Certains s’étonnent que François Hollande qui n’a jamais voulu épouser la mère de ses quatre enfants et qui ne semble pas décidé à régulariser sa liaison avec son actuelle compagne veuille à tout prix imposer aux Français « le mariage pour tous ».
D’autres font remarquer que, sous son air bon-enfant, le président de la République est, évidemment, un adepte des couples contre-nature. Celui qu’il forme lui-même avec son Premier ministre défie toutes les lois de la politique. Deux palots, socio-démocrates et hésitants ne pourront jamais donner naissance à une politique cohérente pour faire face à une situation dramatique. Avoir accouplé le « fascho » Valls et l’indépendantiste guyanaise Taubira, à l’Intérieur et à la Justice, ou l’invisible Moscovici et le farfelu Montebourg, à l’Economie et au Redressement productif, relève de la même ignorance des règles élémentaires de la vie.
Cela dit et pour redevenir plus sérieux, on peut de demander si François Hollande ne commence pas à se mordre les doigts d’avoir lancé ce débat à la gloire de l’homosexualité.
Certes, cela permet de faire oublier aux Français, pendant quelques jours, que le pays continue à dégringoler inexorablement et que ce gouvernement qui devait tout changer et redonner vie à tous les espoirs et même à tous les rêves, est plus impuissant encore que tous ses prédécesseurs.
Mais en poussant les Français à descendre (sans doute massivement) dans la rue pour défendre l’un des piliers de leur société, le chef de l’Etat réveille, bien maladroitement, à travers le pays une opposition qui semblait tétanisée depuis l’élection présidentielle et que la stupéfiante guerre des chefs à l’UMP avait rendue silencieuse.
Tout va dépendre, bien sûr, du nombre de manifestants qui défileront dans les rues parisiennes après-demain, dimanche.
S’ils sont moins de 500.000, le gouvernement pourra toujours dire qu’il ne s’agit que d’une « poignée » de réactionnaires impénitents, nostalgiques de Pétain et de l’OAS et fidèles d’une Eglise qui se refuse à admettre la moindre évolution des mœurs à l’aube de ce 3ème millénaire.
Mais si la foule est plus nombreuse encore il deviendra difficile pour ceux qui nous gouvernent (si mal) d’évoquer des groupuscules d’extrême-droite manipulant des esprits faibles.
Ce serait alors la France « d’en bas », la France « silencieuse », celle qui n’a rien à voir avec la petite faune gauchiste des milieux parisiens qui relèverait la tête en criant au pouvoir non seulement qu’elle ne veut pas de ses réformes « sociétales » mais qu’elle en a assez d’une politique absurde qui prétend relancer la croissance en écrasant les classes moyennes. Il pourrait bien y avoir, parmi les « marcheurs », outre les nostalgiques de la messe en latin, quelques bataillons de nouveaux chômeurs, voire un bon nombre de ces 850.000 Français qui sont désormais obligés d’aller aux « Restos du cœur » pour pouvoir manger.
On reproche à François Hollande de ne pas avoir de colonne vertébrale, de retourner sa veste à la moindre difficulté, de faire un pas en avant, deux pas en arrière. On a tort. Quand on a à la tête de l’Etat un idéologue sectaire, vieil apparatchik de la rue Solferino, c’est une chance qu’il soit mollasson et toujours prêt à capituler.
Sans parler de ses reculades devant l’Allemagne d’Angela Merckel qu’il voulait faire plier, devant le monde de la finance auquel il avait déclaré la guerre, devant Mittal que son zigoto de Montebourg voulait nationaliser, Hollande a déjà abandonné le vote des étrangers, il va, sans guère de doute, enterrer la taxe à 75% retoquée par le Conseil constitutionnel, il vient de reculer sur le droit à la procréation médicalement assistée pour les homosexuels.
Si « la manifestation pour tous » de dimanche dépasse le million de participants, Hollande fera comme son maître à penser Mitterrand, en 1984, au lendemain du succès de la manifestation pour la défense de l’Ecole libre. Il oubliera ses amis homosexuels, virera Taubira et remplacera Ayrault.
Mais si la foule est clairsemée, les homos pourront convoler en justes noces et les Français ne pourront plus se plaindre de leur triste sort. C’est la première fois dans l’histoire de notre pays que l’homosexualité est une occasion de faire vaciller le pouvoir.

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