Le drame de Florange –car c’en est bien un puisque la fermeture de ces deux derniers hauts-fourneaux signe la mort de la sidérurgie lorraine- marque le début de la descente aux enfers de François Hollande.
Plus personne ne peut désormais croire en sa compétence, en son habileté et en sa parole. Autant dire que le roi est nu et ce n’est pas avec son mariage des homosexuels et ses promesses délirantes d’inverser la courbe du chômage dans les dix mois à venir qu’il va pouvoir se requinquer.
Il nous avait promis de réindustrialiser la France et avait même baptisé son ministre de l’Industrie du vocable parfaitement ridicule de ministre du Redressement productif. Or, il laisse crever l’un des tout derniers fleurons de notre industrie.
On nous avait dit que, sous ses allures de gentil nounours, il était malin comme un singe et que ses nombreuses années d’apparatchik rue Solferino lui avaient appris à négocier les dossiers les plus délicats. Or, il s’est fait rouler dans la farine comme un enfant de choeur par Mittal dont tout le monde sait parfaitement qu’il ne cède jamais rien dès qu’il s’agit de la rentabilité de ses entreprises.
Il avait fait toute sa campagne électorale en répétant inlassablement qu’il tiendrait toujours « un langage de vérité ». Or, il a effrontément menti aux syndicalistes, aux salariés et à l’opinion publique en annonçant qu’il avait su faire rendre gorge au roi mondial de l’acier.
Naturellement, aujourd’hui, il a une chance incroyable. Au lieu de le clouer au pilori comme elle le devrait, l’opposition préfère se ridiculiser elle-même et s’entre-déchirer dans sa bataille de chiffonniers suicidaire. Du coup, c’est à gauche et au sein même du PS qu’on entend les critiques les plus sévères.
Pour l’instant c’est surtout Jean-Marc Ayrault qu’on accable. Il est vrai que voulant enfin démontrer qu’il existait, le Premier ministre a essayé de faire croire que c’était lui qui allait sauver Florange en multipliant les déclarations maladroites, les rodomontades et les menteries.
Mais Ayrault est trop insignifiant pour servir de paratonnerre à son maitre et on voit mal comment le chef de l’Etat pourrait se désembourber des sables mouvants dans lesquels il s’enfonce.
Le chômage augmente inexorablement, tous les signaux passent au rouge vif, sa majorité se fissure de plus en plus, non seulement avec les Ecologistes et le Front de gauche mais maintenant avec les amis de Montebourg qui triomphent et, dans l’opinion, plus personne n’est sensible au charme du président « normal » qui ne ressemble plus à Pompidou ni même à Louis XVIII mais à Louis XVI comme l’a aimablement fait remarquer Mélenchon.
Gandrange avait été un boulet pour Sarkozy. Florange est une catastrophe pour Hollande.

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