Le chômage n’a pas augmenté, pour la première fois depuis vingt et un mois, l’armée française est entrée dans Tombouctou sans avoir eu à tirer un seul coup de feu, Florance Cassez a été libérée, François Gabart a réussi à faire le tour du monde en 77 jours, deux députés (affirmant être hétérosexuels) se sont embrassés sur la bouche devant une foule de partisans du mariage homosexuel et… l’opposition est totalement inexistante. Tout va très bien, Madame la Marquise, Monsieur le président.
Le vent (du globe) a-t-il soudain tourné pour François Hollande ? Le président de la République, élu par défaut et pataugeant depuis des mois dans ses hésitations, ses incohérences et son sectarisme, connaitrait-il brusquement un état de grâce ?
Il y a des gens qui, sans l’avoir mérité, ont soudain beaucoup de chance. On se souvient de Lionel Jospin qui, en 1997, arrivant sans s’y être attendu à Matignon, après une dissolution bien « hasardeuse » décidée par Chirac, avait vu le ciel s’éclaircir et le nombre des chômeurs diminuer considérablement. Mais il n’avait pas su profiter de ce brusque renversement de la conjoncture internationale et avait même été éliminé, dès le premier tour, à la présidentielle en 2002.
On veut croire que les amis de François Hollande ne pavoiseront pas trop vite.
Attendons les prochains chiffres du chômage avant d’imaginer que le président gagnera le pari bien imprudent qu’il a pris d’inverser la courbe avant la fin de 2013. Un petit frémissement de reprise souffle sur l’Europe depuis quelques jours, mais il est bien fragile.
Au Mali, il est évident que les Islamistes ont prudemment refusé le combat, évacué précipitamment Gao et Tombouctou et se sont éparpillés dans leurs dunes. Ils peuvent parfaitement revenir et de préférence là où on ne les attend pas. Hollande a sans doute tort de crier déjà victoire.
La libération de Florence Cassez n’est pas à porter au crédit de François Hollande (mais du nouveau président mexicain) et le président n’est strictement pour rien dans l’exploit de François Gabart. Enfin, pour ce qui est du mariage homosexuel, il sera, bien sûr, adopté par la majorité de godillots socialistes qui domine l’Assemblée mais il laissera sans aucun doute des traces dans l’opinion.
Tous les Français, qu’ils aient ou non voté à gauche, souhaitent, bien sûr, que la France sorte de la crise, que le chômage s’effondre, que les entreprises se remettent à embaucher, que la consommation redémarre, que les comptes publics retrouvent leur équilibre, mais personne ne croit un seul instant que François Hollande et ses amis soient capables de profiter d’une petite reprise si tant est qu’elle ait bien lieu. Un sondage OpinionWay pour LCI qui paraitra demain fait perdre encore 2 points à Hollande (60% de mécontents) et 5 à Jean-Marc Ayrault (59% de mécontents).
Pour monter dans le train d’une reprise qui démarre peut-être, il faudrait avoir de l’audace et surtout être lucide. Il faudrait admettre que seuls les investissements et la consommation permettront de réamorcer la croissance, grâce notamment à l’innovation. Il faudrait donc jeter aux orties toutes les idéologies d’antan, de plus déclarer la guerre à la finance, ne plus faire fuir les plus riches, ne plus massacrer les classes moyennes, libérer, pour ne pas dire libéraliser, l’économie.
Depuis son élection, les Français se sont aperçus que François Hollande n’était pas « l’homme de la situation » en période de crise, ils ne pensent pas davantage qu’il soit « l’homme de la situation » en cas de (petite) reprise.

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