Archives par moisjanvier 2013



Dans la course au ridicule

Dans la course au ridicule, nos braves gens au pouvoir sont en train de se surpasser.
On sait qu’ils nous préparent une grande réforme constitutionnelle qui doit être adoptée par le Congrès avant l’été. On ne connait pas encore les détails de cette réforme mais Matignon vient de faire savoir que l’article 1 de notre constitution serait modifié.
Jusqu’à présent cet article 1 affirme que la République « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ». Mais les socialistes ne veulent plus entendre parler du mot « race ». Ils vont donc le supprimer du texte fondateur.
Devant la rigolade générale que provoque cette initiative particulièrement stupide, ils répondent que François Hollande s’y était engagé au cours de sa campagne. A croire que tous les propos de tréteaux, plus démagogiques les uns que les autres, qu’avait pu tenir le candidat socialiste avaient été paroles d’Evangile. On se souvient qu’il avait aussi promis de faire redémarrer la croissance, baisser le chômage et de ne jamais nommer de petits copains à des postes clés.
Ce qui est drôle c’est qu’en supprimant ainsi le mot « race » de cet article de notre Constitution, Hollande et ses amis annoncent implicitement que la République pourra désormais distinguer les citoyens en fonction de leur race.
Mais ce qui est moins drôle c’est la conception des réalités que se font nos dirigeants du jour. Ils s’imaginent vraiment qu’en supprimant un mot, on supprime un problème. Comme si pour lutter contre le racisme il n’y avait qu’à interdire l’emploi du mot « race ». Ils vont, sans doute, bientôt, interdire l’emploi des mots « chômage », « déficit », « délinquance » et « corruption ».
Si Hollande n’avait dit qu’une seule ânerie au cours de sa campagne –ce qui n’a pas été le cas, loin de là- ce serait sans doute le jour de mars 2012 quand il s’est, en effet, écrié : « Il n’y a pas de place dans la République pour la race ». Or, République ou pas, la France est, même si certains le regrettent, « multiraciale », avec des Blancs, des Noirs, des Arabes, des Jaunes, des Juifs, des Aryens, des Auvergnats, etc.
Le nier est évidemment absurde. D’ailleurs comment peut-on, comme le fait la gauche, se réjouir que la France soit devenue « multiculturelle et pluriethnique » et nier qu’elle soit désormais une mosaïque de races souvent bien différentes ?
A force de nier les réalités et de nous dire sur tous les tons que « tout le monde, il est beau », que « tout le monde, il est pareil » et qu’il n’y a pas de différence entre un homme et une femme, entre un hétérosexuel et un homosexuel, entre un citoyen et un étranger, entre un Blanc et un Noir, nos bobos gauchos de la pensée unique qui sont au pouvoir vont finir par horripiler nos concitoyens et les rendre machistes, homophobes, xénophobes et racistes.
Pour lutter contre le racisme qui est un fléau qui s’aggrave, ne serait-ce qu’en raison d’une immigration de plus en plus importante et de moins en moins contrôlée et d’une crise économique sans précédent, il faut non pas bannir le mot « race » mais imaginer enfin une véritable politique d’immigration et en revenir au bon vieux principe français de l’assimilation, le seul qui permette d’effacer les couleurs et d’oublier les races.
Mais le mot « assimilation » est, lui, aussi interdit. Alors après avoir effacé du dictionnaire le sens des mots « sexe », « mariage », « citoyen », ils veulent effacer carrément le mot « race ».
Quand on vous disait que c’était Ubu !

31 Jan 2013 | Comments (16)

La loi, la morale et la démagogie

Il y a deux façons de faire la loi. Pour les uns, les règles que l’homme peut édicter doivent correspondre à une conception plus ou moins idéale qu’ils se font de la vie, de la société. Pour les autres, ces règles doivent simplement suivre en trottinant les évolutions, les dérapages, les dérives de cette même société.
Les premiers ont ce qu’on pourrait appeler « une éthique » avec une petite idée de ce qu’ils nomment « le bien » et « le mal », ce qu’on peut autoriser, ce qu’il faut interdire pour que la société soit la plus harmonieuse possible. Les seconds se contentent d’observer les sondages, de lire les pages de faits divers des journaux populaires et sont prêts à graver dans le marbre les dernières nouveautés à la mode. Les uns prétendent faire de la morale, les autres assument faire de la démagogie.
Pour les premiers qui sont, bien sûr, un peu idéalistes, la loi doit sauvegarder un certain nombre de principes –pour ne pas dire de « valeurs »- qui permettent à une société de vivre normalement et conformément aussi bien à la nature qu’au respect de la dignité humaine. Pour les seconds qui se vantent d’être réalistes, le législateur doit vivre « avec son temps », surtout ne pas être « ringard » et donc entériner toutes les « progrès » de la société.
Jamais ces deux conceptions de la loi ne se sont affrontées aussi violement. Les adversaires du mariage homosexuel nous disent que la nature exige un homme et une femme pour former un couple, une famille et avoir des enfants. Les partisans de ce même mariage répondent –au-delà des tirades de pure forme sur la liberté et l’égalité- qu’il y a de plus en plus de couples homosexuels et de plus en plus de familles homoparentales et qu’il faut donc bien que la loi leur donne un statut.
Ce sont les mêmes d’ailleurs qui nous disent qu’il y a de plus en plus de drogués, que le trafic de la drogue aggrave considérablement la délinquance et qu’il faut donc légaliser l’usage des drogues. Les mêmes qui nous disent que, l’immigration étant devenue incontrôlable, il faut donner le droit de vote aux étrangers. Demain, ils nous diront que les vols à l’arraché étant de plus en plus fréquents, il faut les autoriser…
La gauche n’est pas « généreuse », elle s’incline platement devant les réalités et fait semblant d’approuver ce qu’elle ne peut pas éviter. Curieuse conception de la politique !
Alors que le gouvernement nous avait juré sur tous les tons qu’il n’était pas question de profiter de la loi sur « le mariage pour tous » pour autoriser la GPA, la Gestation Pour Autrui, c’est-à-dire le prêt -pour ne pas dire la location- du ventre d’une femme pour permettre à un couple d’avoir un enfant, Christiane Taubira vient d’annoncer que les enfants conçus dans de telles conditions et de père français (si tant est qu’on puisse parler de « père » dans ces circonstances) auront la nationalité française.
La France ne veut pas entendre parler de la GPA mais reconnait les enfants de cette même GPA dès lors qu’elle a été pratiquée à l’étranger. C’est totalement incohérent mais parfaitement logique avec ce nouveau principe qui veut que la loi s’incline devant les réalités. Il y a bel et bien des couples français qui vont à l’étranger louer le ventre d’une femme et qui reviennent en France avec « leur » enfant. Qu’importe alors la « morale » qui voudrait évidemment qu’on condamne la marchandisation du corps humain, qu’on interdise aux riches d’aller dans des pays du Tiers-monde louer pour quelques mois le ventre des femmes pauvres.
On se souvient que Pierre Bergé, grand ami des gens au pouvoir aujourd’hui, avait comparé les femmes qui louaient leur ventre aux ouvriers qui louaient leurs bras. On sait surtout que les Verts, ces alliés difficiles de la majorité, sont de farouches partisans de la GPA. Jean-Marc Ayrault échangerait-il le ventre des femmes exotiques contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ?
Désormais, avec ce gouvernement et cette majorité, la loi n’évoque plus une morale qu’ils disent dépassée, elle n’interdit plus rien. Elle autorise tout et n’importe quoi pour complaire à quelques lobbys bien placés.

30 Jan 2013 | Comments (23)

Un débat « pour du beurre »

Contrairement aux apparences, ce n’est pas la question du mariage homosexuel que va poser le débat qui commence aujourd’hui à l’Assemblée Nationale mais la question de l’utilité du Parlement.
Les Français, tout le monde le reconnait, sont divisés sur cet énorme chamboulement de notre société et prétendre qu’ils y sont favorables sous prétexte que François Hollande l’avait annoncé dans son programme et qu’ils l’ont élu est évidemment absurde. Les manifestations de rue ont suffisamment démontré qu’il n’y avait pas unanimité. Les socialistes nous ont d’ailleurs raconté que le vrai débat aurait lieu –comme il convient- à l’Assemblée et au Sénat.
On peut noter au passage que, jusqu’à présent, l’opposition est restée curieusement très silencieuse sur ce dossier pourtant important. Nos pseudo ténors de l’UMP ont préféré laisser la responsabilité de la contestation à quelques farfelus du genre de Frigide Barjot et de ses amis, sans comprendre que des énergumènes de cet acabit déconsidéraient la cause et faisaient, évidemment, le jeu de la gauche. L’Eglise elle-même a d’ailleurs, après quelques dérapages maladroits, freiné des quatre fers de peur, sans doute, d’être accusée d’homophobie en défendant la sainte famille.
La droite entend se rattraper maintenant au Parlement. Elle a préparé plus de 5.000 amendements. Elle joue donc la politique de l’obstruction. C’est de bonne guerre même si cela ne donne pas une image très responsable de nos débats parlementaires.
Nous allons donc avoir deux semaines, dimanches compris, de discussions dans l’hémicycle. L’ennui c’est que tout le monde sait parfaitement que le texte sera adopté à une large majorité, tel que le gouvernement l’a décidé et sans tenir le moindre compte des critiques ou des suggestions de l’opposition. Nous avons droit à un débat mais ce sera un débat totalement inutile, pour amuser le tapis, la galerie et les médias. Un débat « pour du beurre », selon la vieille formule enfantine.
On dira que la règle de la démocratie veut que la majorité ait tous les pouvoirs et que le système de la Vème République permet au gouvernement d’imposer sa loi et ses lois à une assemblée composée de godillots le petit doigt sur la couture du pantalon.
Mais alors pourquoi ne pas supprimer le Parlement et préciser que tout le programme et toutes les promesses du candidat élu à la présidence entreront en vigueur dès son élection ?
Cela fait des années qu’on a totalement oublié Montesquieu, que le pouvoir législatif est à la botte du pouvoir exécutif et que le Parlement n’est plus qu’une chambre d’enregistrement où l’on sait que Guignol l’emportera toujours, quels que soient les coups de bâton qu’il aura reçus.
Il faudra sûrement qu’un jour on ne revienne aux grands principes de la démocratie qui exigent ce qu’on appelle « la séparation des pouvoirs ».

29 Jan 2013 | Comments (8)

Mais où est donc passée l’opposition ?

Que nos soldats n’aient rencontré de rebelles ni à Gao, ni à Tombouctou n’est pas étonnant. Les Islamistes se sont vite réfugiés dans leur désert. Mais il est beaucoup plus surprenant qu’à Paris François Hollande n’ait plus la moindre opposition en face de lui. Où sont passés les rebelles de l’UMP ? Dans quelles grottes lointaines sont-ils partis se cacher ?
Certes, comme au Mali, les chefs de bande se sont entredéchirés mais on aurait pu penser qu’après ces querelles dites « intestines » et face à l’ennemi commun ils auraient pu se retrouver et repartir à l’offensive.
Or, Copé est, pour une fois, d’une discrétion à toute épreuve. Ses amis disent qu’il prend… du recul. Et Fillon, lui, a carrément disparu. Sous prétexte qu’il est parti à la montagne pour écrire et réfléchir, ses fidèles disent qu’il prend… de la hauteur.
Entre celui qui prend du recul et celui qui prend de la hauteur on se demande s’ils ne vont pas, l’un et l’autre, perdre pied.
On croyait que Copé l’avait emporté dans le combat fratricide qui l’avait opposé à Fillon, puisque qu’il avait finalement été nommé président de l’UMP, même à titre temporaire, et que donc c’était lui qui allait tenir l’appareil du parti jusqu’au nouveau scrutin de septembre prochain, même s’il devait être entouré de quelques fillonistes chargés de lui mettre des bâtons dans les roues.
Mais, dès lors qu’il avait accepté le compromis, il reconnaissait implicitement qu’il avait bénéficié de magouilles électorales et il devenait du coup un président mal élu. Non seulement contesté mais contestable.
Quant à Fillon, en acceptant lui aussi le compromis, il admettait que Copé l’avait peut-être emporté et, du coup, il apparaissait comme un mauvais perdant. Il n’avait plus qu’à descendre du ring pour aller ruminer sa défaite et préparer sa revanche.
Bref, le mauvais vainqueur et le mauvais perdant étaient aussi groggys l’un que l’autre. Et pendant ce temps-là François Hollande pouvait surfer en toute impunité sur l’actualité.
Ces dernières semaines, les Français ont été submergés d’informations, de nouvelles et de débats. Nous avons eu, coup sur coup, l’affaire Depardieu, les manifestations pour ou contre le mariage homosexuel, la guerre au Mali, la prise d’otages à In Aménas, de nouvelles annonces de licenciements notamment chez Renault, sans parler de la libération de Florence Cassez. Et personne n’a entendu ni Copé ni Fillon.
On dira, à propos de Depardieu, que la droite ne voulait pas « avoir l’air » de défendre les riches qui s’exilent pour fuir l’impôt, à propos du mariage pour tous, qu’elle ne voulait pas « avoir l’air » rétrograde et vieux jeu, à propos du Mali qu’en cas de guerre l’union sacrée est une règle et qu’elle ne voulait pas « avoir l’air » de poignarder dans le dos nos soldats, à propos d’In Aménas qu’elle ne voulait pas « avoir l’air » de condamner l’usage de la force contre les terroristes et, à propos des nouveaux plans de licenciements, qu’elle ne voulait pas « avoir l’air » de se réjouir du malheur des gens.
A force de ne pas vouloir « avoir l’air » on finit par suffoquer et par disparaitre.
Autant gouverner est un art difficile et tous ceux qui s’y sont essayés depuis quelques décennies s’en sont aperçus, autant être dans l’opposition est une position confortable. Les socialistes s’y sont souvent régalés. On ne comprend donc pas le silence assourdissant de ceux qui, en principe, représentent aujourd’hui l’opposition et d’autant moins qu’on ne peut pas dire que François Hollande et son gouvernement ne prêtent pas le flanc à la critique.
Quand 60% des Français sont mécontents, l’opposition pourrait se réveiller.

29 Jan 2013 | Comments (10)

Tout va très bien, Madame la Marquise !

Le chômage n’a pas augmenté, pour la première fois depuis vingt et un mois, l’armée française est entrée dans Tombouctou sans avoir eu à tirer un seul coup de feu, Florance Cassez a été libérée, François Gabart a réussi à faire le tour du monde en 77 jours, deux députés (affirmant être hétérosexuels) se sont embrassés sur la bouche devant une foule de partisans du mariage homosexuel et… l’opposition est totalement inexistante. Tout va très bien, Madame la Marquise, Monsieur le président.
Le vent (du globe) a-t-il soudain tourné pour François Hollande ? Le président de la République, élu par défaut et pataugeant depuis des mois dans ses hésitations, ses incohérences et son sectarisme, connaitrait-il brusquement un état de grâce ?
Il y a des gens qui, sans l’avoir mérité, ont soudain beaucoup de chance. On se souvient de Lionel Jospin qui, en 1997, arrivant sans s’y être attendu à Matignon, après une dissolution bien « hasardeuse » décidée par Chirac, avait vu le ciel s’éclaircir et le nombre des chômeurs diminuer considérablement. Mais il n’avait pas su profiter de ce brusque renversement de la conjoncture internationale et avait même été éliminé, dès le premier tour, à la présidentielle en 2002.
On veut croire que les amis de François Hollande ne pavoiseront pas trop vite.
Attendons les prochains chiffres du chômage avant d’imaginer que le président gagnera le pari bien imprudent qu’il a pris d’inverser la courbe avant la fin de 2013. Un petit frémissement de reprise souffle sur l’Europe depuis quelques jours, mais il est bien fragile.
Au Mali, il est évident que les Islamistes ont prudemment refusé le combat, évacué précipitamment Gao et Tombouctou et se sont éparpillés dans leurs dunes. Ils peuvent parfaitement revenir et de préférence là où on ne les attend pas. Hollande a sans doute tort de crier déjà victoire.
La libération de Florence Cassez n’est pas à porter au crédit de François Hollande (mais du nouveau président mexicain) et le président n’est strictement pour rien dans l’exploit de François Gabart. Enfin, pour ce qui est du mariage homosexuel, il sera, bien sûr, adopté par la majorité de godillots socialistes qui domine l’Assemblée mais il laissera sans aucun doute des traces dans l’opinion.
Tous les Français, qu’ils aient ou non voté à gauche, souhaitent, bien sûr, que la France sorte de la crise, que le chômage s’effondre, que les entreprises se remettent à embaucher, que la consommation redémarre, que les comptes publics retrouvent leur équilibre, mais personne ne croit un seul instant que François Hollande et ses amis soient capables de profiter d’une petite reprise si tant est qu’elle ait bien lieu. Un sondage OpinionWay pour LCI qui paraitra demain fait perdre encore 2 points à Hollande (60% de mécontents) et 5 à Jean-Marc Ayrault (59% de mécontents).
Pour monter dans le train d’une reprise qui démarre peut-être, il faudrait avoir de l’audace et surtout être lucide. Il faudrait admettre que seuls les investissements et la consommation permettront de réamorcer la croissance, grâce notamment à l’innovation. Il faudrait donc jeter aux orties toutes les idéologies d’antan, de plus déclarer la guerre à la finance, ne plus faire fuir les plus riches, ne plus massacrer les classes moyennes, libérer, pour ne pas dire libéraliser, l’économie.
Depuis son élection, les Français se sont aperçus que François Hollande n’était pas « l’homme de la situation » en période de crise, ils ne pensent pas davantage qu’il soit « l’homme de la situation » en cas de (petite) reprise.

28 Jan 2013 | Comments (2)

Un fromage pour Jack Lang

Jack Lang vient d’être nommé président de l’Institut du Monde Arabe. Celui qui avait cru en 1981 « passer de la nuit à la lumière » ayant été battu à plates coutures lors des dernières législatives, il fallait bien le recaser quelque part.
On ne savait pas, jusqu’à présent, qu’il avait la moindre compétence en ce qui concerne le monde arabe ou la culture islamique mais on doit reconnaitre que la plupart de ses nombreux prédécesseurs n’en connaissait pas davantage, même s’il leur était arrivé, parfois, de s’être fait photographier devant les Pyramides et qu’ils avaient, souvent, l’habitude de fréquenter la Mamounia à Marrakech.
Cela dit, soyons justes. Si pendant son éphémère séjour au ministère de l’Education Nationale, Lang a été aussi mauvais que les autres, il a été un très honorable ministre de la Culture, ne serait-ce que parce qu’il a inventé la Fête de la Musique. D’ailleurs, quand on demande aux Français de citer quelques ministres de la Culture, ils ne se souviennent que de Malraux et de lui.
Mais il y a tout de même quelque chose d’aberrant pour un gouvernement qui veut rabaisser l’âge de la retraite à 60 ans à nommer un homme de 73 ans à un poste qui n’est pas sans importance.
On dira que tous les présidents ont toujours attribué très généreusement des retraites dorés à leurs copains en difficulté. Mais François Hollande s’était, justement, engagé sur l’honneur à changer ce genre de méthodes et à faire valider toutes les nominations à de hauts postes par des commissions ad hoc.
L’Institut du Monde Arabe n’est pas un simple placard de luxe. Financé par Paris et plusieurs pays arabes, il est une petite vitrine qui permet de laisser entendre que la France a des relations particulières avec le monde arabe, du moins dans le domaine culturel.
Il est évident qu’aujourd’hui ces relations deviennent délicates. La politique arabe de la France ne sait plus sur quel pied danser. Paris a totalement « loupé » le début du « Printemps arabe », puis, croyant pouvoir rattraper son retard, la France s’est mise à soutenir les « rebelles »… au nom de la démocratie qu’elle n’avait pas hésité à piétiner pendant des décennies en protégeant les dictateurs locaux. Manque de chance, les rebelles soi-disant démocrates n’étaient que des Islamistes qui voulaient instaurer non pas la démocratie mais la Charia. Et Paris ne s’en était pas douté !
Au nom de nos grands principes dont nous nous souvenions soudain, nous avons laissé tomber Ben Ali, abandonné à son triste sort Moubarak, fait assassiner Kadhafi mais ce sont les Islamistes qui ont le pouvoir aujourd’hui à Tunis, au Caire et à Tripoli et qui font tirer, ces jours-ci, sur la foule aussi bien en Tunisie qu’en Egypte. Nous continuons d’ailleurs à soutenir les rebelles syriens, tout aussi islamistes. Et en même temps nous avons déclaré la guerre aux Islamistes du Mali.
On se demande comment, à son petit niveau, Jack Lang va pouvoir expliquer que la France, terre des Droits de l’homme, se réjouit du triomphe des Frères musulmans et, mieux encore, qu’elle fait une différence entre « bons » (à Tunis, à Tripoli, au Caire et à Damas) et « mauvais » (dans le Sahel ou en Afghanistan) Islamistes.
Jadis, nous avions des diplomates et des universitaires qui connaissaient remarquablement bien et le monde arabe et l’Islam. Aujourd’hui, nous avons des dirigeants qui apprennent ce qui se passe dans ces pays en lisant la presse.
Mais l’essentiel était de caser « Mister Jack ».

26 Jan 2013 | Comments (8)

Mais qui donc a fait libérer Florence Cassez ?

Personne ne sait si Florence Cassez est innocente ou coupable dans les affaires d’enlèvements crapuleux dont elle était accusée mais tout le monde se réjouit, bien sûr, que la justice mexicaine ait finalement reconnu que le procès de la Française avait été truqué et qu’après sept ans de prison la jeune femme ait enfin été libérée.
Ce qui est choquant c’est la bataille de chiffonniers que se livrent, déjà, la droite et la gauche à propos de ce fait divers qui se termine bien. « C’est grâce à Sarkozy qu’elle a été libérée », proclament les uns. « Non, c’est grâce à Hollande », rétorquent les autres.
En fait et bien sûr, ce n’est pas le changement de locataire de l’Elysée qui a permis ce dénouement heureux mais le changement de président… à Mexico. L’ancien, Felipe Calderon, obsédé par la montée de la criminalité dans son pays et harcelé par les familles des victimes des innombrables enlèvements, ne voulait rien entendre à propos de l’éventuelle innocence de la Française. Le nouveau, Enrique Pena Nieto, élu le 1er décembre dernier, souhaite visiblement redonner à la justice de son pays une image plus conforme à une démocratie, or personne ne pouvait contester que Florence Cassez n’avait pas bénéficié de tous les droits reconnus généralement à l’accusé.
Cela dit, il est incontestable que Sarkozy et Hollande ont, l’un et l’autre successivement, « tout fait » pour obtenir la libération de Florence Cassez dont l’histoire avait été particulièrement médiatisée. Mais chacun selon sa méthode. Sarkozy en tapant du pied, en montant sur ses grands chevaux et en menaçant, Hollande en se faisant tout petit, en pleurnichant et en laissant surtout agir nos diplomates présents au Mexique.
Selon les circonstances, l’une ou l’autre de ces méthodes peut avoir des résultats. Tout dépend de l’interlocuteur.
Sans parler de la libération des infirmières bulgares détenues par Kadhafi (obtenue par la Commission européenne et non pas par Cécilia), ni de celle d’Ingrid Betancourt (obtenue par l’armée colombienne), ni de celle de nos otages au Proche-Orient (obtenue par nos services secrets moyennant de fortes rançons), on se souvient que Sarkozy avait obtenu l’expulsion des « charlots » de l’arche de Zoé, incarcérés à N’Djamena pour une affaire de trafic de faux orphelins. Mais c’était au Tchad et Paris qui soutient à bout de bras la dictature locale pouvait se permettre d’être menaçant avec le tyranneau du cru.
Dans l’affaire de Florence Cassez, l’erreur de Sarkozy a, évidemment, été de prendre le Mexique pour un pays sous-développé et le président Felipe Calderon pour un vulgaire Idriss Deby. Nous avons été à deux doigts de la rupture des relations diplomatiques avec Mexico.
En fait, il faudrait surtout que la gauche cesse de rendre Sarkozy responsable de tous les problèmes que François Hollande n’arrive pas à régler aujourd’hui et qu’en même temps la droite comprenne, quand une bonne nouvelle arrive, que Sarkozy n’est plus dans le coup.
Huit mois après l’élection présidentielle, Sarkozy n’est plus responsable (ni donc coupable) de rien et ne peut donc se vanter d’aucun succès, même diplomatique. Et Hollande qui a tous les pouvoirs doit assumer totalement la situation et c’est lui et lui seul qui, dans certains cas, trop rares, peut recevoir d’éventuelles félicitations.
Aujourd’hui, Sarkozy n’a pas à remercier Calderon mais Hollande peut remercier Nieto.
Et on aimerait bien qu’après nous avoir abreuvés jusqu’à plus soif de l’affaire Depardieu, du mariage homosexuel, du Mali, du drame d’In Aménas et de la neige, la presse française ne fasse pas toutes ses « unes » et toutes les ouvertures de tous les journaux télévisés de toutes les chaines uniquement avec la libération de cette jeune femme qui -ose-t-on le rappeler ?- n’a pas été libérée parce qu’elle était innocente mais parce que son procès n’avait pas respecté les règles les plus élémentaires.
Il se passe sans doute d’autres choses actuellement dans le monde et peut-être même en France. Du côté des usines Renault, par exemple.

24 Jan 2013 | Comments (11)

Les Anglais ont de la chance

David Cameron, le Premier ministre de Sa Gracieuse Majesté, veut organiser un référendum pour demander aux Britanniques s’ils souhaitent rester dans l’Union européenne. Autant dire qu’il est lui-même convaincu que cette fameuse Europe n’apporte rien de bon à son pays, qu’il serait grand temps d’en dresser le bilan et d’en tirer les conclusions qui s’imposent.
On dira que, malgré le tunnel sous la Manche, la Grande-Bretagne est encore une ile, qu’elle regarde toujours davantage vers les Etats-Unis que vers le vieux continent, qu’elle est entrée à reculons dans l’Union et qu’elle n’a jamais voulu adopter l’euro. Il n’empêche que la sortie de Cameron résonne comme un coup de tonnerre. Jamais jusqu’à présent aucun chef de gouvernement n’avait aussi clairement déclaré qu’il en avait assez de la dictature des technocrates bruxellois et de cette pseudo solidarité qui impose à ceux qui s’en sortiraient moins mal que les autres de trainer les boulets incurables.
Les Anglais ont de la chance. Cela fait bien longtemps qu’on ne nous a plus demandé, à nous autres, ce que nous pensions de cette Europe qu’on nous avait présentée jadis comme une aimable confédération d’Etats-Nations et qui, au fil des années, s’est mise à foncer tête baissée vers une fédération « magmateuse » qui, après avoir supprimé les frontières, la monnaie, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire de chacun, a asphyxié les nations.
La dernière fois qu’on nous avait demandé notre avis, nous avions dit très clairement « non » et nos dirigeants –en l’occurrence Sarkozy qui ne l’a pas emporté au paradis- n’en ont tenu aucun compte. Ils savent mieux que nous ce que nous souhaitons !
Les Eurolâtres continuent à nous raconter que c’est grâce à l’Europe que la France et l’Allemagne ne se sont plus fait la guerre et que nous avons été relativement épargnés par la crise mondiale. On sourit amèrement. Qui pourrait croire que, sans l’Europe, nous nous serions une nouvelle fois étripés avec les Allemands ? Et qui oserait affirmer que, grâce à l’Europe, nous avons pu juguler le chômage ?
Certes, nous avons aidé l’Irlande, le Portugal et la Grèce à se développer mais on ne peut pas dire qu’ils connaissent aujourd’hui une situation particulièrement florissante. On se demande d’ailleurs, notamment à propos de la Grèce, où sont passées toutes las aides européennes. Et nous aidons maintenant des pays comme la Bulgarie ou la Roumanie à sortir de leur sous-développement ce qui leur permet de nous expédier leurs Roms dont ils ne veulent pas.
Les Français qui avaient sans doute approuvé l’Europe à 6 ou à 12 se sentent-ils vraiment solidaires de cette Tour de Babel à 27 ? Personne n’aurait l’impudence de poser la question. Notre personnel politique continue à sauter comme des cabris sur leur tabouret en criant « L’Europe ! L’Europe ! »
Mais le jour où les Britanniques remettront tout en cause et largueront sans doute les amarres, il sera difficile de ne pas se poser la question.

23 Jan 2013 | Comments (11)

Valls plus fort que Sarkozy

Manuel Valls, notre ministre de l’Intérieur, se vante maintenant d’avoir fait expulser davantage d’étrangers en situation irrégulière que tous ses prédécesseurs.
En 2012, 36.822 clandestins ont été reconduits à la frontière ce qui est un record absolu et représente une augmentation de 11,9% par rapport à 2011. Il est vrai que Valls « bénéficie » là des premiers mois de 2012 quand Sarkozy et Claude Guéant étaient encore au pouvoir et que, préparant l’élection présidentielle, ils expulsaient à tours de bras pour atteindre l’objectif qu’ils s’étaient officiellement fixé de 40.000 expulsions par an.
Valls est bien décidé à continuer sur cette voie. Il se moque éperdument de ce que peuvent penser et dire toutes les organisations des Droits de l’Homme et les bobos des quartiers élégants de la capitale. Il sait que ceux que la présence des clandestins exaspère le plus sont les classes populaires, c’est-à-dire l’électorat de gauche que Jospin, Ségolène Royal et Hollande ont fait fuir depuis longtemps et bien souvent vers le Front National.
C’est un secret de Polichinelle, Valls se prépare pour la présidentielle de 2022. Certes, il a encore le temps mais il ne veut pas perdre une minute. Mitterrand, Chirac et Sarkozy ont occupé son bureau actuel avant de traverser la place Beauvau pour entrer à l’Elysée. C’est, pense-t-il, un bon présage que d’occuper ce poste particulièrement stratégique.
Et s’il ne sait pas si Hollande sera ou non réélu en 2017, il est convaincu que, s’il réussit, lui, son parcours, il sera, de toute évidence, le meilleur candidat pour affronter Jean-François Copé en 2022, même si ses petits camarades du PS le détestent souverainement et de plus en plus.
Il ne veut donc pas laisser à l’homme du petit pain au chocolat et du racisme anti-blanc le monopole d’aller chercher des voix à l’extrême-droite et, lui aussi, va donc « casser du bougnoule ».
A ses yeux, la nouvelle droite de Sarkozy et de Copé ayant fait sauter la digue que Chirac avait instaurée entre la droite et l’extrême-droite, il n’y a aucune raison pour que la gauche, lui en l’occurrence, ne reprenne pas, elle aussi, à son compte les arguments de la famille Le Pen qui ont tant de succès. Quitte, bien sûr, à continuer d’accuser sur tous les tons Copé d’avoir scandaleusement droitisé l’UMP.
Il va être intéressant de voir comment, pendant tout ce quinquennat qui a (si mal) commencé, Hollande et Valls pourront continuer à faire croire qu’ils sont socialistes, l’un avec sa pseudo social-démocratie à laquelle on ne comprend rien, l’autre avec cette course contre la montre qu’il a entamée avec Copé.
Bien sûr, personne n ‘est capable d’imaginer ce que pourra être la France en 2022. Où en serons-nous avec le chômage, les déficits, la déliquescence de tous nos services publics, la paupérisation de nos classes moyennes ? Mais il est très vraisemblable que la sécurité et l’immigration seront revenues parmi les toutes premières préoccupations des Français.
Les derniers chiffres de la délinquance prouvent que Valls aura sans doute des difficultés à se présenter –comme l’avait fait Sarkozy en 2007- en M. Sécurité. Mais en continuant sur les pas de Guéant, à coups de « Karcher » sur « la racaille » des immigrés clandestins, il pourrait très rapidement devenir un honorable M. Immigration ce qui est tout de même cocasse pour un immigré espagnol n’ayant acquis la nationalité française qu’à 20 ans et socialiste de surcroit.
Il est vrai que la place Beauvau métamorphose bien souvent nos socialistes. Sans remonter jusqu’à Jules Moch qui avait fait tirer la troupe contre les grévistes, on se souvient de Chevènement s’en prenant aux petits « sauvageons » de nos banlieues.
Cela dit, personne ne reprochera jamais à qui que ce soit d’essayer de prendre des mesures énergiques contre l’immigration clandestine.

23 Jan 2013 | Comments (6)

Mondanités à l’Elysée

Le président de la République reçoit les familles des otages français détenus par les rebelles maliens. Le président de la République reçoit les opposants au mariage homosexuel. L’Elysée va donc nous affirmer que François Hollande est « à l’écoute » des Français inquiets, que ce soit pour leurs proches perdus dans les sables du Sahel ou pour les chamboulements « sociétaux » qu’il veut imposer au pays.
Qu’un chef de l’Etat soit « à l’écoute des inquiétudes » de ses concitoyens est évidemment une bonne chose. On pourrait dire que c’est indispensable et même la moindre des choses.
L’ennui avec Hollande c’est que, s’il est « à l’écoute », il est sourd comme un pot.
Naturellement, il va dire aux parents des otages qu’il compatit à leurs angoisses et aux opposants au mariage pour tous qu’il a entendu leurs arguments. Mais, en fait, il va surtout leur faire comprendre, à demi-mots, aux uns et aux autres, qu’il se contrefout et de leurs inquiétudes et de leur opposition.
Même s’il nous raconte que l’intervention des troupes françaises au Mali pourrait faciliter une issue heureuse pour les otages en effrayant ceux qui les détiennent, il sait parfaitement que, sauf miracle, il les a condamnés en se lançant dans cette opération militaire contre eux.
Son approbation de la méthode algérienne pour régler le problème de la prise d’otages à In Aménas s’explique, bien sûr, par le souci qu’il a de ménager Alger pour que nos avions qui ravitaillent nos soldats au Mali puissent continuer à survoler l’Algérie mais elle prouve aussi qu’à ses yeux, quand on fait la guerre –et notamment aux terroristes- on n’a pas à tenir compte de la vie de quelques otages dont la mort est simplement à mettre dans les profits et pertes.
Oubliant la belle phrase de Malraux : « La vie d’un homme ne vaut rien mais rien ne vaut la vie d’un homme », Hollande estime que la raison d’Etat peut justifier le sacrifice de quelques innocents.
On peut en discuter. Mais alors on ne reçoit pas les familles de ceux qu’on s’apprête à sacrifier en leur racontant qu’on va tout faire pour les sauver.
La réception des adversaires du mariage homosexuel est, certes, moins dramatique mais tout aussi révélatrice de la méthode Hollande. Il va leur dire qu’il s’était engagé, tout au cours de sa campagne présidentielle, à faire cette réforme, que les Français étaient donc prévenus, qu’ils l’ont élu en toute connaissance de cause et que d’ailleurs aujourd’hui les sondages démontrent qu’une majorité de Français est favorable à cette « avancée ».
Il les reçoit parce qu’il est un homme de dialogue, toujours à la recherche des consensus, mais… il s’assoit de tout son poids sur leurs protestations.
François Hollande ne fait pas de la concertation, il fait… des mondanités.
Là aussi, on peut dire qu’un chef d’Etat n’a pas à céder devant l’inquiétude de quelques-uns et à renoncer à « sa » politique devant la rue.
Mais alors, là encore, pourquoi faire semblant ? Certains diront qu’il est courtois et accepte de recevoir même les mécontents. En fait, comme ses erreurs de géo-stratège et son sectarisme de vieux socialiste lui interdisent d’écouter aussi bien les familles de nos otages que les opposants au mariage pour tous, il perd son temps et fait perdre le leur à ses interlocuteurs.
Mais il s’imagine sans doute que ce sera bon pour son image. Un président qui palabre avec tout le monde et qui n’en fait qu’à sa tête. Oui, un mondain…

22 Jan 2013 | Comments (5)

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