Tout le monde connait la fameuse phrase de Mme Roland montant sur l’échafaud en 1793 : « O, Liberté, que de crimes commet-on en ton nom ! » On pourrait sans doute, aujourd’hui, la paraphraser et s’écrier : « O, Egalité, que de bêtises commet-on en ton nom ! ».
Demain, les partisans du mariage homosexuel vont défiler dans les rues de Paris pour forcer la main (un peu tremblante) du gouvernement et surtout pour répondre aux manifestations qu’ont organisées ces jours derniers, avec succès et un peu partout en France, les adversaires de ce mariage « pour tous », c’est-à-dire, en fait, pour ceux auxquels la nature ne le destinait pas.
On annonce déjà beaucoup de monde à la Bastille et d’autant plus que les partis de gauche, à commencer par le PS, et toutes les organisations plus ou moins professionnelles et auto-proclamées de défense des Droits de l’homme ont rejoint les associations d’homosexuels.
Les sidérurgistes de Florange –comme d’ailleurs les 4,5 millions de chômeurs du pays- vont donc voir, sans doute avec étonnement, qu’à Paris on se mobilise beaucoup plus facilement pour le mariage des homos que contre les malheurs de nos compatriotes.
Au-delà du principe même de l’idée parfaitement saugrenue de marier deux personnes du même sexe, le plus étonnant dans cette affaire reste le slogan adopté par les organisateurs de la manifestation. « Pour l’égalité entre tous ».
On aurait pu comprendre qu’ils choisissent le mot « Liberté ». Après tout, chacun est libre de s’envoyer en l’air avec qui il vaut et même de filer le plus parfait amour avec n’importe qui.
Mais le mot « égalité » est ici parfaitement incongru. Si tout le monde est d’accord pour prôner la totale égalité des droits entre les hommes et les femmes, comment peut-on prétendre qu’un couple homosexuel est « l’égal » d’un couple hétérosexuel, ne serait-ce que sur un plan simplement biologique.
Pendant des années, les homosexuels ont réclamé qu’on leur accorde « le droit à la différence ». Faisant remarquer, à juste titre, qu’ils n’étaient pas « comme les autres », ils voulaient pouvoir s’assumer en toute liberté. Ce droit leur a été accordé. L’homosexualité n’est plus punie par la loi depuis bien longtemps et, en se promenant dans certaines rues de Paris, on a même l’impression qu’elle est entrée si ce n’est dans les mœurs du moins dans les modes.
Aujourd’hui, les homosexuels ont non seulement leurs quartiers, leurs restaurants, leurs magasins mais même leurs lobbies dans tous les domaines, y compris celui, par exemple, de la haute finance, un peu comme les francs-maçons ou les polytechniciens. Certains sont d’ailleurs à la fois anciens polytechniciens, francs-maçons et homosexuels ce qui explique en partie leur réussite.
Il n’empêche qu’après avoir revendiqué, au nom de la liberté, le droit à la différence et l’avoir obtenu, ils ne peuvent pas, en toute logique, réclamer maintenant l’égalité. On ne peut pas dire en même temps « Nous ne sommes pas comme les autres » et « Nous voulons être traités comme les autres ».
Et que ce mariage homosexuel ait été fait partie des engagements de l’actuel président de la République ne le rend pas plus cohérent. Il nous avait bien promis aussi de faire baisser le chômage…

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