On ne peut pas se faire acclamer tous les jours à Tombouctou. Aujourd’hui, François Hollande est bien obligé de revenir sur terre et ce n’est pas sa plaisanterie de garçon de bain sur la succession du Pape qui va empêcher les Français de l’observer face à l’adversité.
D’abord, il y a le rapport de la Cour des comptes qui le ridiculise. Le président de la République s’était engagé à ramener le déficit public sous la barre des 3% du PIB. C’était, évidemment, absurde et prendre, une fois de plus les Français pour des gogos auxquels on croit pouvoir raconter n’importe quoi.
Les comptables de la rue Cambon ont fait leurs additions, le déficit sera sans doute de 4,5%. Excusez du peu ! La Cour des Comptes ne reproche pas à Hollande de ne pas avoir assez augmenté les prélèvements obligatoires (ce qu’il a fait, sans se gêner) elle lui reproche de ne pas avoir assez réduit les dépenses. Ce qui est un peu injuste car, si les socialistes ont toujours su augmenter les impôts, ils n’ont jamais su diminuer les dépenses. On ne se refait pas.
Et cette même Cour des Comptes affirme que la dette publique pourrait bien dépasser les 90% du PIB !
Il est bien dommage que ce président qui se targuait de pratiquer « la transparence » avec « un langage de vérité » ait cru indispensable de nous raconter autant de sornettes. En jouant les Tartarins qui allaient terrasser les déficits, il n’a pas compris qu’à l’heure de vérité qui sonnerait inévitablement, il serait totalement discrédité aux yeux des Français et de la planète toute entière.
Pourquoi nous a-t-il aussi annoncé qu’il inverserait la courbe du chômage avant la fin de l’année ?
Mais la journée ne faisait que commencer. A peine avait-il fini de parcourir ce rapport dévastateur de la Cour des Comptes que François Hollande apprenait que la grève des instituteurs paralysait la plupart des écoles du pays. Or, nos enseignants font traditionnellement partie de la « clientèle » de la gauche. Le débat sur les rythmes scolaires est éternel mais il est évident que Vincent Peillon n’a pas su le gérer et que François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont laissé leur ministre de l’Education qui aime faire de la provocation s’embringuer dans une affaire sans issue. Là encore, Hollande nous avait promis « la concertation ». Les professeurs des écoles lui répondent avec… « un langage de vérité ».
Mais le plus grave pour le chef de l’Etat s’est sans doute passé à Rueil-Malmaison où les salariés de Goodyear, rejoints par ceux d’Arcelor-Mittal, de PSA Peugeot-Citroën et de Sanofi, tous menacés de se retrouver très rapidement au chômage, manifestaient devant le siège de Goodyear en conspuant « les patrons voyous ». Il va sans dire qu’en s’en prenant aux patrons, ces salariés s’attaquaient aussi au gouvernement qui leur avait promis de faire rendre gorge au capitalisme et à Arnaud Montebourg (qui a curieusement disparu des écrans télé depuis quelque temps) l’homme qui voulait nationaliser les entreprises en difficulté pour les sauver.
Certes, depuis des mois, on s’est habitué à entendre les inquiétudes des salariés et à les voir défiler dans les rues. Mais, depuis quelque temps, ces inquiétudes se transforment en désespoir et ce désespoir pourrait bien se transformer en rage. Hollande devrait y être plus attentif.
Ajoutons, pour faire bonne mesure, un attentat et un assassinat en Corse, malgré toutes les promesses et toutes les mesures prises par Manuel Valls.
Beaucoup pour une seule journée. Les faits qui ont décidément la vie dure ont désavoué, en quelques heures, le ministre du Budget, le ministre de l’Education Nationale, le ministre du Redressement productif et le ministre de l’Intérieur. Quant aux mots « vérité » et « concertation », ils ont disparu du vocabulaire.
Tombouctou n’est plus qu’un mirage lointain qui s’efface dans le désert…

Mots-clefs : , , , ,