Archives par moisfévrier 2013



Populisme et démocratie

En commentant les résultats des élections italiennes, nos « bons esprits de service » n’ont rien trouvé de mieux que d’évoquer un risque de « populisme » qui menacerait l’Europe.
Comme pour tous les noms d’oiseau que se jettent à la figure les vautours de notre personnel politique, nous n’avons pas de définition exacte de ce qu’est « le populisme » en question.
En gros, ce serait caresser l’électorat dans le sens du poil, lui promettre de juguler le chômage, de réduire les impôts, de faire baisser la dette et les déficits, de limiter l’immigration, d’assurer la sécurité de chacun et de remettre sur pied tous les services de l’Etat.
Mais, si on s’en tient à cela, on s’aperçoit immédiatement que tous nos candidats sans exception, de droite comme de gauche, ont tous été coupables du pire des « populismes ». A commencer par celui qui nous annonçait, il n’y a pas très longtemps, que « le changement » c’était « maintenant » ou à celui qui, juste avant, nous affirmait que « tous ensemble » tout devenait « possible ».
En nous promettant tout et n’importe quoi et notamment qu’« on rasera gratis demain », tous nos candidats ont fait, font et feront du « populisme ». Mais il parait que, dans ces cas-là, cela s’appelle « deux doigts de démagogie » et que c’est parfaitement acceptable dans toutes les règles de la démocratie.
Certains précisent alors que « le populisme » consisterait à réveiller « les instincts les plus bas de la populace ». Exemples d’instincts particulièrement « bas » de la populace : vouloir balayer tous les politiciens, de droite comme de gauche, qui depuis des décennies ont été totalement incapables de faire face à tous les problèmes du pays, penser que l’austérité décrétée par nos technocrates, nos banquiers et nos agences de notation n’est sans doute pas le meilleur moyen pour relancer la croissance –c’est-à-dire les investissements et la consommation- seule arme pour faire reculer le chômage et les déficits, accuser l’Europe de ne pas nous avoir apporté la prospérité qu’on nous avait promise, considérer qu’une immigration totalement incontrôlée n’est pas forcément « une chance » pour le pays, ne pas croire que l’Islam soit soluble dans notre société et redouter que les fous de Dieu ne finissent par entrainer leurs coreligionnaires dans un affrontement avec notre civilisation.
Mais si c’était cela « le populisme », il faudrait bien constater qu’il ressemble furieusement à ce qu’on appelle souvent la lucidité.
En vérité, « le populisme » c’est tout simplement le culot qu’on certains petits, obscurs, sans-grades, manants, inconnus de vouloir, un jour, brusquement, entrer dans la cour des puissants et s’asseoir autour de la table du club le plus fermé du monde, celui de la caste des maitres de la planète. Or, c’est vrai, la piétaille ne sait pas se tenir à table, ne serait-ce que parce qu’elle met les pieds dans le plat et que, sous prétexte qu’elle est sur le point de crever, elle ne veut rien savoir des règles élémentaires du savoir-vivre.
Il n’y a aucun doute qu’en disant dans les urnes, comme l’avaient fait, dans les rues, les Grecs, les Espagnols ou les Portugais, qu’ils ne voulaient plus de cette Europe-là, de cette austérité-là et de ces politicards-là, les Italiens ont fait preuve d’un total manque d’éducation alors pourtant qu’on leur avait, pendant des années, appris à gober n’importe quoi et à se soumettre sans broncher à tous les diktats de tous les seigneurs qu’on pourrait bien souvent orthographier saigneurs.
En accusant ces nouveaux venus d’être des « populistes » qui menaceraient la « démocratie » sous prétexte qu’ils les contestent, les tenants de l’oligarchie qui règnent encore sur notre vieux continent ignorent que le mot « démocratie » vient du grec « démos » qui signifie peuple tout comme le mot « populisme » qui vient du latin « populus » et qui signifie, lui aussi, peuple. Autant dire qu’une vraie démocratie est, par définition, plus proche du populisme que de l’oligarchie.

27 Fév 2013 | Comments (13)

Les prestidigitateurs ne sont pas des magiciens

C’est l’a-b-c de la prestidigitation. Il faut attirer le regard des spectateurs d’un côté pendant qu’on fait disparaitre le lapin de l’autre côté. François Hollande est un maitre en la matière. Il nous a bassinés pendant des semaines avec le mariage homosexuel pour que nous ne nous apercevions pas que, contrairement à toutes ses promesses, le chômage continuait à augmenter. Il a déclaré la guerre du Mali pour nous faire oublier que, contrairement à tous ses engagements, les déficits, la dette et les impôts continuaient à augmenter. Il amuse la galerie avec l’espoir de pouvoir mettre, en douce, les vrais problèmes sous le tapis.
Ses comparses font la même chose. Cette semaine, c’est Vincent Peillon qui fait le numéro. Le ministre de l’Education Nationale a ouvert le débat des rythmes scolaires. Combien d’heures de classe faut-il imposer à nos chères têtes blondes par jour, par semaine, par an ? C’est, en effet, une question qu’on se pose depuis quelques décennies. Certains trouvent que nos enfants travaillent trop et sont fatigués. D’autres que les vacances sont trop longues. Mais ce n’est évidemment pas « LE » problème de l’Education Nationale française.
« LE » problème de l’Ecole aujourd’hui c’est qu’elle soit devenue une usine à analphabètes et à chômeurs, que 20% de notre population soient des illettrés, que plus de 20% de nos 20-25 ans soient des chômeurs qui, faute de la moindre formation, n’ont aucune chance de trouver un emploi, c’est aussi que « le niveau » général de nos compatriotes se soit cruellement affaissé au point qu’ils semblent maintenant n’avoir d’autre rêve que de gagner au loto et qu’ils se contentent parfaitement des programmes trop souvent débiles que la télévision leur assène. (Samedi dernier, toutes les chaines se sont interrompues en urgence pour annoncer que David Beckham faisait en entrée sur le stade !)
La question à laquelle Vincent Peillon doit répondre n’est pas de savoir s’il faut ouvrir les écoles le mercredi matin ou réduire les grandes vacances à six semaines mais quel enseignement donner aux jeunes pour qu’ils puissent entrer dans la vie active et, éventuellement, apprécier Mozart et Baudelaire.
Tout le monde est plus ou moins d’accord pour reconnaitre que ce serait bien qu’ils sachent lire, écrire, compter. Encore faudrait-il que la fameuse « lecture globale » soit définitivement condamnée et que les quelques dingos qui l’imposent encore à leurs élèves soient virés de l’Education Nationale avec tous les farfelus qui se croient, au nom de l’autonomie des établissements, autorisés à expérimenter des « méthodes pédagogiques nouvelles ».
Mais pour le reste ? Fallait-il abandonner les « humanités », le latin, le grec, l’apprentissage des « grands auteurs », l’histoire ? Etait-il vraiment inutile que les enfants apprennent les préfectures et les sous-préfectures ? Que veut-on mettre dans « le bagage » des jeunes ? De quoi leur permettre de se faire embaucher par une entreprise, avec « un métier » ? D’être capable de profiter pleinement de la vie avec un minimum de « culture » ? Les deux ne sont sans doute pas incompatibles.
Encore faudrait-il qu’on sache ce qu’on veut faire des jeunes qui entreront dans la vie active dans dix ou quinze ans. Mais pour cela il faudrait qu’on ait une idée de la France qu’on leur prépare. Or il semble bien qu’avec leurs passe-passe et leur politique à la petite semaine si ce n’est au jour le jour, l’équipe actuelle n’en ait pas la moindre idée. Les prestidigitateurs ne sont pas des magiciens…

27 Fév 2013 | Comments (5)

L’avertissement italien

Les capitales européennes, leurs bourses et leur presse semblent surprises par les résultats des élections italiennes. Il est vrai que tous ces « experts », tout en regrettant par avance la défaite programmée de leur ami Mario Monti le sortant, nous annonçaient une belle victoire de la gauche de Pier-Luigi Bersani et la disparition définitive de Sylvio Berlusconi.
Or, si l’austère technocrate Monti a, en effet, pris une claque absolue avec un petit 10%, la gauche de l’ancien communiste Bersani n’a recueilli que 29,54% des voix et est talonnée par le parti de Berlusconi qui a fait une remontée magistrale puisqu’il obtient 29,18% des suffrages. Nos pseudo-spécialistes, politiques, financiers et journalistes, avaient tout faux, à croire qu’ils sont désormais totalement coupés des réalités, pour ne pas dire du « peuple ».
Mais la grande surprise est, bien sûr, le score du parti de Beppe Grillo, « le clown », celui qu’on appelle « le Coluche italien » dont l’essentiel du programme consiste à exiger qu’on balaie tous les pourris de la classe politique italienne et qui a obtenu 25% des voix.
On dira que les Italiens ne sont pas des gens sérieux et que leur système électoral ne permet pas de dégager des majorités claires. Il n’empêche que ce scrutin a très clairement fait savoir que les Italiens ne supportaient plus les technocrates de l’austérité, en renvoyant sèchement « le professeur » Monti à ses chères études, et en avaient assez de l’Europe bruxelloise, en donnant une majorité aux eurosceptiques que sont, chacun à sa manière, Berlusconi et Grillo.
Certes, l’Italie est dans une situation pire que la France mais avec un chômage qui ne fait qu’augmenter (on attend avec inquiétude les chiffres officiels de ce soir), une croissance nulle (0,1% au mieux), des déficits supérieurs aux prévisions (3,7%) et des impôts qui vont encore augmenter (d’au moins 6 milliards d’après l’aveu même de Cahuzac) nous allons très rapidement nous trouver dans la même situation que nos voisins transalpins.
Ces élections italiennes sont donc un avertissement très clair donné à tous les dirigeants européens et notamment à François Hollande qui ne va pas pouvoir continuer à nous parler de croissance, de redémarrage de notre économie, de ré-industrialisation du pays tout en nous assassinant d’impôts supplémentaires pour complaire à Angela Merkel et obéir aux instructions des technocrates bruxellois.
Mais ce scrutin est pire encore. Non seulement les Italiens disent non à l’austérité et à l’Europe mais en votant pour un Berlusconi, accusé et sans guère de doute coupable des pires turpitudes, et les amis d’un Beppe Grillo, officiel guignol, ils « crachent à la gueule » de toute la classe politique traditionnelle, de droite comme de gauche, qui depuis des décennies a conduit l’Italie et la plupart des pays européens à la faillite, à la déliquescence et au malheur des citoyens.
On sait comment ça commence, on sait aussi comment ça finit.
Si des élections avaient lieu aujourd’hui en France, le PS et ses amis ne feraient sans doute pas mieux que la gauche italienne, l’UMP et l’UDI feraient peut-être moins bien que Berlusconi et on voit très bien qui tiendrait le rôle de Beppe Grillo.

26 Fév 2013 | Comments (5)

Fillon veut se mettre au courant de la situation…

On comprend que certains en soient réduits à souhaiter un retour de Sarkozy. Hier soir, au journal de TF1, François Fillon a fait la preuve qu’il avait atteint, voire même dépassé son niveau d’incompétence alors qu’il régnait à Matignon. Visiblement, il n’a ni l’envergure ni les compétences nécessaires pour gravir un échelon de plus, l’échelon suprême. Il n’en a, d’ailleurs, peut-être même pas vraiment l’envie. Il semblait s’ennuyer autant que les téléspectateurs.
Certes, il fait toujours « propre sur lui », dans son beau costume bleu et avec ses cheveux presque gominés. Après avoir été longtemps « le gendre idéal », il est désormais parfait dans son rôle de vieil oncle de province ayant pris sa retraite dans la capitale. Mais il ne fait pas rêver pour autant.
On nous avait annoncé cette émission comme devant marquer son grand retour sur le devant de la scène politique. En fait, il nous annoncé qu’il avait décidé… de ne pas prendre de décision pour le moment, ni pour ce qui est de la présidence de l’UMP ni pour ce qui est de la course à l’Elysée.
Bien sûr, personne n’est dupe. Tout le monde a compris qu’il avait jeté l’éponge pour la direction du parti mais qu’il rêvait encore d’être élu triomphalement, lors des primaires de la droite, comme candidat à la présidentielle. C’est évidemment incohérent.
En acceptant, naïvement, le compromis qui laissait à Jean-François Copé, pour quelques mois, la « boutique » UMP, Fillon s’est mis hors-jeu dans le parti. Après les semaines de « guerre civile » dévastatrice provoquée par l’affrontement des deux « frères ennemis », plus personne, ni les notables ni les militants, ne veut entendre parler de nouvelles élections. Copé n’a, peut-être, pas gagné les élections internes mais il a gagné la partie, même en trichant, et le parti, même s’il est en ruines. Fillon est désormais sur le banc de touche pour ne pas dire dans les vestiaires.
Et, à moins que Copé ne commette des erreurs irréparables (mais il en est bien capable) on ne voit pas comment Fillon pourrait ressurgir pour les primaires. Même si Copé le laisse de temps en temps monter à la tribune de l’Assemblée, Fillon n’est plus désormais qu’un ancien Premier ministre, comme Villepin, Raffarin, Jospin, Juppé ou Balladur. Autant dire qu’il appartient à l’histoire ancienne. Par définition, le patron de l’opposition ne peut être que le patron de l’UMP, aussi contesté soit-il, aussi bancale soit-elle.
Après s’être « dégonflé » pour les municipales de Paris, en se « dégonflant » pour la présidence de l’UMP, Fillon n’est plus qu’un mauvais perdant en face d’un mauvais gagnant, Copé. Pire, il n’est plus qu’une baudruche, à plat.
Mais le plus stupéfiant dans la prestation de Fillon, hier soir, a été quand il nous a annoncé qu’il avait maintenant l’intention « d’aller à la rencontre des Français pour entendre leurs attentes » (sic !).
Ce type est élu depuis 1981 -plus de 30 ans-, il a été, depuis 20 ans, ministre à maintes reprises et pas de n’importe quoi (Enseignement Supérieur, Technologies de l’information, Affaires Sociales, Education Nationale), il a été Premier ministre pendant 5 ans et… il a besoin d’aller demander aux Français quels sont leurs problèmes, leurs difficultés, leurs espoirs !
On croit rêver. Jamais jusqu’à présent un (très haut) responsable du pays ne nous avait avoué aussi ouvertement qu’il avait été parlementaire, ministre et même Premier ministre sans avoir jamais eu la moindre idée de la situation de la France et des attentes des Français.
Jusqu’à présent quand un candidat allait à la rencontre des Français c’était pour leur présenter son programme, leur promettre monts et merveilles, leur raconter des balivernes mais ce n’était pas pour « entendre leurs attentes » et découvrir les réalités. En principe, le candidat était plus ou moins au courant ou, du moins, faisait mine de l’être.
D’ailleurs, au lieu de passer des heures sur les routes de France et de Navarre, il suffirait à l’ancien Premier ministre de téléphoner à l’un d’entre nous pour apprendre, sans doute à sa plus grande surprise, que les Français sont préoccupés -et le mot est faible- par la montée inexorable du chômage, l’augmentation tout aussi inexorable des impôts, des déficits et de la dette, l’effondrement de notre compétitivité, la baisse du niveau de vie de chacun, le naufrage de tous les services publics, etc.
Tous les sondages affirment que les Français pensent que nos hommes politiques sont somnolents et douillettement installés sur une autre planète, totalement déconnectés des vrais problèmes du pays. L’aveu de Fillon leur donne raison.
Ce n’est pas avec des gens qui veulent se mettre vaguement au courant de la situation qu’on sauvera la France. Mais avec des gens qui non seulement connaissent cette situation et qui, en plus, ont quelques solutions à nous proposer. Hélas, on ne voit rien venir à l’horizon.
L’avenir du pays est plus que sombre mais avec des guignols de cet acabit la gauche a, sans doute, de beaux jours devant elle.

25 Fév 2013 | Comments (9)

Oui, « C’était mieux avant » !

Certains amis de ce blog reprochent à quelques-uns d’entre nous d’avoir la fâcheuse tendance de trouver que… « c’était mieux avant ». Sans aller jusqu’à nous traiter de « vieux cons », ils nous accusent, à demi-mots à peine voilés, d’être des passéistes ronchons qui, à force de râler sur la situation actuelle, ont fini par idéaliser une époque révolue depuis belles lurettes.
Il n’y a aucun doute qu’arrivé à un certain âge, voire à un âge certain, on pense très naturellement que c’était mieux quand on était… jeune. Il parait que, depuis la plus haute antiquité, « les vieux » ont toujours été nostalgiques de leurs jeunes années et ont toujours affirmé aux « jeunes » que, de leur temps, les choses allaient beaucoup mieux.
Cela dit, il serait tout de même intéressant de se demander, en toute objectivité, bien sûr, si la France des années 1960-70 n’offrait pas aux jeunes de l’époque que nous étions une vie plus agréable et surtout des perspectives plus encourageantes que celles que connaissent nos jeunes d’aujourd’hui.
C’était l’époque où de Gaulle était à l’Elysée et Pompidou à Matignon. Tout n’était pas forcément facile. Nous sortions à peine de la guerre d’Algérie, des centaines de milliers de jeunes métropolitains avaient été envoyées dans les djebels, un million de Pieds-Noirs avait débarqué à Marseille, une petite valise à la main, en quelques semaines, et en même temps la France se métamorphosait totalement, passant brusquement d’un pays de paysans à un pays industriel, des campagnes aux villes et à leurs banlieues, et les enfants du baby-boom déferlaient dans les écoles…
Mais le chômage n’existait pas, l’insécurité non plus, nous n’avions pas de problème d’immigration, nous lancions « Le France », la « Caravelle », la « DS », toutes nos industries étaient florissantes, il y avait des chantiers partout, on construisait des « villes nouvelles », on aménageait le territoire et tous les foyers français, ou presque, voyaient leur niveau de vie progresser considérablement, achetaient leur logement, leur voiture, leur frigidaire, et surtout savaient que leurs enfants auraient une vie encore meilleure que la leur.
Oui, c’était mieux avant, même si nous n’avions ni téléphones portables ni ordinateurs. Et qu’on ne nous raconte pas que nous vivions sous la chape de plomb d’une dictature gaulliste. Aucun chef d’Etat n’a sans doute été aussi raillé et aussi critiqué que le Général.
Et puis, mais cet aspect des choses est totalement incompréhensible pour les jeunes générations d’aujourd’hui, la France était respectée de par le monde, la voix de la France écoutée. Il serait cruel de vouloir comparer les discours de Dakar (de Sarkozy ou de Hollande) avec, par exemple, le discours de Phnom-Penh. Sans parler du couple de Gaulle-Adenauer qui avait tout de même une autre allure que le couple Hollande-Merkel.
Naturellement, tout a changé. La mondialisation, avec l’émergence ravageuse des pays qu’on appelait alors « du Tiers-monde », a chamboulé l’économie mondiale et, éberlués devant cette agression, nous avons laissé sombrer nos industries. La construction à marche forcée d’une Europe « fédérale » (dont nous ne voulions pas) nous a entrainés dans le tourbillon de la décomposition. L’accumulation de lois et de textes réglementaires nous a, dans un délire normatif inouï, conduits à paralyser le pays. Le tricotage incessant de notre filet de protection sociale a fait perdre au mot « solidarité » tout son sens et conduit notre système d’assistanat généralisé à la faillite. L’école, prisonnière de quelques gourous révolutionnaires, est devenue une fabrique d’analphabètes et de chômeurs. Les services publics se sont transformés en usines à gaz inefficaces et ruineuses, etc.
« Avant », nous étions fiers ou du moins contents d’être français et nous souriions à l’avenir qui semblait, lui aussi, nous sourire.
Aujourd’hui, les jeunes quand ils sont surdiplômés partent vivre à l’étranger et les autres jonglent entre les emplois jeunes, les emplois d’avenir, les contrats de génération, c’est-à-dire les bonnes œuvres de la République, des emplois bidons et éphémères qui n’ont d’autre but que de maquiller l’agonie de notre économie. Les moins jeunes redoutent le chômage et s’affolent devant la dégringolade de leur niveau de vie. Les vieux tremblent pour leurs retraites. Et pour expliquer nos malheurs si ce n’est nous consoler nous nous vautrons dans la repentance.
On dira que le vent de l’Historie est sans pitié, qu’il n’y a rien à faire et que, comme l’écrivait Paul Valéry, « Les grandes civilisations savent désormais qu’elles sont mortelles ». C’est vrai.
Mais « les vieux ronchons passéistes » se souviennent qu’en 1958 la France de la IVème République était à l’agonie, épuisée par ses guerres coloniales, ses crises ministérielles, ses déficits, ses grèves dures, et qu’il avait « suffi » que « le plus illustre des Français » (comme avait dit Coty) qui, lui, avait « une certaine idée de la France » revienne au pouvoir pour qu’en quelques mois le pays renaisse de ses cendres, que l’économie redémarre, que la voix de la France soit de nouveau entendue et que « les veaux » reprennent espoir.
L’ennui aujourd’hui c’est que nous n’avons plus personne « en réserve », à Colombey ou ailleurs, et surtout que plus personne dans le pays ne se fait la moindre « idée » de ce que pourrait être la France.
Oui, « C’était mieux avant »

23 Fév 2013 | Comments (23)

Les censeurs du CSA et les morts qu’il ne faut pas montrer

Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel fait partie de ces innombrables « trucs » dont la France a le génie mais dont les Français se demandent à quoi ils peuvent bien servir si ce n’est à caser confortablement des petits copains qui ont fait preuve d’une constante et obséquieuse soumission et qui, tels les vieux caniches, sont encore prêts à obéir à leurs maitres.
Et voilà que, soudain, ce « truc » en question, sans doute pour faire croire qu’il sert à quelque chose, veut jouer les arbitres des élégances et donner des mauvais points à ceux qui font leur métier (de journaliste) sans tenir compte des règles de bienséance établies par la pensée unique, le politiquement correct et le régime.
A la suite d’un reportage de France 2 sur la guerre du Mali, ce ramassis d’incapables confortablement vautrés dans les fauteuils-clubs du CSA vient de publier un communiqué qui vaut son pesant de moutarde.
« Le CSA a constaté la diffusion sur France 2, dans le magazine Envoyé spécial, d’images difficilement soutenables, notamment pour les jeunes téléspectateurs, à l’occasion d’un reportage consacré au conflit qui se déroule au Mali. Considérant que les plans répétés et particulièrement insistants sur les corps de personnes décédées, sans analyse correspondante, étaient susceptibles de constituer une atteinte à la dignité humaine, le Conseil a décidé de mettre fermement en garde les responsables de France Télévisions contre le renouvellement de tels manquements » (Sic !)
Mais dans quel pays vivons-nous ? Comment neuf illustres inconnus, nommés par le président de la République, le président du Sénat et le président de l’Assemblée, peuvent-ils se permettre de juger le travail de journalistes et de jouer les censeurs comme dans les pires dictatures du Tiers-monde ou les républiques soviétiques d’antan ? Le pouvoir considère-t-il vraiment les Français comme des débiles qui ne pourraient pas supporter la vue du sang ?
Le CSA s’imagine-t-il que la guerre se fait encore « en dentelles » ? Comment peut-il parler de « personnes décédées » alors qu’il s’agit tout simplement de « morts » tués par l’armée française ? Et quand il ose affirmer que « les plans répétés et particulièrement insistants sur les corps de ces personnes décédées sont susceptibles de constituer une atteinte à la dignité humaine » ne pense-t-il pas que c’est plutôt la guerre elle-même qui constitue et depuis quelques siècles « une atteinte à la dignité humaine » ?
En fait, ne soyons pas dupes. Ces pitres sont « aux ordres ». Jamais, d’ailleurs, ils ne se sont indignés devant les images des « personnes décédées » en Syrie, en Irak, en Afghanistan ou ailleurs.
Oui, mais tout est soudain très différent car « le mort malien » n’est pas comme les autres. Il est (en principe) un djihadiste tué par nos Rafales, nos hélicoptères ou nos troupes de choc et, bien sûr, sur ordre du président de la République. Ce mort-là, il ne faut donc pas le montrer.
Cela pourrait choquer l’opinion publique française, ternir un peu la belle opération Serval, faire comprendre que, quand on veut exterminer des rebelles islamistes, on tue forcément un peu les gens. Cela pourrait aussi déplaire dans certains quartiers de non-droit de nos banlieues où des islamistes en herbe ou en puissance font la loi.
Dans un communiqué rendu public aujourd’hui, l’Association du Prix Albert Londres (dont l’hôte de ce modeste blog est membre) « s’étonne de la mise en garde du CSA pour la diffusion d’images qui auraient porté atteinte à la dignité humaine » et demande « Qui porte atteinte à la dignité humaine dans une guerre ? Ceux qui le mènent ou ceux qui en rendent compte ? ». Elle rappelle aussi que « La diffusion de ce reportage était accompagnée, à juste titre, du sigle « interdit aux moins de 10 ans ». Et, en conclusion, « Elle s’inquiète de cette intrusion du CSA dans le travail journalistique et d’une éventuelle censure ou autocensure d’images qu’une telle condamnation impliquerait à l’avenir ».
En fait, le plus inquiétant est de voir qu’une fois de plus ce pouvoir qui prônait le langage de la vérité et la transparence nous ment, veut nous cacher la vérité et nous prend pour des imbéciles.
Le CSA va, sans doute, bientôt interdire, et toujours au nom de la dignité humaine, les images, difficilement soutenables, elles aussi, des usines qui ferment les unes après les autres et des gens, de plus en plus nombreux, qui font la queue devant les Restos du cœur.

22 Fév 2013 | Comments (16)

Encore un qui dit n’importe quoi !

Kader Arif dont personne n’avait jamais entendu parler vient d’entrer, par la petite porte, dans la petite histoire du Parlement. Ce ministre délégué aux Anciens Combattants a, en effet, eu le culot d’annoncer, ce matin, dans l’hémicycle de l’Assemblée, que nos sept otages enlevés au Cameroun et sans doute détenus au Nigéria étaient libérés. Malheureusement, c’était faux et, trois heures plus tard, le Quai d’Orsay a dû démentir cette bonne nouvelle. Nous ne savons même pas où se trouvent nos otages et entre les mains de qui.
On est stupéfait, pour ne pas dire scandalisé, qu’un sous-fifre de ce gouvernement ait eu l’impudence, pour essayer de se faire un peu mousser, de raconter n’importe quoi et sur un sujet aussi dramatique. Kader Arif ignore qu’on ne joue ni avec des otages ni avec la représentation nationale.
Dans n’importe quel pays « normal » et avec n’importe quel président (vraiment) « normal », ce type aurait déjà dû présenter à la fois ses excuses à la famille des otages et à l’Assemblée et surtout sa démission au président de la République. La disparition de Kader Arif du paysage politique français n’aurait, d’ailleurs, pas été ressentie comme un drame national par nos compatriotes.
Qu’il soit encore, ce soir, membre du gouvernement démontre la déliquescence et le manque de dignité de ce régime.
Il est vrai qu’on ne voit pas pourquoi Hollande aurait viré Arif alors qu’il a parfaitement toléré toutes les « incartades », toutes les gaffes et toutes les maladresses d’un bon nombre de ses ministres, de Cécile Duflot, vantant le cannabis, à Montebourg, annonçant des nationalisations, en passant par toute la ribambelle de ces artistes de la cacophonie qui nous ont annoncé, la main sur le cœur, tout et n’importe quoi, dans l’ordre et dans le désordre, sur la croissance, les 75%, les déficits, le cumul des mandats, le droit de vote des étrangers, etc.
Chez Hollande et Ayrault, c’est comme dans la fonction publique on peut ne rien faire ou ne faire que des erreurs on bénéficie de l’impunité et de la garantie de l’emploi.
Cela dit, annoncer la libération de nos otages que tout le monde espère, bien sûr, pour se faire applaudir un instant par tous les députés n’est guère plus grave que d’affirmer qu’on va faire baisser le chômage, qu’on va juguler les déficits et qu’on va extirper le terrorisme islamiste de l’Afrique.
Kader Arif est à bonne école.
On veut d’ailleurs croire qu’il y a davantage de chance de voir libérer nos otages que de voir le chômage et les déficits baisser ou le terrorisme islamiste disparaitre.
Hollande avait là une occasion inespérée de faire preuve d’un peu d’autorité et de sens de l’Etat. Il l’a laissée passer. Pour lui, il est plus facile d’envoyer nos troupes faire la guerre au Mali que de renvoyer un jean-foutre à ses chères études.

21 Fév 2013 | Comments (5)

DSK pour faire oublier Hollande ?

Cette semaine, nous avons appris que la France était pratiquement entrée en récession avec une croissance nulle (au mieux 0,1%), que notre déficit serait nettement supérieur aux 3% annoncés et qu’il allait donc encore falloir trouver des milliards de prélèvements obligatoires supplémentaires, alors que les entreprises continuent à licencier un peu partout à travers le pays.
Bref, toutes les promesses de François Hollande qui n’étaient que des fanfaronnades pour les gogos que nous sommes s’effondrent les unes après les autres, comme on pouvait s’y attendre. Et sans parler de toutes les reculades (dont nous ne pouvons que nous réjouir) sur le droit de vote des étrangers ou le non cumul des mandats, ni de la situation au Mali où ce que le président de la République a appelé « la phase finale » semble beaucoup plus compliqué qu’il ne le croit. Laurent Fabius avait annoncé que nos troupes commenceraient à évacuer le Mali à la fin du mois prochain. C’était encore une promesse intenable et qui ne sera pas tenue.
La gauche s’écrase donc le nez contre le mur vers lequel elle se précipitait depuis des mois. Hollande nous avait promis « le changement », neuf mois après son élection, c’est la catastrophe. Il ne peut même plus accuser « ceux d’avant » de lui avoir laissé un héritage épouvantable. C’est lui, et lui seul, qui est désormais au pouvoir et qui se ridiculise aussi bien aux yeux des Français qu’aux yeux des Européens qui le désavouent de sommet en sommet ou qu’aux yeux de la plupart des grandes capitales qui ne comprennent rien à sa politique incohérente.
Ses amis devraient donc lui chercher des excuses, expliquer ses volte-face, évoquer les difficultés inattendues auxquelles il a à faire face. Il semble qu’ils soient à court d’arguments.
Le Nouvel Observateur est « LE » journal de la gauche, l’hebdomadaire qui l’a toujours soutenu, applaudi, acclamé, contre vents et marées. Il est devenu pour Hollande ce que Le Figaro a été pour Sarkozy, une « Pravda » obséquieuse.
Or, sur quoi fait-il sa « une » cette semaine alors que nous sommes en pleine débandade ? Sur DSK ! Avec en couverture une photo de l’ancien patron du FMI que le Nouvel Obs’ nous présentait jadis comme le futur président de la République et, à l’intérieur, 8 pages consacrées au livre que vient d’écrire une des innombrables maitresses éphémères de DSK, Marcela Iacub, « livre vertigineux où elle mêle l’expérience intime et la réflexion théorique » affirme froidement l’hebdomadaire.
Que l’hebdomadaire de Jean Daniel et Laurent Joffrin fasse désormais dans « le crapoteux » avec l’espoir d’aguicher, en les méprisant, de nouveaux lecteurs, est une chose. Mais on a surtout l’impression que « la Bible » des bobos gauchos parisiens adopte désormais la même stratégie que la gauche au pouvoir : l’enfumage.
Hollande a tenté de faire oublier aux Français son incompétence à régler les vrais problèmes en leur imposant un débat sur le mariage homosexuel puis en se glorifiant des premières victoires de l’armée française au Mali. Les Français ne semblent pas avoir été dupes. Le Nouvel Obs’ voudrait sans doute faire oublier à ses lecteurs que leur grand homme a déjà « le nez dans le ruisseau » en ressortant les turpitudes de son ancien grand homme.
Ce n’est pas à la gloire de la presse (de gauche) française. Mais il est vrai que, cette semaine, L’Express fait sa « une » sur « L’immobilier, le temps des bonnes affaires » et Le Point sur « Nos ancêtres les Gaulois ».
On n’a jamais que la presse qu’on mérite…

21 Fév 2013 | Comments (9)

Un fromage pour la reine du Chabichou

Jean-Pierre Jouyet, nommé par François Hollande directeur général de la Caisse des dépôts et, à ce titre, devenu président de la nouvelle Banque Publique d’Investissement, vient d’annoncer qu’il avait choisi Ségolène Royal, mère des quatre enfants de ce même François Hollande, pour être sa vice-présidente et la porte-parole de la BPI.
Il est vrai que Jouyet, Hollande et Ségolène Royal sont tous les trois des anciens camarades de la promotion Voltaire de l’ENA.
Pourquoi se gêner puisque, quand il y a de la gêne, il n’y a plus de plaisir ?
Ceux qui se demandent parfois si la France ne serait pas devenue une république bananière ont la réponse. C’est oui ! Mis à part Bokassa, Idi Amin Dada et Omar Bongo, peu de « rois nègres » ont osé faire nommer à un poste soi-disant important leurs anciennes compagnes.
Certains diront que la présidente de la région Poitou-Charentes est « compétente ». Il ne semble pas qu’elle l’ait jusqu’à présent prouvé dans sa région, malgré toute sa… « bravitude ». D’ailleurs les électeurs eux-mêmes, aussi bien lors de la présidentielle de 2005, que lors des primaires de la gauche en 2011 ou que lors des dernières législatives à La Rochelle ne lui ont pas fait confiance.
Ségolène Royal est devenue l’éternelle battue de la gauche et comme, contrairement à ce que lui avait promis le père de ses enfants, elle n’a pas pu grimper sur le perchoir de l’Assemblée Nationale, il fallait bien lui trouver un fromage compensatoire. Un beau fromage pour la reine déchue du Chabichou.
Bien sûr, personne ne va s’indigner de cette stupéfiante nomination. On en est donc réduit à attendre avec impatience le tweet que Valérie Trierweiler a sans doute l’intention d’envoyer à Jouyet. Après avoir sans doute traité de salopard ce courtisan maladroit, l’actuelle maitresse du président de la République va, peut-être, lui rappeler que le candidat François Hollande avait juré sur l’honneur que « lui président » il n’y aurait plus aucune nomination de complaisance, de magouillage, de copinage, ni même de concubinage présent ou passé.
Certes, il fallait nommer deux représentants des régions au conseil d’administration de cette nouvelle banque chargée, avec 40 milliards d’euros en capacité d’engagement, d’aider les entreprises à se développer (Huchon a été l’autre heureux nommé). Mais la gauche ayant 21 des 22 régions françaises, Hollande aurait dû conseiller à Jouyet de choisir quelqu’un d’autre que son ancienne compagne.
Mais comme le dit un vieux proverbe peut-être poitevin : « Quand les bornes sont dépassées, il n’y a plus de limites »

20 Fév 2013 | Comments (12)

Goodyear-Titan: « le cow-boy » a raison

On sait que les hommes d’affaires américains aiment parfois jouer aux cow-boys et n’hésitent jamais à dégainer pour tirer plus vite que leur ombre. Mais dans le genre western, le patron de Titan, Maurice Taylor, a fait très fort en prenant Montebourg pour un chef indien déplumé.
L’usine de pneus Goodyear d’Amiens est, depuis des mois, au bord de la faillite et donc menacée de fermeture. L’Américain Titan, l’un des géants mondiaux du pneu, est venu voir s’il pouvait envisager une reprise du site. Le patron, Taylor, a visité l’usine et rencontré les syndicats. Il est reparti en courant. Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, ne trouvant personne d’autre pour sauver l’entreprise, a demandé à Titan de revenir à la table des négociations.
Les Echos de ce matin publient la réponse de Taylor. Elle est d’une violence épouvantable. L’Américain traite les ouvriers de paresseux qui, bien payés, ne travaillent que « trois heures par jour », les syndicats de « fous » qui lui auraient répondu qu’en France « c’était comme ça » et le gouvernement d’incapable qui, « ne voulant pas faire de vagues », ne prend aucune mesure pour faire face aux produits chinois.
Et il conclut : « Nous ne sommes pas assez stupides » pour nous intéresser à une telle entreprise et « vous pouvez garder vos ouvriers ».
On attend naturellement avec impatience la réponse de Montebourg.
Cela dit, au lieu de nous indigner de la brutalité et du cynisme de Taylor, nous ferions sans doute mieux, en ayant en tête notre taux de chômage, notre manque de compétitivité et le déficit de notre balance commerciale, de nous demander si « le cow-boy » n’a pas un peu raison.
Dire que nos ouvriers « ne foutent plus rien » est évidemment injuste. Ils sont généralement prêts à travailler pour peu qu’ils aient du travail et la productivité des salariés français est plutôt reconnue. L’ennui c’est qu’ils fabriquent, le plus souvent, des produits dépassés, obsolètes et donc invendables. Mais c’est de la faute de leurs entreprises qui, écrasées de charges, n’ont plus les moyens ni même la volonté d’investir dans la recherche et l’innovation. Or, face à la concurrence et vu les coûts de production qu’impose notre système, seuls de nouveaux produits de qualité et à la pointe du progrès nous permettraient de retrouver une place sur le marché mondial.
Dire que les syndicats ne jouent pas le jeu est une évidence. Ne représentant que 7% des salariés français (et encore très majoritairement les fonctionnaires) ils en sont toujours à la lutte des classes et préfèrent défendre, bec et ongle, des « avantages acquis », dépassés par les événements, plutôt que de participer, avec le patronat, à la révolution du monde du travail qu’impose la mondialisation.
Dire que le gouvernement, pour ne pas faire de vagues, se refuse à prendre les moindres mesures de protectionnisme face au déferlement des produits venant des pays dits « émergeants » (et qui ont émergé depuis longtemps) est une autre évidence.
Avec l’espoir, souvent vain, de vendre quelques Rafales, des Airbus et des centrales nucléaires, nous avons ouvert nos frontières, nos grandes surfaces et nos échoppes les plus modestes à tout ce que produisent, à bas prix parce qu’à bas coût, deux à trois milliards de Chinois, d’Indiens, de Coréens, de Philippins, de Vietnamiens. Pire encore, nous acceptons, le sourire aux lèvres, que ces pays ne respectent pas les règles du commerce mondial que nous suivons nous-mêmes à la lettre.
Taylor reconnait d’ailleurs dans sa lettre à Montebourg qu’aux Etats-Unis il a dû se battre contre le gouvernement américain pour obtenir un minimum de protection face à la concurrence chinoise.
En fait, dans sa lettre explosive, Taylor s’en prend beaucoup plus au gouvernement qu’aux salariés. Et là il a totalement raison. Au lieu de les trainer dans la boue puis de faire la danse des voiles devant les grands patrons étrangers et de faire le mariole en vantant le « made in France », le ministre du Redressement productif ferait mieux de lire attentivement le courrier de Maurice Taylor. Pour une fois que quelqu’un lui dit la vérité en face…

20 Fév 2013 | Comments (9)

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