de l’UMP ni pour ce qui est de la course à l’Elysée.
Bien sûr, personne n’est dupe. Tout le monde a compris qu’il avait jeté l’éponge pour la direction du parti mais qu’il rêvait encore d’être élu triomphalement, lors des primaires de la droite, comme candidat à la présidentielle. C’est évidemment incohérent.
En acceptant, naïvement, le compromis qui laissait à Jean-François Copé, pour quelques mois, la « boutique » UMP, Fillon s’est mis hors-jeu dans le parti. Après les semaines de « guerre civile » dévastatrice provoquée par l’affrontement des deux « frères ennemis », plus personne, ni les notables ni les militants, ne veut entendre parler de nouvelles élections. Copé n’a, peut-être, pas gagné les élections internes mais il a gagné la partie, même en trichant, et le parti, même s’il est en ruines. Fillon est désormais sur le banc de touche pour ne pas dire dans les vestiaires.
Et, à moins que Copé ne commette des erreurs irréparables (mais il en est bien capable) on ne voit pas comment Fillon pourrait ressurgir pour les primaires. Même si Copé le laisse de temps en temps monter à la tribune de l’Assemblée, Fillon n’est plus désormais qu’un ancien Premier ministre, comme Villepin, Raffarin, Jospin, Juppé ou Balladur. Autant dire qu’il appartient à l’histoire ancienne. Par définition, le patron de l’opposition ne peut être que le patron de l’UMP, aussi contesté soit-il, aussi bancale soit-elle.
Après s’être « dégonflé » pour les municipales de Paris, en se « dégonflant » pour la présidence de l’UMP, Fillon n’est plus qu’un mauvais perdant en face d’un mauvais gagnant, Copé. Pire, il n’est plus qu’une baudruche, à plat.
Mais le plus stupéfiant dans la prestation de Fillon, hier soir, a été quand il nous a annoncé qu’il avait maintenant l’intention « d’aller à la rencontre des Français pour entendre leurs attentes » (sic !).
Ce type est élu depuis 1981 -plus de 30 ans-, il a été, depuis 20 ans, ministre à maintes reprises et pas de n’importe quoi (Enseignement Supérieur, Technologies de l’information, Affaires Sociales, Education Nationale), il a été Premier ministre pendant 5 ans et… il a besoin d’aller demander aux Français quels sont leurs problèmes, leurs difficultés, leurs espoirs !
On croit rêver. Jamais jusqu’à présent un (très haut) responsable du pays ne nous avait avoué aussi ouvertement qu’il avait été parlementaire, ministre et même Premier ministre sans avoir jamais eu la moindre idée de la situation de la France et des attentes des Français.
Jusqu’à présent quand un candidat allait à la rencontre des Français c’était pour leur présenter son programme, leur promettre monts et merveilles, leur raconter des balivernes mais ce n’était pas pour « entendre leurs attentes » et découvrir les réalités. En principe, le candidat était plus ou moins au courant ou, du moins, faisait mine de l’être.
D’ailleurs, au lieu de passer des heures sur les routes de France et de Navarre, il suffirait à l’ancien Premier ministre de téléphoner à l’un d’entre nous pour apprendre, sans doute à sa plus grande surprise, que les Français sont préoccupés -et le mot est faible- par la montée inexorable du chômage, l’augmentation tout aussi inexorable des impôts, des déficits et de la dette, l’effondrement de notre compétitivité, la baisse du niveau de vie de chacun, le naufrage de tous les services publics, etc.
Tous les sondages affirment que les Français pensent que nos hommes politiques sont somnolents et douillettement installés sur une autre planète, totalement déconnectés des vrais problèmes du pays. L’aveu de Fillon leur donne raison.
Ce n’est pas avec des gens qui veulent se mettre vaguement au courant de la situation qu’on sauvera la France. Mais avec des gens qui non seulement connaissent cette situation et qui, en plus, ont quelques solutions à nous proposer. Hélas, on ne voit rien venir à l’horizon.
L’avenir du pays est plus que sombre mais avec des guignols de cet acabit la gauche a, sans doute, de beaux jours devant elle.

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