A l’occasion des premiers voeux aux Français de son quinquennat, François Hollande a réussi un exploit. Personne ne s’attendait à rien et pourtant tout le monde a été déçu.
Certes, l’exercice obligé est périlleux. Il s’agit de présenter sous un jour flatteur les derniers mois de l’année écoulée et surtout de faire croire que l’année qui commence va être un chemin parsemé de pétales de roses.
Ceux qui ont de la mémoire se souviennent de Giscard sûr de lui, de Mitterrand dominateur, de Chirac chaleureux, de Sarkozy débordant de vitalité. Chacun avait son style et tous nous affirmaient –déjà- qu’ils feraient tout pour lutter contre le chômage et qu’ils allaient réformer la France pour qu’elle redevienne compétitive face à tous les périls. Personne n’était tout à fait dupe mais cela faisait tout de même plaisir à entendre, le soir de la Saint Sylvestre.
Hollande n’a pas de chance. Il n’est pas crédible un seul instant, même un jour de fête.
C’est sans doute, d’abord, une question d’allure. Son côté faussement bonasse, son sourire forcé et benêt, sa cravate de travers et sa machette droite qui dépasse n’inspirent pas confiance. On reprochait à Sarkozy de ne pas savoir « faire président » mais on se demande encore comment Hollande a pu, lui, le devenir.
Et puis, ensuite, il y a le fond. La social-démocratie qu’il prétend incarner ne tient pas la route ni même debout. C’est, en permanence, la chèvre et le chou, l’eau tiède à plein robinet, du grand n’importe quoi.
Hier, il nous a déclaré sans rire qu’il voulait à la fois « conjurer la peur des licenciements des salariés et la peur de l’embauche des employeurs ». A l’oreille, cela parait très gentil. A la réflexion, cela veut dire qu’il veut à la fois interdire les licenciements des salariés et autoriser les employeurs à licencier.
Mieux encore, il veut « conjuguer compétitivité et solidarité, performance et protection, réussite et partage ». Tout et son contraire.
Si la France a perdu sa compétitivité, ses performances et ses réussites, personne ne l’ignore, c’est parce que son système de solidarité tous azimuts, de protection sociale inconsidérée et de partage confiscatoire a ruiné l’économie, découragé les investisseurs, appauvrit les consommateurs, paralysé la recherche et l’innovation, ruiné les services de l’Etat.
Le président de la République ressemble de plus en plus à l’âne de Buridan qui, à force d’hésiter entre son baquet de picotin et son baquet d’eau fraîche, est mort de soif et de faim. Au début, on pensait qu’il avait choisi. Il voulait faire rendre gorge aux « sales patrons exploiteurs ». Découvrant les réalités et comprenant qu’il n’était pas le plus fort en face de ceux qu’il considérait comme ses ennemis personnels et désignait à la vindicte populaire, les riches et le monde de la finance, il veut maintenant ménager tout le monde.
On attend avec impatience les prochains sondages pour savoir si les salariés ont été pleinement rassurés d’apprendre qu’il voulait faciliter les licenciements pour relancer la compétitivité, les performances et les réussites et si, en même temps, les patrons ont été totalement ravis de l’entendre annoncer qu’il allait interdire les licenciements pour développer davantage encore la solidarité, la protection sociale et le partage.
Les prédécesseurs de François Hollande nous disaient volontiers n’importe quoi et nous nous y étions habitués. Mais Hollande nous dit n’importe quoi… et son contraire. Il s’imagine peut-être qu’il peut faire de l’équilibrisme sur son fil de funambule. Mais le fil en question est cassé depuis longtemps.
En principe, cela ne devrait pas pouvoir durer très longtemps.

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