Les deux chiffres du jour ne sont ni réjouissants ni surprenants. On a, en effet, appris ce matin que la délinquance avait augmenté de 5,6% en un an et qu’il y avait 7% d’illettrés en France (16% si on compte les immigrés n’ayant pas été scolarisés chez nous).
Ce sont là des réalités autrement plus préoccupantes que toutes les balivernes qu’on peut nous asséner en ce moment sur toutes les réformes dites « sociétales ».
Ces deux statistiques se tiennent. Victor Hugo disait déjà : « Ouvrez une école, vous fermerez une prison ». Aujourd’hui, Vincent Peillon nous parle d’une énième réforme de l’école mais nos prisons débordent comme jamais.
Il faudra bien qu’un jour nos « responsables » reconnaissent que l’incapacité de notre système scolaire à former des jeunes aptes à entrer dans la vie active aggrave le chômage, que l’augmentation du chômage aggrave la délinquance et qu’une immigration mal gérée, avec des vagues d’illettrés, aggrave, elle aussi, et le chômage et la délinquance.
Mais ce sont là des sujets tabous qu’il est formellement interdit d’évoquer sous peine de passer immédiatement pour un vieux « réac » voire un xénophobe si ce n’est carrément un raciste.
Il faut donc continuer à répéter benoitement que « l’école n’est pas faite pour former des salariés à la solde des patrons » mais « pour apprendre aux jeunes la citoyenneté » (sic !), que la misère matérielle et intellectuelle ne pousse pas à la délinquance et que l’immigration massive de populations du Sud, sans aucune formation, est « une chance pour la France » (re-sic !).
Il serait parfaitement injuste d’accuser la gauche d’être la seule responsable de cette situation. Cela fait des décennies que droite et gauche ont laissé, par idéologie perverse, l’école devenir « une usine à cancres et à chômeurs », par faiblesse, d’innombrables banlieues se transformer en « zones de non-droit » où tous les trafics et toutes les violences se sont multipliés et, par lâcheté, « l’invasion » migratoire (que dénonçait déjà Giscard) s’amplifier.
Les responsables de ce déni de toutes les réalités sont innombrables. Cela pourrait commencer par les « gourous » du ministère de l’Education nationale qui, avec l’appui massif des syndicats de la rue de Grenelle, ont imposé la lecture globale, interdit les notes et les devoirs à la maison, supprimer l’histoire et voulu que « les maitres » (mot qui a été totalement proscrit car il rappelait trop… l’esclavage) ne soient plus chargés « de transmettre des connaissances » (forcément « bourgeoises » selon Bourdieu) mais « d’éveiller des compétences ».
Cela continue avec des policiers qui ont vu leurs missions changer à chaque nouveau ministre, les uns voulant qu’ils jouent les animateurs sociaux au nom de la prévention, les autres exigeant qu’ils aient résultats au nom de la répression.
Les magistrats sont aussi responsables. Formés à l’Ecole de la Magistrature, on leur a appris que les coupables étaient, généralement, les premières victimes de la société alors que les plaignants étaient, bien souvent, des profiteurs de cette même société.
Mais il ne faudrait pas oublier que les enseignants, les policiers et les magistrats ne sont « que » des fonctionnaires. Si on reconnait, plus ou moins, l’autonomie des établissements scolaires, le droit de grève des policiers et l’indépendance de la justice, ce n’est pas à ces salariés de l’Etat, même s’ils bénéficient de la garantie de l’emploi, de décider s’il faut ou non apprendre à lire à nos enfants, pourchasser les trafiquants de drogue et condamner les multirécidivistes. Ils ont à obéir aux ordres du pouvoir politique.
Mais pour que chacun fasse son métier, il faudrait d’abord que les responsables politiques fassent le leur.

Mots-clefs : , , ,