Personne ne s’étonne du départ pour Londres d’Alain Afflelou. Le célèbre opticien n’est pas aussi fou que l’affirme sa publicité. Il fait comme beaucoup, les Arnault, les Depardieu et les autres, plus ou moins connus et plus ou moins milliardaires, qui ne supportent plus d’être étranglés par une politique fiscale qui a dépassé les limites du supportable. Ecoeuré, il fout le camp.
Prétendre que ces « exilés fiscaux » sont de « mauvais Français » est absurde. On n’a jamais dit que les protestants qui avaient quitté la France après la révocation de l’Edit de Nantes ou que les aristocrates qui avaient émigré lors de la Révolution ou que les quelques grosses fortunes qui avaient traversé l’Atlantique au lendemain de l’élection de François Mitterrand en 1981 étaient de mauvais Français. Ils n’étaient que des Français qui estimaient, souvent à juste titre, qu’ils n’avaient plus leur place dans leur pays. Ils fuyaient ce qui ressemblait à de la persécution.
Laurence Parisot, la patronne des patrons du Medef, vient de dénoncer sur Europe 1 « un climat de guerre civile » en évoquant « l’affaire Depardieu ». C’est, bien sûr, un peu excessif. Mais François Hollande a, évidemment, eu tort de proclamer, tout au cours de sa campagne présidentielle, qu’il n’aimait pas les riches et que son ennemi était le monde de la finance. Il ne peut donc pas s’étonner que sa victoire ait fait fuir ceux qu’il désignait à la vindicte populaire. Et d’autant plus que les premières mesures de son quinquennat n’ont fait que confirmer qu’il voulait, en effet, faire rendre gorge à ceux qu’il n’aimait pas.
Il faudrait qu’on nous dévoile le nombre exact de « grosses fortunes » qui ont quitté la France depuis l’arrivée à l’Elysée de François Hollande.
Alors que les chiffres de l’INSEE sont, ce matin, encore catastrophiques avec des prévisions de chômage à +10% et d’une croissance à 0,1% pour 2013 (contre 0,8% selon les rêves de Bercy) François Hollande succédant à Laurence Parisot au micro d’Europe 1 nous a répété qu’il comptait bien inverser les chiffres du chômage avant la fin de l’année prochaine.
Comment ce chef de l’Etat peut-il s’imaginer qu’il relancera la croissance, c’est-à-dire les investissements et la consommation, en faisant fuir les investisseurs et en écrasant les consommateurs ?
Mais la surprise du jour c’est tout de même le retour de Bernard Tapie.
Après avoir commencé sa carrière comme chanteur « yéyé », ce type a fait une fortune contestée dans la reprise d’entreprises en difficultés, puis il s’est lancé dans le football, organisant des matches truqués, avant de devenir l’un des enfants chéris de Mitterrand, d’entrer au gouvernement, de se retrouver en prison, d’être le bénéficiaire stupéfiant d’un accord à l’amiable invraisemblable et… de monter sur les planches.
On pensait que ce pitre qui avait symbolisé jusqu’à la pire des caricatures « les années fric de l’ère Mitterrand » ne sortirait plus des séries B de la télévision.
Voici qu’il vient d’acheter tous les grands quotidiens du Midi ce qui veut dire, à l’évidence, qu’il prépare son retour en politique du côté de la mairie de Marseille.
On peut admirer le génie dans l’art du « rebondissement » du personnage et affirmer qu’il a payé sa dette, voire même ses dettes.
Mais que dirait-on d’un pays du Tiers-monde où un tel individu, après être passé dans les cases « ministre » et « prison » du Monopoly de la vie, pourrait encore refaire surface ?
Hollande nous bassine depuis des mois avec l’éthique et la moralisation de la vie politique. Mais il parait qu’à Marseille certains attendent avec impatience l’arrivée de « Nanard » pour remettre un peu d’ordre dans la ville.
Que les riches s’en aillent est sûrement regrettable mais était prévisible. Que des Tapie reviennent sur le devant de la scène était tout de même inattendu et révèle, bien sûr, une déliquescence avancée du pays.

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