Sept Français (parmi lesquels quatre enfants) ont été enlevés, ce matin, au nord du Cameroun et se retrouvent sans doute actuellement otages au nord du Nigéria.
François Hollande va donc, peut-être, finir par apprendre qu’il y a beaucoup de Musulmans en Afrique et par découvrir, par la même occasion, qu’il y a un certain nombre de groupes djihadistes dans la plupart de ces pays du Sahel et du sud-sahélien. Il est bien dommage qu’il ne l’ait pas su avant de se lancer dans son aventure malienne.
Si on lui avait dit que, de la Casamance au Kenya, des groupes de terroristes, mi-fous de Dieu, mi-brigands de grands chemins, régnaient en maitres, rançonnaient les populations, incendiaient les églises, massacraient les chrétiens et prenaient des otages, il aurait peut-être compris que ce n’était pas avec des Rafales, des hélicoptères et nos troupes d’élite qu’il viendrait à bout des Islamistes du cœur de l’Afrique.
4.000 hommes surarmés sont capables de « libérer », pour un temps, Goa et Tombouctou, mais ils ne peuvent rien, à travers cet immense continent, contre des foules profondément musulmanes où l’Islam se réveille violemment depuis quelques années, financé par les dictatures pétrolières du Golfe et aiguillonné par la haine de l’Occident chrétien et des anciennes puissances coloniales en cheville avec les potentats locaux.
Le Cameroun, ancienne colonie allemande puis ancien protectorat que se partageaient la France et la Grande-Bretagne, a toujours eu, dans le nord, des groupes d’extrémistes musulmans qui, sous l’autorité de quelques « émirs » locaux, faisaient la loi. Même chose dans tout le nord du Nigéria, cet « éléphant de l’Afrique » (pétrolier) où les nordistes, très fortement islamisés, n’ont jamais supporté le pouvoir des sudistes, chrétiens ou animistes, que leur avait imposé la puissance coloniale britannique.
Comme ceux du Tchad, du Niger, du Burkina ou de la Côte d’Ivoire, ces Nordistes islamistes du Cameroun ou du Nigéria contestant l’hégémonie des sudistes, ont, en fait, déclaré le djihad contre l’Occident et ses fantoches depuis bien longtemps. Et, bien sûr, ils sont tous plus ou moins solidaires entre eux, avec l’espoir d’instaurer un jour une grand république islamiste dans tout le cœur de l’Afrique.
La victoire éphémère des Islamistes maliens (Touaregs et anciens mercenaires de Kadhafi originaires de tous ces pays) qui ont dominé, pendant quelques mois, tout le nord du Mali en y imposant la Charia et l’Islam le plus rigoureux, a, évidemment, réveillé leurs ambitions. L’opération militaire française les a scandalisés et a fait de Paris le nouveau « grand Satan » qu’il faut terrasser.
L’attaque des installations d’In Amenas a été une première riposte. Cette prise d’otages au Cameroun est la deuxième. Cela ne fait que commencer. Tous les Français, tous les intérêts français sont maintenant menacés à travers toute l’Afrique islamisée.
François Hollande qui est allé jouer les généraux vainqueurs à Tombouctou et à Bamako savait-il qu’en déclenchant l’opération Serval pour gagner un point dans les sondages (qu’il a déjà reperdu) il allait faire de la France la cible de tous les fanatiques islamistes du Continent noir ?
N’importe quel voyageur ayant un peu fréquenté ces régions souvent inhospitalières aurait pu le lui dire…

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