Tous les prestidigitateurs le savent. C’est l’a-b-c du métier. Il faut attirer l’attention du spectateur d’un côté pendant qu’on fait disparaitre le lapin de l’autre. Mais, bien sûr, il ne faut pas que les oreilles du lapin continuent à dépasser. Pour l’instant, on doit bien constater que François Hollande rate tous ses tours de passe-passe.
La vie politique française est devenue totalement surréaliste. Le président, le gouvernement, l’Assemblée, le Sénat sont à des années-lumière de la réalité du pays. Ils discutent du mariage des homosexuels, de l’adoption par ces couples du même sexe, de la gestation pour autrui, du cumul des mandats, du vote des étrangers, autant dire du sexe des anges, alors que la France et les Français n’ont, de toute évidence, qu’une seule préoccupation, qu’une seule angoisse : le chômage.
On peut se demander si l’opposition, au lieu de déposer plus de 5.000 amendements sur ce projet de loi du « mariage pour tous », n’aurait pas mieux fait de refuser le débat et de déserter l’Assemblée en déclarant qu’elle voterait « contre » mais qu’elle ne voulait pas être complice d’un gouvernement qui pratiquait l’enfumage en plantant des arbustes pour cacher la forêt et que le statut des sodomites lui semblait infiniment moins important que le sort de 4 millions de chômeurs et de 10 millions de Français pauvres.
Malheureusement, l’opposition est tombée à pieds joints dans le piège ce qui confirme à quel point nos professionnels de la politique, de droite comme de gauche, sont coupés des réalités.
Ce n’est pas la GPA et les mères porteuses qui intéressent les Français aujourd’hui mais PSA et son usine d’Aulnay-sous-Bois, et Renault, et Goodyear et toutes ces entreprises qui, chaque jour depuis des mois, annoncent des plans dits « sociaux », c’est-à-dire des suppressions d’emplois et donc la mise à la rue de milliers de salariés.
Il est évident que pour l’UMP, il est plus facile de défendre la famille traditionnelle que d’évoquer la dégringolade économique du pays, sa désindustrialisation et sa perte de compétitivité. Le bilan des dix années de la droite au pouvoir est tout aussi épouvantable que celui des premiers mois de la gauche.
Pour être crédible, l’opposition devrait, d’abord, accepter de reconnaitre ses erreurs passées, ensuite, refuser d’aller guerroyer sur des champs de bataille marécageux et sans intérêt, enfin et surtout, réfléchir et proposer un vaste programme de reconstruction économique, social et moral du pays.
Mais pour l’instant, cette opposition préfère visiblement se chamailler pour savoir qui sera le patron de l’UMP, le candidat à la présidence en 2017, le (ou la) candidat (e) à la mairie de Paris, l’année prochaine. Elle ne comprend pas que les 60% de Français qui sont mécontents de Hollande et de la gauche attendent autre chose que des batailles de chiffonniers pour un « casting ».
Mais la droite française qu’on a souvent présentée comme « la plus bête du monde » a-t-elle encore la moindre idée à présenter ? Par moments, on se dit que la gauche a définitivement gagné la partie en imposant à toute notre faune politique, à nos médias et à notre pseudo élite intellectuelle sa « pensée unique » et son « politiquement correct ».
P.S. Hier, nous ironisions sur ces socialistes qui veulent supprimer le mot « race » de notre Constitution. Aujourd’hui, on apprend que Sandrine Mazetier, députée PS de la 8ème circonscription de Paris et vice-présidente de l’Assemblée, veut changer le nom, trop sexiste à ses yeux, des « écoles maternelles » pour, dit-elle, « redonner aux pères la place qui leur revient ». Il est vrai que le jour (prochain) où nos petites têtes blondes (ou brunes) auront deux papas, il faudra bien inventer des écoles « paternelles ».

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