Cà y est ! Hollande a sa guerre ! L’armée française a commencé, hier après-midi, à intervenir au Mali pour aider les troupes maliennes (inexistantes) à arrêter la progression des rebelles islamistes qui contrôlent déjà les deux-tiers du pays et qui s’apprêtaient à lancer leur ultime offensive contre Bamako.
La France est en guerre depuis ce jeudi. Des Français risquent désormais de mourir… pour Tombouctou !
Qu’allons-nous faire dans cette galère ? Sans parler de l’Algérie ou du Vietnam, Hollande ignore-t-il totalement ce qui s’est passé pour la coalition occidentale en Afghanistan, pour les Américains et leurs alliés en Irak et quels ont été les résultats, dramatiques pour tout le monde, de l’intervention française en Libye ? Partout, il a fallu se replier toute honte bue, partout, ce sont les Islamistes qui ont gagné la partie.
Certes, une victoire au Mali des hommes d’Al Qaïda au Maghreb Islamique et de leurs alliés serait (sera ?) une catastrophe car, très vite, la révolution de ces « fous de Dieu » qui veulent abattre l’Occident et imposer la Charia aux populations locales se propagerait (se propagera ?) dans tous les pays voisins, au Niger, au Burkina-Faso, au Tchad, au Sénégal, en Mauritanie et pourrait même renaitre dans le sud algérien. Tout le cœur de l’Afrique deviendrait (deviendra ?) alors une gigantesque base de départ pour le terrorisme islamiste qui pourrait (pourra ?) continuer sa marche en avant… jusque dans nos banlieues les plus reculées.
Mais le président français n’a-t-il pas appris de l’histoire récente qu’aucune armée occidentale n’avait jamais pu remporter la moindre victoire militaire contre des bandes de terroristes animés d’une foi farouche et d’une haine délirante de l’Occident, qui connaissent mieux que nous leur désert et leurs montagnes, qui reçoivent une aide massive en argent et en armes et qui bénéficient, toujours, très rapidement, du soutien de la population qui se mobilise à leurs côtés contre l’envahisseur « infidèle ».
Il serait grand temps, pour les capitales occidentales, de s’apercevoir qu’une 3ème guerre mondiale a commencé le jour où l’ayatollah Khomeiny a pris le pouvoir à Téhéran, en 1979.
Si l’on regarde une carte du monde, on voit qu’en trente ans l’Afghanistan, de grandes régions des Philippines et de l’Indonésie et une bonne partie de l’Irak ont basculé dans l’Islamisme le plus radical, que, depuis « le Printemps arabe » -dont nous avons eu bien tort de nous réjouir-, la Tunisie, la Libye et l’Egypte sont tombées entre les mains des Islamistes et que, maintenant, les mercenaires de Kadhafi, devenus eux-aussi djihadistes, font la loi dans toute l’Afrique sahélienne. Ajoutons la Syrie où il est de plus en plus évident que les rebelles (que nous soutenons) ne se battent pas pour renverser une dictature insupportable mais bel et bien pour instaurer une république islamiste.
L’Islamisme est devenu pour nous plus redoutable que ne l’ont jamais été l’URSS, les troupes du Pacte de Varsovie et le communisme pendant la seconde partie du XXème siècle.
Or, envoyer nos avions, nos hélicoptères, nos commandos et bientôt, inévitablement, nos troupes à la recherche des bandes islamistes dans le désert malien sauvera, sans doute, le gouvernement fantoche de Bamako pour quelques semaines, voire quelques mois, mais ne règlera évidemment pas le problème. Les bandes rebelles rejailliront interminablement de leurs dunes et notre présence avivera encore la haine de ces populations musulmanes contre nous.
Cette guerre « planétaire » que nous livrent les Islamistes dépasse depuis longtemps la simple guérilla qu’on peut mâter avec une escadrille de Rafales et deux régiments de parachutistes.
Ces rebelles qui se battent contre nous au nom d’Allah ne vivent pas de haine et d’eau fraîche. Jadis nous combattions des rebelles marxistes qui recevaient leurs armes de Moscou ou de Pékin. Aujourd’hui, tout le monde le sait mais personne ne veut le dire, ces nouveaux rebelles reçoivent à profusion leurs armes d’Arabie saoudite, du Qatar et des autres pays du Golfe avec lesquels nous entretenons les meilleures relations du monde mais dont les dirigeants, pour sauver leurs trônes et faire oublier leur corruption et leur dévergondage, n’ont rien trouvé de mieux que de financer, à coups de pétrodollars, tous ceux qui prônent et pratiquent la Guerre sainte à travers le monde.
Ce n’est pas dans les sables du Mali qu’on arrêtera le terrorisme islamiste mais à Riad, à Koweït, à Doha, chez tous les financiers de cette guerre car, comme la Conquête du Prophète, c’est de cette Péninsule arabique, des palais royaux à harems et des banques climatisées à conseillers formés à Harvard qu’est parti ce nouveau Djihad contre nous, contre notre civilisation, notre culture, notre mode de vie, nos Etats.
S’il n’est pas étonnant qu’à Washington, qu’à Londres et que dans la plupart des capitales occidentales, on se réjouisse que la France fasse « le sale boulot » tout en sachant que ces « gesticulations guerrières» ne serviront à rien, plus curieusement, en France, depuis hier, tout le monde applaudit aussi Hollande. Fillon, Copé, Marine Le Pen, de l’extrême-droite à la gauche, mis à part Mélenchon, c’est la fameuse « union sacrée ». Le président a trouvé là un nouveau dérivatif pour amuser le tapis et faire oublier la situation actuelle du pays. C’est beaucoup mieux que le mariage pour tous.
Mais avant longtemps, quand nous aurons eu à déplorer nos premiers morts, que des bandes de terroristes, les mêmes ou de nouvelles, seront apparues ailleurs, l’enthousiasme guerrier de certains commencera à diminuer et on s’apercevra que Hollande s’est lancé dans une aventure absurde en voulant, lui aussi, comme Sarkozy, avoir sa guerre.
Sarkozy a réussi à installer les Islamistes à Tripoli et à Benghazi, Hollande va faire basculer dans l’Islamisme radical toute l’Afrique sahélienne qui n’acceptera, bien sûr, jamais une telle intervention de l’ancienne puissance coloniale. A la plus grande joie de « nos amis » les monarques du pétrole, nous faisons le jeu des Islamistes.

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