Certains affirment que l’histoire ne se répète jamais. D’autres, sans doute plus judicieux, font remarquer qu’il lui arrive bien souvent de repasser les mêmes plats.
Aujourd’hui, on a l’impression de revivre certaines scènes que nous avions déjà vues et donc que notre petite histoire politique bégaie épouvantablement.
Le drame de Florange rappelle étonnement celui de Gandrange. Un chef de l’Etat qui jure ses grands Dieux qu’il va sauver les hauts-fourneaux et tout le monde sait qu’ils sont condamnés. L’affaire de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes devient un « remake » de celle du Larzac. Des écologistes et barbus de tous poils qui vont, évidement, empoisonner pendant des mois un gouvernement qui va, de son côté, s’entêter. Cahuzac et son compte secret supposé en Suisse ressemble déjà à s’y méprendre à l’un de ses prédécesseurs au ministère du Budget, Eric Woerth, qui n’a jamais pu se dépêtrer de l’affaire Bettencourt. Et il est très vraisemblable que « le mariage pour tous » va devenir pour François Hollande un projet aussi impossible à gérer que l’avait été l’Ecole libre pour Mitterrand.
Ce qui est étonnant c’est que nos responsables politiques ne tirent jamais la moindre leçon du passé.
Comment un chef de l’Etat peut-il encore, comme tous ses prédécesseurs depuis des décennies, affirmer aux sidérurgistes lorrains, en les regardant droit dans les yeux, qu’il va, lui, sauver leurs emplois ? Comment un Premier ministre, déjà vacillant, peut-il à la fois taper du pied et sur la table en affirmant qu’il imposera, contre vents et marées, le rêve qu’il avait caressé quand il était maire de Nantes, sans se rendre compte qu’il se met définitivement à dos l’une des familles de sa fragile majorité ? Comment un homme politique aux ambitions débordantes peut-il croire qu’il va pouvoir planquer du fric en Suisse, ou ailleurs, sans imaginer une seule seconde qu’il va, évidemment, se faire pincer à une époque où ce sport national qu’est la délation a pris des proportions considérables grâce au développement de l’Internet ? Comment, enfin, un président de la République peut-il penser qu’il va pouvoir, par simple idéologie et pour complaire à quelques lobbies parisiens, chambouler les traditions les plus enracinées dans notre civilisation judéo-chrétienne sans provoquer un redoutable tsunami de toutes ses oppositions ?
Toutes ces erreurs stupéfiantes s’expliquent par le seul fait que nos dirigeants n’ont pas encore compris que les temps avaient changé et pensent, sûrement en toute innocence, qu’ils peuvent continuer, en toute impunité, à mépriser le « bon peuple ».
Or, n’en pouvant plus d’être grugés depuis des années par la droite comme par la gauche, les Français en sont arrivés à mépriser « souverainement » l’ensemble du personnel politique qui, il faut bien le dire, a tout raté depuis un demi-siècle. Les promesses, les engagements sur l’honneur, les fanfaronnades, les balivernes ne prennent plus et tous les élus sont a priori suspects, de tout, d’incompétence, bien sûr, mais aussi des pires vilenies.
S’ajoute à cela une nouvelle presse qui, sans aucun lien avec les marchés publics, n’a de compte à rendre à personne et peut donc faire son métier à plaisir, c’est-à-dire cartonner sur les jean-foutres, les imposteurs, les escrocs.
François Hollande vient de nous annoncer que l’année 2013 serait difficile pour tout le monde. Il a raison mais il ne se doute pas à quel point elle va être difficile pour lui. Il n’a plus l’impunité (relative) dont bénéficiaient ses prédécesseurs et il va lui falloir payer cash et beaucoup plus cher les mêmes erreurs.

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