Kader Arif dont personne n’avait jamais entendu parler vient d’entrer, par la petite porte, dans la petite histoire du Parlement. Ce ministre délégué aux Anciens Combattants a, en effet, eu le culot d’annoncer, ce matin, dans l’hémicycle de l’Assemblée, que nos sept otages enlevés au Cameroun et sans doute détenus au Nigéria étaient libérés. Malheureusement, c’était faux et, trois heures plus tard, le Quai d’Orsay a dû démentir cette bonne nouvelle. Nous ne savons même pas où se trouvent nos otages et entre les mains de qui.
On est stupéfait, pour ne pas dire scandalisé, qu’un sous-fifre de ce gouvernement ait eu l’impudence, pour essayer de se faire un peu mousser, de raconter n’importe quoi et sur un sujet aussi dramatique. Kader Arif ignore qu’on ne joue ni avec des otages ni avec la représentation nationale.
Dans n’importe quel pays « normal » et avec n’importe quel président (vraiment) « normal », ce type aurait déjà dû présenter à la fois ses excuses à la famille des otages et à l’Assemblée et surtout sa démission au président de la République. La disparition de Kader Arif du paysage politique français n’aurait, d’ailleurs, pas été ressentie comme un drame national par nos compatriotes.
Qu’il soit encore, ce soir, membre du gouvernement démontre la déliquescence et le manque de dignité de ce régime.
Il est vrai qu’on ne voit pas pourquoi Hollande aurait viré Arif alors qu’il a parfaitement toléré toutes les « incartades », toutes les gaffes et toutes les maladresses d’un bon nombre de ses ministres, de Cécile Duflot, vantant le cannabis, à Montebourg, annonçant des nationalisations, en passant par toute la ribambelle de ces artistes de la cacophonie qui nous ont annoncé, la main sur le cœur, tout et n’importe quoi, dans l’ordre et dans le désordre, sur la croissance, les 75%, les déficits, le cumul des mandats, le droit de vote des étrangers, etc.
Chez Hollande et Ayrault, c’est comme dans la fonction publique on peut ne rien faire ou ne faire que des erreurs on bénéficie de l’impunité et de la garantie de l’emploi.
Cela dit, annoncer la libération de nos otages que tout le monde espère, bien sûr, pour se faire applaudir un instant par tous les députés n’est guère plus grave que d’affirmer qu’on va faire baisser le chômage, qu’on va juguler les déficits et qu’on va extirper le terrorisme islamiste de l’Afrique.
Kader Arif est à bonne école.
On veut d’ailleurs croire qu’il y a davantage de chance de voir libérer nos otages que de voir le chômage et les déficits baisser ou le terrorisme islamiste disparaitre.
Hollande avait là une occasion inespérée de faire preuve d’un peu d’autorité et de sens de l’Etat. Il l’a laissée passer. Pour lui, il est plus facile d’envoyer nos troupes faire la guerre au Mali que de renvoyer un jean-foutre à ses chères études.

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