De plus en plus d’observateurs, même de gauche, se demandent depuis quelque temps si Jean-Marc Ayrault a vraiment les capacités indispensables pour assumer ses fonctions de Premier ministre. Incapable de tenir sa majorité, il multiplie les couacs depuis son entrée à Matignon et n’arrive toujours pas à imposer sa personnalité. Mais personne ne conteste qu’il ait été un bon maire de Nantes.
L’ennui c’est qu’on a bien l’impression qu’il est resté maire de Nantes, comme si, convaincu qu’il ne ferait pas de vieux os à la tête du gouvernement, il préparait déjà son retour dans sa bonne ville.
Une rumeur circule dans Paris qui pourrait être dévastatrice pour le Premier ministre. Certains affirment que, dans ses négociations secrètes avec Mittal, Ayrault aurait accepté la mort des hauts-fourneaux de Florange en échange de la garantie par le même Mittal que le site de Basse-Indre qui appartient aussi au groupe Mittal serait sauvegardé. Or Basse-Indre se trouve dans l’ancienne circonscription de Jean-Marc Ayrault.
Dès hier soir, Matignon publiait un communiqué pour démentir qu’aucun site n’ait été favorisé, c’est-à-dire protégé dans ces négociations.
Il est évident que si les sidérurgistes lorrains, après s’être sentis trahis par le gouvernement, apprenaient qu’on les a sacrifiés au profit de leurs collègues nantais, leur colère exploserait.
Le Premier ministre choque déjà l’opinion avec son entêtement dans l’affaire de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes qu’on appelle maintenant « Ayrault-Airport ». Il s’agit d’un projet pharaonique qui, de l’avis des experts en transports aériens, n’a guère de sens. Pour eux, il est absurde de construire un aéroport international pour une ville qui n’est qu’à 1,30 heure de Paris par le TGV et qui n’est ni un centre commercial particulièrement important ni une destination touristique de premier plan.
Ce sont les écologistes et les gauchistes de tous poils qui ont mis le feu aux poudres avec l’intention évidente de faire de Notre-Dame-des-Landes un nouveau Larzac, c’est-à-dire d’empoisonner pendant des mois le gouvernement sur le thème de la protection de la nature.
Furieux qu’on tente de contrecarrer son grand projet personnel, le maire de Nantes, oubliant qu’il ne l’est plus et qu’il est devenu Premier ministre avec deux écologistes dans son gouvernement, passe son temps à répéter que rien ni personne n’empêchera la construction de « son » aéroport tout en envoyant des gendarmes déloger les barbus chevelus qui, un biniou dans une main et une fourche dans l’autre, sont bien décidés à tout faire pour interdire aux pelleteuses d’approcher du site.
Si jamais on apprenait que Ayrault a aussi protégé Basse-Indre, l’effet serait évidemment déplorable.
Soyons justes, tous les présidents, tous les Premiers ministres et tous les ministres ont toujours essayé de favoriser leur « douar d’origine ». A commencer par Pompidou avec le Cantal, Giscard avec le Puy-de-Dôme, Mitterrand avec la Nièvre et Chirac avec la Corrèze.
Mais c’est comme pour tout… il ne faut pas se faire pincer.

Mots-clefs : , , ,