Les gens de gauche ont un défaut rédhibitoire. Ils adorent rallumer les vieilles querelles oubliées depuis des lustres et déterrer les haches de guerre qu’on croyait enterrées depuis belle lurette. Comme si, à courts d’idées, il leur fallait toujours puiser dans l’histoire de notre vieux pays pour se trouver des arguments ou des sujets de conversation.
Hollande s’en prend aux plus fortunés en ressortant la rengaine du « Il faut faire payer les riches », Cécile Duflot attaque les propriétaires en fredonnant l’air de « La propriété c’est le vol » et voici que Vincent Peillon tire sur « les curés » en se prenant pour le petit père Combes.
Cette gauche au pouvoir a plus d’un siècle de retard. Encore un petit effort et, en remontant davantage dans le temps, elle installera des guillotines aux coins des rues et accrochera les aristos à la lanterne. On comprend que rien ne fonctionne dans le pays et que les émigrés fuient au-delà des frontières.
Le ministre de l’Education Nationale reproche aujourd’hui à l’enseignement catholique d’être hostile au mariage des homosexuels. Autant dire qu’il reproche à ces établissements scolaires d’être fidèles à leurs évêques, au Pape, à la Bible (qui précise que Dieu créa un homme et… une femme) et même à la nature qui suivit à la lettre les prescriptions de la Bible. En ressortant des oubliettes la querelle de l’Eglise, ce petit ministre va bientôt reprocher aux curés de croire en Dieu.
On a souvent –et parfois à juste titre- accusé l’Eglise d’être en retard par rapport à l’évolution de nos sociétés. Mais que dirait-on d’une Eglise qui, pour se mettre à l’heure socialiste et plaire à tous les bobos des quartiers un peu chauds de la capitale, bénirait les mariages entre hommes ou entre femmes comme si, au Paradis, Adam avait connu de merveilleuses amours avec un Raymond ou Eve avec une Marguerite ?
Cette même Eglise devrait, d’ailleurs, toujours pour complaire à François Hollande et à ses complices, se mettre à accorder les derniers sacrements à un malade auquel un médecin (socialiste) donnerait le coup de grâce « pour abréger ses souffrances » et calmer l’impatience de ses héritiers.
Les établissements scolaires ont parfaitement le droit de raconter à leurs élèves, si ce n’est que les petits garçons naissent dans des choux et les petites filles dans des roses, que le papa a mis sa « petite graine » dans le ventre de la maman et que c’est comme cela, et pas autrement, qu’on crée une famille.
Peillon redoute que cette prise de position de l’Eglise ne crée de l’homophobie chez nos petites têtes blondes (et brunes). C’est l’argument-massue du ministre, de ses camarades socialistes et de ses frères francs-maçons. Vous êtes hostiles au mariage « pour tous », vous êtes donc homophobes et tombez sous le coup de la loi car, en plus, vous êtes sûrement de droite et donc un fasciste et si ce n’est pas vous c’est sans doute votre frère.
Si l’homophobie est interdite (ce qui est contraire à l’article 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme, trop souvent oublié : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme ») va-t-on pour autant rendre obligatoire l’homophilie et modifier l’article 1er de la Constitution en affirmant que la France est désormais « une République indivisible, laïque, démocratique, sociale et homophile » ?
Mais ne soyons pas dupes. Si Peillon déclenche ainsi les hostilités avec l’Eglise c’est simplement parce que le gouvernement redoute soudain que la grande manifestation prévue dans quelques jours pour protester contre ce projet de « mariage pour tous » ne prenne une ampleur considérable en rassemblant non seulement tous les « homophobes » et tous les catholiques mais aussi toute la droite et même un certain nombre de déçus du gouvernement. Ce qui pourrait commencer à faire beaucoup de monde.
Peillon se prend pour le petit père Combes mais il a oublié qu’un de ses prédécesseurs au ministère de l’Education Nationale, Alain Savary, avait, en s’attaquant à l’Ecole libre, provoqué la première gigantesque manifestation d’hostilité populaire du règne de Mitterrand. Savary y avait laissé son portefeuille, Mauroy s’était mis à vaciller et Mitterrand lui-même y avait perdu des plumes.
Hollande et Ayrault ne sont sans doute pas aujourd’hui dans la meilleure des positions pour faire de la provocation. Il vaudrait mieux qu’ils s’occupent de l’emploi, comme ils l’affirment, plutôt que d’agiter, pour charmer le lobby homosexuel, un chiffon rouge qui pourrait bien finir par énerver et réveiller le troupeau.
En France, plus personne ne croit plus rien, les églises sont vides mais il ne faut jamais toucher à l’Eglise. Peillon s’était, jusqu’à présent, fait connaître par quelques gaffes et pas mal de maladresses. Cette fois, il vient de commettre une vraie faute.

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