Les élections partielles sont généralement –comme les élections intermédiaires- difficiles pour le pouvoir en place. Mais on nous avait dit que, cette fois, la droite aurait à payer très cher le spectacle affligeant qu’elle offre avec sa guerre des chefs. Certains nous avaient même affirmé que ce combat Fillon-Copé, d’un coté, et les incohérences multiples et ravageuses du gouvernement, de l’autre, allaient être la chance du Front National.
Or, dans les trois circonscriptions remises en jeu, hier, la droite triomphe, la gauche s’effondre et le FN est éliminé.
On dira –mais c’est toujours plus facile après les résultats- que la 13ème circonscription des Hauts-de-Seine, la 1ère du Val de Marne et la 6ème de l’Hérault sont traditionnellement à droite et que Patrick Devedjian, UMP et président du Conseil général, Henri Plagnol, UDI mais soutenu par l’UMP, et Elie Aboud, UMP, sont particulièrement bien implantés dans leur fief respectif. Il n’empêche qu’ils auraient dû, en toute logique, faire les frais de l’implosion actuelle de la droite. Pourtant Devedjian (49,82% des voix, hier) et Aboud (42,61%) sont sûrs de gagner au deuxième tour et au cas où Plagnol (26,20%) serait battu ce serait par un dissident UMP, Sylvain Berrios (23,39%).
Dans les trois circonscriptions, les candidats de gauche, le chevènementiste Lucien Landfried (32,5%), les PS Akli Melloul (19,99%) et Dolorès Roqué (27,73%) ont perdu des voix par rapport à juin dernier. Melloul en perdant même 7,87%.
Certes, l’abstention a été forte, comme toujours pour des partielles. Mais elle l’a été pour les deux camps et on aurait pu imaginer que, devant les difficultés que rencontre aujourd’hui l’équipe Hollande-Ayrault, la gauche réussirait à mobiliser ses troupes plus facilement que la droite prise dans la tourmente de ses querelles internes. Il n’en a rien été.
Si l’on devait tirer une première leçon de ces trois scrutins, on pourrait dire qu’aujourd’hui les Français préfèrent « le bordel » de la droite à l’incompétence d’amateurs de la gauche au pouvoir. Et qu’ils ne pensent toujours pas que l’extrême-droite présente une alternative crédible.
C’est, évidemment, un avertissement sévère pour Hollande et Ayrault mais Fillon et Copé vont s’imaginer qu’ils peuvent continuer à saborder la droite. Ce qui n’est sans doute pas vrai.

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