Depuis son élection, on a beaucoup reproché à François Hollande de ne rien faire d’autre que de bafouiller, d’hésiter et de reculer. Les choses ont brusquement changé.
Ce dimanche, le président de la République ne savait plus où donner de la tête. Il avait un oeil vers le Champ-de-Mars, un oeil vers le désert malien. D’un côté, ceux qui lui ont déclaré la guerre à propos de son projet de mariage pour les homosexuels, de l’autre, ceux auxquels il a lui-même déclaré la guerre pour sauver le Mali et tenter de juguler le terrorisme islamiste. Voilà qui fait beaucoup pour un seul homme qui n’a pas encore fait toutes les preuves de ses compétences comme chef de l’Etat.
Il est évident que le président socialiste s’est lancé dans deux aventures à hauts risques que rien n’imposait. Dans leur écrasante majorité, les Français se désintéressent totalement aussi bien du sort des homosexuels et que des malheurs des Maliens.
Les Français ont d’autres soucis en tête : le chômage, le chômage, le chômage ! Quand le candidat Hollande leur avait promis « le changement », ils avaient cru que le suppléant de Strauss-Kahn voulait s’attaquer à la désindustrialisation du pays, à la perte de compétitivité de nos entreprises, à la dégringolade du pouvoir d’achat des classes moyennes, à la précarisation générale des salariés, à l’effondrement économique et donc social de la France.
Ils n’avaient pas pensé un seul instant que le candidat socialiste voulait vraiment détruire les fondements essentiels de notre société, la famille et le mariage.
500.000, peut-être 800.000 Français lui ont dit aujourd’hui, par un temps pourtant glacial, qu’ils ne voulaient pas qu’on trahisse la langue française et qu’on admette que le mot « mariage » puisse s’utiliser pour deux personnes du même sexe, ce que nos maitres d’antan auraient appelé « un barbarisme ».
En voulant plaire à quelques lobbies particulièrement actifs dans les quartiers bobos de la gauche-caviar parisienne, François Hollande n’a fait que diviser davantage encore les Français en réveillant la France dite « profonde » qui le regardait déjà d’un mauvais œil et que cette initiative a rendue furieuse.
S’il ne recule pas sur ce projet, comme l’avait fait Mitterrand à propos de l’Ecole libre ou comme il l’a fait lui-même en ce qui concerne le vote des étrangers, il va se trainer cette fracture comme un boulet et devenir pour beaucoup de nos compatriotes « le président des pédés ».
L’autre initiative du jour est cette guerre au Mali. Pour l’instant, à part Mélenchon et Villepin, tout le monde trouve que c’est une très bonne idée que d’envoyer nos soldats dans les sables du désert malien pour y pourchasser les rebelles islamistes. Au nom de l’intégrité du territoire malien, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et surtout de la lutte contre le terrorisme des « fous de Dieu ».
Attendons que certains pays commencent à reprocher à la France de faire du néo-colonialisme et de l’ingérence, qu’une vague d’attentats déferle sur d’autres capitales africaines, voire même en France et que notre état-major soit obligé de reconnaitre que les Rafales, les Mirages et les hélicoptères de combat sont impuissants en face de bandes de nomades dissimulées dans les dunes pour que ce bel unanimisme de façade commence à se lézarder.
On l’a déjà dit ici-même, le terrorisme islamiste ne se combat ni dans les grottes des montagnes afghanes (on l’a bien vu) ni dans les dunes maliennes (on va le voir). Le terrorisme islamiste a un cerveau, les monarchies wahhabites du Golfe, et un banquier, le pétrole de ce même Golfe.
Faire la guerre aux fanatiques d’Allah, vulgaires mercenaires de l’Arabie Saoudite, du Koweït et du Qatar, sans demander, avec une certaine insistance, à Riad, à Koweït et à Doha de ne plus subvenir à tous les besoins de ces terroristes et de ne plus les inciter au crime, est totalement dérisoire.
En voulant faire –enfin- preuve de fermeté, Hollande s’est, par sectarisme et par ignorance des dossiers, lancé dans deux aventures qui vont lui coûter cher. Il pourra sans doute imposer le mariage gay, mais il n’a aucune chance de remporter la bataille du désert. Et pour lui les dégâts seront considérables sur ces deux terrains.

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