David Cameron, le Premier ministre de Sa Gracieuse Majesté, veut organiser un référendum pour demander aux Britanniques s’ils souhaitent rester dans l’Union européenne. Autant dire qu’il est lui-même convaincu que cette fameuse Europe n’apporte rien de bon à son pays, qu’il serait grand temps d’en dresser le bilan et d’en tirer les conclusions qui s’imposent.
On dira que, malgré le tunnel sous la Manche, la Grande-Bretagne est encore une ile, qu’elle regarde toujours davantage vers les Etats-Unis que vers le vieux continent, qu’elle est entrée à reculons dans l’Union et qu’elle n’a jamais voulu adopter l’euro. Il n’empêche que la sortie de Cameron résonne comme un coup de tonnerre. Jamais jusqu’à présent aucun chef de gouvernement n’avait aussi clairement déclaré qu’il en avait assez de la dictature des technocrates bruxellois et de cette pseudo solidarité qui impose à ceux qui s’en sortiraient moins mal que les autres de trainer les boulets incurables.
Les Anglais ont de la chance. Cela fait bien longtemps qu’on ne nous a plus demandé, à nous autres, ce que nous pensions de cette Europe qu’on nous avait présentée jadis comme une aimable confédération d’Etats-Nations et qui, au fil des années, s’est mise à foncer tête baissée vers une fédération « magmateuse » qui, après avoir supprimé les frontières, la monnaie, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire de chacun, a asphyxié les nations.
La dernière fois qu’on nous avait demandé notre avis, nous avions dit très clairement « non » et nos dirigeants –en l’occurrence Sarkozy qui ne l’a pas emporté au paradis- n’en ont tenu aucun compte. Ils savent mieux que nous ce que nous souhaitons !
Les Eurolâtres continuent à nous raconter que c’est grâce à l’Europe que la France et l’Allemagne ne se sont plus fait la guerre et que nous avons été relativement épargnés par la crise mondiale. On sourit amèrement. Qui pourrait croire que, sans l’Europe, nous nous serions une nouvelle fois étripés avec les Allemands ? Et qui oserait affirmer que, grâce à l’Europe, nous avons pu juguler le chômage ?
Certes, nous avons aidé l’Irlande, le Portugal et la Grèce à se développer mais on ne peut pas dire qu’ils connaissent aujourd’hui une situation particulièrement florissante. On se demande d’ailleurs, notamment à propos de la Grèce, où sont passées toutes las aides européennes. Et nous aidons maintenant des pays comme la Bulgarie ou la Roumanie à sortir de leur sous-développement ce qui leur permet de nous expédier leurs Roms dont ils ne veulent pas.
Les Français qui avaient sans doute approuvé l’Europe à 6 ou à 12 se sentent-ils vraiment solidaires de cette Tour de Babel à 27 ? Personne n’aurait l’impudence de poser la question. Notre personnel politique continue à sauter comme des cabris sur leur tabouret en criant « L’Europe ! L’Europe ! »
Mais le jour où les Britanniques remettront tout en cause et largueront sans doute les amarres, il sera difficile de ne pas se poser la question.

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