Les Français sont fous. Selon un sondage BVA publié ce matin dans Le Parisien, 75% de nos compatriotes approuvent l’intervention militaire française au Mali.
Jamais les Français ne s’étaient montrés aussi bellicistes. Ils n’avaient été que 66% à approuver l’intervention française en Libye, en 2001, 55% pour celle en Afghanistan, en 2001, et 58% pour celle au Kosovo, en 1999.
On comprend parfaitement que le terrorisme islamiste fasse peur à nos compatriotes. Il est évident que, si « les fous d’Allah » d’AQMI et leurs amis s’étaient emparés de Bamako, toute l’Afrique sahélienne aurait, à plus ou moins court terme, pu basculer dans le fanatisme religieux. Cet « afriquistan » serait alors devenu, pour les émules de l’ayatollah et de Ben Laden, une base de départ redoutable non seulement pour toute l’Afrique mais aussi pour l’Europe, à commencer par la France, notamment en raison de notre population immigrée venue de toutes ces régions.
Mais ces 75% de Français s’imaginent-ils une seule seconde que nos Rafales, nos Mirages et nos troupes au sol vont pouvoir venir à bout de l’Islamisme et de ses terroristes ?
Dix ans de guerre en Afghanistan, une coalition internationale de 150.000 hommes, dirigée par les Américains et armée des matériels le plus sophistiqués, la mort de Ben Laden lui-même n’ont servi à rien et les Talibans s’apprêtent à reprendre le pouvoir à Kaboul.
On l’a déjà dit ici même, l’Islamisme ne se combat ni dans les grottes afghanes ni dans les dunes maliennes. Il ne s’agit pas d’une rébellion menée par quelques bandes de fanatiques. Il s’agit d’une véritable guerre mondiale que nous ont déclarée ceux qui haïssent l’Occident, qui ne supportent plus notre domination et qui veulent donc abattre notre civilisation, notre culture, nos Etats.
Répétons-le, la seconde moitié du XXème siècle a été marquée par la menace que faisaient peser sur nous ceux qui se considéraient comme les « damnés de la terre » et qui brandissaient le drapeau rouge de la révolution communiste, de Moscou à Cuba en passant par le Vietnam et l’Angola. Le XXIème siècle sera marqué, lui, par la menace que fera peser sur nous d’autres « damnés de la terre » (ou les mêmes) mais qui, cette fois, brandissent le drapeau vert de l’Islam.
Comme ceux du siècle dernier, ils veulent nous faire rendre gorge, nous faire payer des siècles de soumission et nous imposer, en maitres, leurs lois et leur mode de vie.
Ils règnent déjà à Téhéran, bien sûr, en Afghanistan, au Soudan, mais aussi dans d’innombrables régions des Philippines, de l’Indonésie, de la Malaisie, et depuis peu (grâce à des élections) en Tunisie, en Libye, en Egypte. On attend avant longtemps leur victoire en Syrie (où nous les soutenons) et au cœur de l’Afrique (où nous les combattons).
Mais ce qu’on ne dit pas c’est que les pires ennemis de notre monde occidental, démocratique, adepte du progrès, du respect des Droits de l’homme (et de la femme) sont, en réalité, nos « meilleurs amis » : les potentats du Golfe qui, s’ils aiment compter et recompter nos dollars, boire notre whisky et faire la bringue dans nos boites de nuit, se disent aussi et avant tout les Gardiens des lieux saints de l’Islam, les combattants d’Allah, voire les descendants plus ou moins directs du Prophète.
Ce sont ces « amis »-là qui financent, arment et poussent au crime les va-nu-pieds qui jettent des avions sur les tours de New-York, déposent des bombes dans le métro londonien et font dérailler les trains de Madrid.
Les armes de guerre ne sortent pas comme des cactus dans les montagnes arides d’Afghanistan ni dans le désert malien. Elles s’achètent sur toutes les places de la planète, au prix fort, et sont payées cash en pétrodollars.
Les rebellions marxistes de la planète ont disparu le jour où l’URSS qui les finançait s’est effondrée d’elle-même. Le terrorisme islamiste ne disparaitra que le jour où Riad, Doha et les autres monarchies du Golfe cesseront de les entretenir sur un grand pied. Seules donc la politique, la diplomatie et les pressions économiques pourront venir à bout de ce fléau.
Mais nos dirigeants ne veulent pas voir cette évidente réalité. Il est frappant de remarquer que la propagande officielle française ne parle plus, depuis quelques jours, des… « Islamistes ». On qualifie désormais nos ennemis de « rebelles » ou de « terroristes ». Pas question d’évoquer l’Islam. On fait la guerre aux Islamistes mais on ne veut ni choquer nos musulmans de France ni surtout froisser nos « amis » du Golfe. Et il était tout de même stupéfiant de voir, hier, François Hollande aller chercher de l’aide à… Abu Dhabi.
L’intervention de nos militaires au Mali ne sera même pas un coup de pied dans la fourmilière, à peine un coup d’épée dans l’eau. Nous aurons sans doute, hélas, à déplorer des morts et des blessés dans nos rangs, nos armes feront inévitablement des « dégâts collatéraux », la France va devenir, à la place des Etats-Unis, « le grand Satan » du monde islamique, le risque terrorisme va considérablement augmenter en France même et si les bandes terroristes auront, peut-être, pour un temps, disparu dans les sables maliens on peut être sûr qu’elles réapparaitront bien vite ailleurs, au Niger, en Mauritanie, au Burkina, au Tchad, n’importe où.
On comprend, à la rigueur, que François Hollande ait voulu faire preuve d’autorité et se déguiser en chef de guerre pour avoir l’air d’endosser enfin ses habits de chef de l’Etat. On comprend moins bien que 75% des Français n’aient pas vu qu’il nous lançait dans une aventure inutile, perdue d’avance et qui risque fort de nous coûter très cher.
Mais les Français ont toujours applaudi ceux qui leur affirmaient qu’il ne manquait pas un bouton de guêtre à nos fantassins et surtout que nous allions gagner parce que nous étions les plus forts.

Mots-clefs : ,