Que nos soldats n’aient rencontré de rebelles ni à Gao, ni à Tombouctou n’est pas étonnant. Les Islamistes se sont vite réfugiés dans leur désert. Mais il est beaucoup plus surprenant qu’à Paris François Hollande n’ait plus la moindre opposition en face de lui. Où sont passés les rebelles de l’UMP ? Dans quelles grottes lointaines sont-ils partis se cacher ?
Certes, comme au Mali, les chefs de bande se sont entredéchirés mais on aurait pu penser qu’après ces querelles dites « intestines » et face à l’ennemi commun ils auraient pu se retrouver et repartir à l’offensive.
Or, Copé est, pour une fois, d’une discrétion à toute épreuve. Ses amis disent qu’il prend… du recul. Et Fillon, lui, a carrément disparu. Sous prétexte qu’il est parti à la montagne pour écrire et réfléchir, ses fidèles disent qu’il prend… de la hauteur.
Entre celui qui prend du recul et celui qui prend de la hauteur on se demande s’ils ne vont pas, l’un et l’autre, perdre pied.
On croyait que Copé l’avait emporté dans le combat fratricide qui l’avait opposé à Fillon, puisque qu’il avait finalement été nommé président de l’UMP, même à titre temporaire, et que donc c’était lui qui allait tenir l’appareil du parti jusqu’au nouveau scrutin de septembre prochain, même s’il devait être entouré de quelques fillonistes chargés de lui mettre des bâtons dans les roues.
Mais, dès lors qu’il avait accepté le compromis, il reconnaissait implicitement qu’il avait bénéficié de magouilles électorales et il devenait du coup un président mal élu. Non seulement contesté mais contestable.
Quant à Fillon, en acceptant lui aussi le compromis, il admettait que Copé l’avait peut-être emporté et, du coup, il apparaissait comme un mauvais perdant. Il n’avait plus qu’à descendre du ring pour aller ruminer sa défaite et préparer sa revanche.
Bref, le mauvais vainqueur et le mauvais perdant étaient aussi groggys l’un que l’autre. Et pendant ce temps-là François Hollande pouvait surfer en toute impunité sur l’actualité.
Ces dernières semaines, les Français ont été submergés d’informations, de nouvelles et de débats. Nous avons eu, coup sur coup, l’affaire Depardieu, les manifestations pour ou contre le mariage homosexuel, la guerre au Mali, la prise d’otages à In Aménas, de nouvelles annonces de licenciements notamment chez Renault, sans parler de la libération de Florence Cassez. Et personne n’a entendu ni Copé ni Fillon.
On dira, à propos de Depardieu, que la droite ne voulait pas « avoir l’air » de défendre les riches qui s’exilent pour fuir l’impôt, à propos du mariage pour tous, qu’elle ne voulait pas « avoir l’air » rétrograde et vieux jeu, à propos du Mali qu’en cas de guerre l’union sacrée est une règle et qu’elle ne voulait pas « avoir l’air » de poignarder dans le dos nos soldats, à propos d’In Aménas qu’elle ne voulait pas « avoir l’air » de condamner l’usage de la force contre les terroristes et, à propos des nouveaux plans de licenciements, qu’elle ne voulait pas « avoir l’air » de se réjouir du malheur des gens.
A force de ne pas vouloir « avoir l’air » on finit par suffoquer et par disparaitre.
Autant gouverner est un art difficile et tous ceux qui s’y sont essayés depuis quelques décennies s’en sont aperçus, autant être dans l’opposition est une position confortable. Les socialistes s’y sont souvent régalés. On ne comprend donc pas le silence assourdissant de ceux qui, en principe, représentent aujourd’hui l’opposition et d’autant moins qu’on ne peut pas dire que François Hollande et son gouvernement ne prêtent pas le flanc à la critique.
Quand 60% des Français sont mécontents, l’opposition pourrait se réveiller.

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