Manuel Valls, notre ministre de l’Intérieur, se vante maintenant d’avoir fait expulser davantage d’étrangers en situation irrégulière que tous ses prédécesseurs.
En 2012, 36.822 clandestins ont été reconduits à la frontière ce qui est un record absolu et représente une augmentation de 11,9% par rapport à 2011. Il est vrai que Valls « bénéficie » là des premiers mois de 2012 quand Sarkozy et Claude Guéant étaient encore au pouvoir et que, préparant l’élection présidentielle, ils expulsaient à tours de bras pour atteindre l’objectif qu’ils s’étaient officiellement fixé de 40.000 expulsions par an.
Valls est bien décidé à continuer sur cette voie. Il se moque éperdument de ce que peuvent penser et dire toutes les organisations des Droits de l’Homme et les bobos des quartiers élégants de la capitale. Il sait que ceux que la présence des clandestins exaspère le plus sont les classes populaires, c’est-à-dire l’électorat de gauche que Jospin, Ségolène Royal et Hollande ont fait fuir depuis longtemps et bien souvent vers le Front National.
C’est un secret de Polichinelle, Valls se prépare pour la présidentielle de 2022. Certes, il a encore le temps mais il ne veut pas perdre une minute. Mitterrand, Chirac et Sarkozy ont occupé son bureau actuel avant de traverser la place Beauvau pour entrer à l’Elysée. C’est, pense-t-il, un bon présage que d’occuper ce poste particulièrement stratégique.
Et s’il ne sait pas si Hollande sera ou non réélu en 2017, il est convaincu que, s’il réussit, lui, son parcours, il sera, de toute évidence, le meilleur candidat pour affronter Jean-François Copé en 2022, même si ses petits camarades du PS le détestent souverainement et de plus en plus.
Il ne veut donc pas laisser à l’homme du petit pain au chocolat et du racisme anti-blanc le monopole d’aller chercher des voix à l’extrême-droite et, lui aussi, va donc « casser du bougnoule ».
A ses yeux, la nouvelle droite de Sarkozy et de Copé ayant fait sauter la digue que Chirac avait instaurée entre la droite et l’extrême-droite, il n’y a aucune raison pour que la gauche, lui en l’occurrence, ne reprenne pas, elle aussi, à son compte les arguments de la famille Le Pen qui ont tant de succès. Quitte, bien sûr, à continuer d’accuser sur tous les tons Copé d’avoir scandaleusement droitisé l’UMP.
Il va être intéressant de voir comment, pendant tout ce quinquennat qui a (si mal) commencé, Hollande et Valls pourront continuer à faire croire qu’ils sont socialistes, l’un avec sa pseudo social-démocratie à laquelle on ne comprend rien, l’autre avec cette course contre la montre qu’il a entamée avec Copé.
Bien sûr, personne n ‘est capable d’imaginer ce que pourra être la France en 2022. Où en serons-nous avec le chômage, les déficits, la déliquescence de tous nos services publics, la paupérisation de nos classes moyennes ? Mais il est très vraisemblable que la sécurité et l’immigration seront revenues parmi les toutes premières préoccupations des Français.
Les derniers chiffres de la délinquance prouvent que Valls aura sans doute des difficultés à se présenter –comme l’avait fait Sarkozy en 2007- en M. Sécurité. Mais en continuant sur les pas de Guéant, à coups de « Karcher » sur « la racaille » des immigrés clandestins, il pourrait très rapidement devenir un honorable M. Immigration ce qui est tout de même cocasse pour un immigré espagnol n’ayant acquis la nationalité française qu’à 20 ans et socialiste de surcroit.
Il est vrai que la place Beauvau métamorphose bien souvent nos socialistes. Sans remonter jusqu’à Jules Moch qui avait fait tirer la troupe contre les grévistes, on se souvient de Chevènement s’en prenant aux petits « sauvageons » de nos banlieues.
Cela dit, personne ne reprochera jamais à qui que ce soit d’essayer de prendre des mesures énergiques contre l’immigration clandestine.

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