Archives par moisdécembre 2012



Jusques à quand, Hollande, abuseras-tu de notre patience?

Tout le monde attend avec curiosité les voeux que doit nous présenter, ce soir, le président de la République. S’il était sérieux et ne nous prenait pas pour de vulgaires gogos, il ne devrait nous offrir que du sang et des larmes pour cette année 2013.
Tout va très mal et de plus en plus mal. Le chômage (toutes catégories confondues) a dépassé les 4,5 millions et chacun sait, même au ministère du Travail, que, si on tenait compte de tous ceux qui ont été éliminés, pour une raison ou une autre, des statistiques, on arriverait sans doute au double, à 9 millions de personnes ne pouvant pas « travailler à leur faim ».
Ces chiffres correspondent aux 8 millions de Français qui vivent sous la ligne de pauvreté et aux 800.000 Français qui doivent se rendre aux Restos du cœur pour manger. Et une cascade de nouveaux plans sociaux est déjà annoncée pour le premier trimestre de cette année 2013.
Or, il est évident que toutes les mesures prises par le gouvernement depuis l’élection de François Hollande n’ont servi à rien si ce n’est, sans doute, à accélérer la dégringolade.
Rabaisser l’âge de la retraite à 60 ans a transformé des retraités en chômeurs, en revenir aux 35 heures en supprimant les avantages fiscaux des heures supplémentaires a réduit le pouvoir d’achat des salariés, taxer les riches a arrêté les investissements, augmenter tous les prélèvements a fait baisser la consommation.
Quant aux idées « nouvelles », les contrats d’avenir et les contrats de générations, qui devaient relancer l’emploi, on comprend, avant même qu’elles aient été mises en place, qu’il ne s’agit que d’opérations de « com’ » qui se feront aux frais de la République pour des emplois précaires et bidons qui ne créeront aucune richesse et qui seront d’ailleurs le plus souvent totalement inapplicables.
François Hollande nous avait promis « le changement ». Il ne nous avait pas précisé que ce serait « en pire ». Faire de l’anti-sarkozisme était, évidemment, une bonne idée. Mais prétendre faire à la fois de la rigueur et de la croissance en utilisant les vieilles recettes éculées du parti socialiste relevait, bien sûr, de l’incompétence si ce n’est de l’imposture.
Le président de la République n’a toujours pas compris que nous étions entrés, depuis maintenant 13 ans, dans un nouveau millénaire, que les maitres du monde –c’est-à-dire ceux qui produisent et qui vendent- n’étaient plus en Europe mais à l’autre bout de la planète et que, basculant dans la précarité, nous ne pouvions plus nous offrir tous nos systèmes de protection sociale car l’Etat-providence n’est plus qu’un pauvre hère ridicule, en guenilles et aux poches trouées, même s’il continue à claironner et à vouloir tout régenter.
Un chef de l’Etat digne de ce nom devrait aujourd’hui, face à ce monde nouveau et à cette société chamboulée, nous proposer une véritable révolution économique et sociale. Le problème n’est pas de savoir s’il faut marier les homosexuels, faire voter les étrangers ou achever les agonisants. Il de savoir ce qu’il faut faire de nos dix doigts, si nous allons continuer à fermer nos entreprises, à n’acheter que des produits « made in China », à n’avoir aucune autre ambition que de respecter les diktats des technocrates de Bruxelles et le bon-vouloir des agences de notation en mettant à la va-vite des rustines sur la coque d’un rafiot qui fait eau de toutes parts.
François Hollande et sa bande de bras cassés étaient-ils ceux qu’il nous fallait pour faire renaitre la France, pour fixer un cap ambitieux pour le pays ? Ce n’est pas sûr.
Va-t-il, ce soir, oser nous dire que la courbe du chômage sera inversée avant la fin de l’année, que la croissance sera de 0,8% (le plus optimistes parlent de 0,1%), que la crise est derrière nous, que les jeunes, les vieux et même les autres peuvent reprendre espoir ?
Il en est bien capable…
On pense à Cicéron. Jusques à quand, Hollande abuseras-tu de notre patience ?
Une bonne année, tout de même, à tous les amis de ce blog qui ne sert, bien sûr, pas à grand-chose mais qui nous permet malgré tout de calmer (un peu) notre rage.

31 Déc 2012 | Comments (12)

Les « Sages », Depardieu et la démagogie

Autrefois, les enfants particulièrement insupportables trouvaient un martinet devant la cheminée, le jour de Noël. Les choses ont évolué. Les Neuf Pères fouettards du Conseil constitutionnel se sont contentés de donner une énorme claque au président de la République et à ses sbires. Ils ont retoqué sa grande idée, le cœur de sa politique, le symbole de son quinquennat, la taxation à 75% pour ceux dont le revenu dépasse le million d’euros.
Il y en a un qui a dû pousser un énorme éclat de rire, comme il en a le secret, c’est Gérard Depardieu. Mais on peut sans peine imaginer que le champagne va couler à flots pour la Saint Sylvestre dans les hôtels particuliers, les châteaux et les chalets de Belgique, de Suisse et de Grande-Bretagne où vivent les communautés françaises d’exilés fiscaux.
Officiellement, les « Sages » ont rejeté le texte pour des raisons purement constitutionnelles. Il créait « une rupture d’égalité au regard de la faculté contributive ». En clair, il était très mal fagoté. Si, dans un couple, chacun des deux gagnait 999.999 €, aucun des deux n’était taxé à 75% alors que si l’un des deux gagnait 1.000.001 €, il l’était.
Il est stupéfiant que personne dans l’entourage du chef de l’Etat, du Premier ministre ou de la ribambelle de nos ministres n’ait fait remarquer qu’avec une telle rédaction, la grande idée du président ne pouvait qu’être retoquée par le Conseil constitutionnel. Nous avons affaire à des amateurs.
Cela dit, il est évident que les « Sages » (qui ont tous été nommés par la droite) ont sauté sur ce point de détail pour annuler ces fameux 75% et rappeler à François Hollande que la chasse aux riches permettait peut-être de se faire élire mais qu’elle n’était sûrement pas le meilleur moyen de sauver la France, d’encourager les investissements et de relancer la croissance.
On nous dit aujourd’hui que ces 75% étaient « symboliques ». 1.500 personnes seulement étaient concernées et elles auraient dû payer chacune en moyenne 140.000 € par an. Autant dire qu’il ne s’agissait que d’une goutte d’eau dans l’océan de nos déficits. Mais les symboles sont importants.
Tout le monde est d’accord pour reconnaitre qu’il est normal de « faire payer les riches », selon le vieux slogan de la gauche. Mais l’opinion publique commence à se demander s’il faut vraiment les matraquer, les étrangler et surtout les pousser à fuir le pays.
L’affaire Depardieu a sans doute été l’étincelle. Au début, on lui a donné tort. Il avait le mauvais rôle, comme Arnault, Afflelou et tous les autres riches à milliards qui avaient fui pour garder leur tas d’or. Et puis, au fil de la polémique, de plus en plus de Français ont commencé à se demander si ce n’était pas ce système confiscatoire, ce régime socialisant, cet Etat impotent qui avait tort et Astérix-le-milliardaire en guerre contre les légions d’idéologues marxisants est à son tour devenu un symbole. Un type qui a commencé à travailler à 14 ans, qui fait vivre 80 personnes, qui a une grande gueule et un talent fou ne peut pas être un salaud absolu.
Le plus étonnant dans cette affaire c’est qu’au lieu de remettre leur démagogie dans leur poche, les socialistes nous annoncent froidement qu’ils ont bien l’intention de s’asseoir sur la décision du Conseil Constitutionnel.
Jean-Marc Ayrault nous affirme qu’il va remettre ces 75% dans le budget de l’année prochaine. Non seulement il ne se rend pas compte de ce qu’il fait mais il ne se rend même pas compte de ce qu’il dit.

30 Déc 2012 | Comments (8)

Le retour de Ségolène ?

C’est la dernière rumeur qui circule dans le microcosme parisien, en ce soir de Noël. Début janvier, François Hollande procèderait à un remaniement du gouvernement et… Ségolène Royal serait nommée ministre.
Il est évident qu’un remaniement de l’équipe de Jean-Marc Ayrault s’impose. Après un peu plus de six mois au pouvoir, on a l’impression qu’ils sont tous au bout du rouleau et qu’ils ont déjà disparu, les uns dans la tourmente, les autres dans les brumes de l’anonymat le plus complet.
Les « ténors » de la vieille garde semblent s’être éclipsés sur la pointe des pieds. On est sans nouvelles de Fabius (Affaires Etrangères), Moscovici (Economie), Sapin (Travail), Le Drian (Défense), Le Foll (Agriculture) et on se demande ce qu’ils peuvent bien faire à longueur de journée dans leurs beaux bureaux.
Les « nouveaux » qui devaient faire des étincelles se sont tous –à l’exception notoire de Manuel Valls- brulés les doigts en jouant aux apprentis-sorciers, Montebourg, bien sûr, (Redressement productif) mais aussi Cahuzac (Budget), Taubira (Justice), Touraine (Affaires sociales) ou Filippetti (Culture).
Mais le plus étonnant reste le nombre astronomique de ministres dont personne n’a jamais entendu parler depuis leur entrée au gouvernement.
Qui pourrait reconnaitre dans la rue ou même simplement dire quoi que ce soit de Geneviève Fioraso (Enseignement supérieur et Recherche), Victorin Lurel (Outre-mer), Sylvia Pinel (Artisanat, Commerce et Tourisme), Valérie Fourneyron (Sports), François Lamy (Ville), Michèle Delaunay (Personnes âgées), Thierry Repentin (Formation professionnelle), Frédéric Cuvillier (Transports), Anne-Marie Escoffier (Décentralisation) ou Yamina Benguigui (Francophonie) sans parler de Guillaume Garot (Agroalimentaire) ou mieux encore d’Hélène Conway-Mouret (Français de l’étranger). Autant d’inconnus qui sont sans doute, comme on disait autrefois dans l’armée, « morts aux pluches » depuis longtemps.
Nous avons déjà eu, par le passé, des ministres insipides, inodores et sans saveur, mais nous n’avions jamais eu une telle flopée de ministres inexistants à ce point. Pourquoi diable paie-t-on tous ces figurants qui n’apparaissent même pas sur le fond de la scène et pourquoi leur offre-t-on de beaux hôtels particuliers avec boiseries et des voitures avec chauffeurs ? Nous avions déjà eu beaucoup de bras cassés mais jamais une telle armée de manchots-cul-de jattes.
On dira qu’un président « normal », avec un Premier ministre, nettement en-dessous de la normale, ne pouvait que se choisir une telle équipe de pieds-nickelés.
Il est évident que la nomination de Ségolène Royal à la Justice (ou ailleurs) provoquerait un choc dans l’opinion publique. Mais ce ne serait pas un sursaut ou un nouvel espoir. Ce serait un gigantesque éclat de rire.
Aux yeux des Français, le retour en grâce de « la reine du Chabichou et de la bravitude » ne signifierait pas un virage à droite ou à gauche de la politique du gouvernement mais un énième et stupéfiant rebondissement croquignolesque dans « les histories de cul » du chef de l’Etat. Les Français ne se poseraient qu’une seule question : que va faire Valérie Trierweiler, l’odieuse « dame du tweet » ?
Il ne fait aucun doute que si l’image du président s’est dégradée à ce point et si vite c’est parce que l’opinion publique a compris qu’il était incapable de prendre la moindre décision et de faire preuve d’un peu d’autorité. Certains de ses conseillers en communication pensent peut-être que si Hollande avait le courage de défier publiquement sa propre compagne en rappelant à ses côtes la mère de ses enfants, les Français finiraient par croire qu’il peut lui arriver de porter la culotte.
Mais que le chef de l’Etat en soit réduit à ce genre d’opération de marketing pour tenter de remonter dans les sondages serait évidemment affligeant.
Bon Noël à tous.

24 Déc 2012 | Comments (14)

L’Histoire repasse souvent les mêmes plats

Certains affirment que l’histoire ne se répète jamais. D’autres, sans doute plus judicieux, font remarquer qu’il lui arrive bien souvent de repasser les mêmes plats.
Aujourd’hui, on a l’impression de revivre certaines scènes que nous avions déjà vues et donc que notre petite histoire politique bégaie épouvantablement.
Le drame de Florange rappelle étonnement celui de Gandrange. Un chef de l’Etat qui jure ses grands Dieux qu’il va sauver les hauts-fourneaux et tout le monde sait qu’ils sont condamnés. L’affaire de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes devient un « remake » de celle du Larzac. Des écologistes et barbus de tous poils qui vont, évidement, empoisonner pendant des mois un gouvernement qui va, de son côté, s’entêter. Cahuzac et son compte secret supposé en Suisse ressemble déjà à s’y méprendre à l’un de ses prédécesseurs au ministère du Budget, Eric Woerth, qui n’a jamais pu se dépêtrer de l’affaire Bettencourt. Et il est très vraisemblable que « le mariage pour tous » va devenir pour François Hollande un projet aussi impossible à gérer que l’avait été l’Ecole libre pour Mitterrand.
Ce qui est étonnant c’est que nos responsables politiques ne tirent jamais la moindre leçon du passé.
Comment un chef de l’Etat peut-il encore, comme tous ses prédécesseurs depuis des décennies, affirmer aux sidérurgistes lorrains, en les regardant droit dans les yeux, qu’il va, lui, sauver leurs emplois ? Comment un Premier ministre, déjà vacillant, peut-il à la fois taper du pied et sur la table en affirmant qu’il imposera, contre vents et marées, le rêve qu’il avait caressé quand il était maire de Nantes, sans se rendre compte qu’il se met définitivement à dos l’une des familles de sa fragile majorité ? Comment un homme politique aux ambitions débordantes peut-il croire qu’il va pouvoir planquer du fric en Suisse, ou ailleurs, sans imaginer une seule seconde qu’il va, évidemment, se faire pincer à une époque où ce sport national qu’est la délation a pris des proportions considérables grâce au développement de l’Internet ? Comment, enfin, un président de la République peut-il penser qu’il va pouvoir, par simple idéologie et pour complaire à quelques lobbies parisiens, chambouler les traditions les plus enracinées dans notre civilisation judéo-chrétienne sans provoquer un redoutable tsunami de toutes ses oppositions ?
Toutes ces erreurs stupéfiantes s’expliquent par le seul fait que nos dirigeants n’ont pas encore compris que les temps avaient changé et pensent, sûrement en toute innocence, qu’ils peuvent continuer, en toute impunité, à mépriser le « bon peuple ».
Or, n’en pouvant plus d’être grugés depuis des années par la droite comme par la gauche, les Français en sont arrivés à mépriser « souverainement » l’ensemble du personnel politique qui, il faut bien le dire, a tout raté depuis un demi-siècle. Les promesses, les engagements sur l’honneur, les fanfaronnades, les balivernes ne prennent plus et tous les élus sont a priori suspects, de tout, d’incompétence, bien sûr, mais aussi des pires vilenies.
S’ajoute à cela une nouvelle presse qui, sans aucun lien avec les marchés publics, n’a de compte à rendre à personne et peut donc faire son métier à plaisir, c’est-à-dire cartonner sur les jean-foutres, les imposteurs, les escrocs.
François Hollande vient de nous annoncer que l’année 2013 serait difficile pour tout le monde. Il a raison mais il ne se doute pas à quel point elle va être difficile pour lui. Il n’a plus l’impunité (relative) dont bénéficiaient ses prédécesseurs et il va lui falloir payer cash et beaucoup plus cher les mêmes erreurs.

23 Déc 2012 | Comments (6)

L’heure des voyous

Depardieu, Tapie et Montebourg font la « une » de l’actualité depuis quelques jours. Le premier parce qu’il quitte la France en claquant la porte bruyamment, les deux autres parce qu’ils s’étripent à propos du rachat par l’ancien ministre-tôlard des journaux méridionaux. On peut ajouter, parmi les « stars » de cette fin d’année, Cahuzac et son compte secret supposé en Suisse, les duettistes de l’UMP, Fillon et Copé, et leur combat de chiffonniers pour savoir lequel des deux a le plus triché, et même Sarkozy dont les comptes de campagne viennent d’être retoqués.
A priori, tous ces personnages sont très différents les uns des autres. Sur le papier, on ne voit rien de commun entre l’acteur tonitruant, l’homme d’affaires contesté, le ministre du Redressement productif, le spécialiste des implants capillaires devenu ministre du Budget, l’ancien Premier ministre, le président proclamé de l’UMP et l’ancien président de la République.
Mais aux yeux des Français –et c’est cela seul qui compte- tous ces ténors et sous-ténors sont plus ou moins des voyous. Les uns sympathiques, les autres pas. Depardieu à cause de sa grande gueule et de ses « cuites » légendaires, Tapie à cause de son passé pour le moins sulfureux, Montebourg à cause de ses dérapages provocateurs, Cahuzac s’il a bel et bien un compte en Suisse ou ailleurs, les deux compères de l’UMP parce qu’ils ont, sans guère de doute, autant triché l’un que l’autre et Sarkozy parce qu’il a, en effet, confondu allégrement la caisse de l’Elysée avec celle du candidat à la présidentielle qu’il était.
Contrairement à ce qu’affirme « l’Académie des Sciences morales et politiques », la morale et la politique (qui ne sont d’ailleurs pas des sciences exactes) ont rarement fait bon ménage. Mais jamais, sans doute, notre scène nationale n’a été envahie par autant d’individus qu’on ne souhaiterait pas rencontrer le soir au coin d’un bois.
Cela fait très longtemps que les Français n’ont plus une admiration béate pour leur personnel politique. Et depuis la disparition de l’Abbé Pierre, de Soeur Emmanuelle ou du Commandant Cousteau, ils n’ont même plus personne vers qui se retourner pour se dire que tout n’est tout de même pas pourri dans le royaume.
Mais dans la période épouvantable de crise sociale, économique et plus encore morale que traverse le pays, le spectacle que nous offrent tous ces fripons, magouilleurs, brigands et vauriens est particulièrement dévastateur.
Jadis, on a parlé de la République « des copains et des coquins ». Aujourd’hui, c’est carrément l’heure des voyous.
Certains farfelus nous annonçaient la fin du monde pour hier. On peut penser que beaucoup de Français rêvent aujourd’hui d’un monde nouveau. Mais plus personne ne croit au Père Noël.

22 Déc 2012 | Comments (9)

Afflelou s’en va, Tapie revient…

Personne ne s’étonne du départ pour Londres d’Alain Afflelou. Le célèbre opticien n’est pas aussi fou que l’affirme sa publicité. Il fait comme beaucoup, les Arnault, les Depardieu et les autres, plus ou moins connus et plus ou moins milliardaires, qui ne supportent plus d’être étranglés par une politique fiscale qui a dépassé les limites du supportable. Ecoeuré, il fout le camp.
Prétendre que ces « exilés fiscaux » sont de « mauvais Français » est absurde. On n’a jamais dit que les protestants qui avaient quitté la France après la révocation de l’Edit de Nantes ou que les aristocrates qui avaient émigré lors de la Révolution ou que les quelques grosses fortunes qui avaient traversé l’Atlantique au lendemain de l’élection de François Mitterrand en 1981 étaient de mauvais Français. Ils n’étaient que des Français qui estimaient, souvent à juste titre, qu’ils n’avaient plus leur place dans leur pays. Ils fuyaient ce qui ressemblait à de la persécution.
Laurence Parisot, la patronne des patrons du Medef, vient de dénoncer sur Europe 1 « un climat de guerre civile » en évoquant « l’affaire Depardieu ». C’est, bien sûr, un peu excessif. Mais François Hollande a, évidemment, eu tort de proclamer, tout au cours de sa campagne présidentielle, qu’il n’aimait pas les riches et que son ennemi était le monde de la finance. Il ne peut donc pas s’étonner que sa victoire ait fait fuir ceux qu’il désignait à la vindicte populaire. Et d’autant plus que les premières mesures de son quinquennat n’ont fait que confirmer qu’il voulait, en effet, faire rendre gorge à ceux qu’il n’aimait pas.
Il faudrait qu’on nous dévoile le nombre exact de « grosses fortunes » qui ont quitté la France depuis l’arrivée à l’Elysée de François Hollande.
Alors que les chiffres de l’INSEE sont, ce matin, encore catastrophiques avec des prévisions de chômage à +10% et d’une croissance à 0,1% pour 2013 (contre 0,8% selon les rêves de Bercy) François Hollande succédant à Laurence Parisot au micro d’Europe 1 nous a répété qu’il comptait bien inverser les chiffres du chômage avant la fin de l’année prochaine.
Comment ce chef de l’Etat peut-il s’imaginer qu’il relancera la croissance, c’est-à-dire les investissements et la consommation, en faisant fuir les investisseurs et en écrasant les consommateurs ?
Mais la surprise du jour c’est tout de même le retour de Bernard Tapie.
Après avoir commencé sa carrière comme chanteur « yéyé », ce type a fait une fortune contestée dans la reprise d’entreprises en difficultés, puis il s’est lancé dans le football, organisant des matches truqués, avant de devenir l’un des enfants chéris de Mitterrand, d’entrer au gouvernement, de se retrouver en prison, d’être le bénéficiaire stupéfiant d’un accord à l’amiable invraisemblable et… de monter sur les planches.
On pensait que ce pitre qui avait symbolisé jusqu’à la pire des caricatures « les années fric de l’ère Mitterrand » ne sortirait plus des séries B de la télévision.
Voici qu’il vient d’acheter tous les grands quotidiens du Midi ce qui veut dire, à l’évidence, qu’il prépare son retour en politique du côté de la mairie de Marseille.
On peut admirer le génie dans l’art du « rebondissement » du personnage et affirmer qu’il a payé sa dette, voire même ses dettes.
Mais que dirait-on d’un pays du Tiers-monde où un tel individu, après être passé dans les cases « ministre » et « prison » du Monopoly de la vie, pourrait encore refaire surface ?
Hollande nous bassine depuis des mois avec l’éthique et la moralisation de la vie politique. Mais il parait qu’à Marseille certains attendent avec impatience l’arrivée de « Nanard » pour remettre un peu d’ordre dans la ville.
Que les riches s’en aillent est sûrement regrettable mais était prévisible. Que des Tapie reviennent sur le devant de la scène était tout de même inattendu et révèle, bien sûr, une déliquescence avancée du pays.

21 Déc 2012 | Comments (6)

Hollande à Alger et « la paix des mémoires »

On attendait avec inquiétude le discours que devait prononcer, ce matin, François Hollande devant le parlement algérien. Avec lui, on peut toujours redouter le pire et sa propension à céder devant tous les lobbies à la mode dans le petit Paris élégant pouvait faire craindre qu’il ne dérape une nouvelle fois vers la repentance, comme il l’avait fait à propos de la manifestation du FLN à Paris en 1961.
Il faut reconnaitre qu’aujourd’hui il s’en est plutôt mieux sorti.
Certes, il a déclaré : « Pendant 132 ans, l’Algérie a été soumise à un système profondément injuste et brutal. Ce système a un nom, c’est la colonisation et je reconnais ici les souffrances que la colonisation a infligées au peuple algérien ».
Certains pourront lui reprocher de ne pas avoir rappelé que ce système « injuste et brutal », pratiqué par toutes les grandes puissances de la planète pendant des millénaires, avait eu, aussi, des… « aspects positifs » en apportant de nombreux progrès, en construisant des infrastructures, une économie, des écoles, des hôpitaux, etc. Mais c’eut été, évidemment, de la provocation et ce n’était pas l’heure.
Plutôt que de défendre les quelques bienfaits de la colonisation française –ce qui n’est toujours pas possible aujourd’hui- Hollande s’en est pris, à mots couverts, aux atrocités commises par les nationalistes algériens pendant les sept ans de cette guerre qui n’osait pas dire son nom.
« La vérité, s’est-il écrié, doit être dite aussi sur les conditions dans lesquelles l’Algérie s’est délivrée du système colonial, sur cette guerre d’Algérie (…) Nous avons le respect de la mémoire, de toutes les mémoires. Nous avons ce devoir de vérité sur la violence, les injustices, les massacres, la torture ».
Chaque mot était, bien sûr, pesé et, du coup, toutes les mémoires étaient réveillées et les torts étaient ainsi, en quelques sortes, partagés. Le mot « torture » reconnaissait une faute, hélas incontestable et indélébile, de l’armée française. Mais le mot « massacres » rappelait, pour la première fois, que c’étaient les fellaghas du FLN qui avaient plongé l’Algérie dans les horreurs de la guerre.
Il semble que les Algériens n’aient pas compris l’allusion. Pourtant Hollande a enfoncé le clou en concluant par ces mots : « Etablir la vérité c’est une obligation qui lie les Algériens et les Français. Il est nécessaire que les historiens aient accès aux archives. La paix des mémoires repose sur la divulgation de l’histoire ». Il a, bien sûr, raison.
L’ennui c’est que, depuis un demi-siècle, le régime algérien ne veut pas de cette divulgation de l’histoire car il se maintient contre vents et marées, échecs et corruption, grâce à la légende qu’il a construite.
Le face-à-face d’aujourd’hui était d’ailleurs curieux. D’un coté, un président français, fils d’un partisan de « l’Algérie française » et disciple d’un Mitterrand qui en fut l’un des plus farouches défenseurs, de l’autre côté, un président algérien, dernier survivant de cette guerre, et accroché de ce fonds de commerce d’un autre âge.
Autour d’eux, les hommes d’affaires français qui hésitent à investir et les jeunes Algériens qui veulent des visas avaient peu de chances de se faire entendre.

20 Déc 2012 | Comments (14)

Pour Noël, offrez un Petit Robert à Hollande!

Après le mariage homosexuel et le vote des étrangers (qu’il a dû remettre dans sa culotte) voici que François Hollande nous parle du « suicide assisté ». Ce type ne connait même pas le sens des mots. Il va falloir lui offrir un Petit Robert pour Noël.
Page 1045 du Petit Robert : « Mariage : union légitime d’un homme et d’une femme », page 517 : « Droit : ce qui est permis, ce qui est exigible dans une collectivité humaine », page 287 : « Citoyen : celui qui appartient à une cité et est habilité à jouir du droit de cité », page 1709 : « Suicide : action de causer volontairement sa propre mort ».
L’union entre deux personnes du même sexe n’est donc pas « un mariage », le droit de vote ne peut donc pas être attribué à des « étrangers », et, même dans un pays où l’assistanat est généralisé à outrance, on ne peut pas « aider » quelqu’un à se suicider. On peut tout au plus l’assassiner.
On ne joue pas impunément avec les mots. Et ce n’est pas parce que les socialistes nous parlent aujourd’hui du « mariage pour tous » (et non plus du mariage homosexuel), d’une « meilleure intégration des étrangers dans notre vie locale » (et non plus du droit de vote des étrangers) ou d’une « mort dans la dignité » (et non plus de l’euthanasie) que cela change quelque chose et que ces révolutions dites « sociétales » deviendraient acceptables.
Naturellement, les homosexuels ont parfaitement le droit de vivre heureux ensemble et on peut parfaitement améliorer encore le Pacs, les étrangers peuvent parfaitement acquérir la nationalité française s’ils veulent à tout prix participer à nos élections et tout le monde sait que bien des médecins ont renoncé, en leur âme et conscience, à l’acharnement thérapeutique quand leur malade était indiscutablement incurable et qu’il souffrait par trop.
Mais ce n’est pas une raison pour tout confondre, hétérosexuels et homosexuels, étrangers et citoyens, médecins et meurtriers.
François Hollande a dû être un peu déçu en recevant aujourd’hui le rapport du professeur Didier Sicard puisque celui-ci « rejette l’idée d’inscrire l’euthanasie et le suicide assisté dans la loi française ».
Mais Hollande n’avait sans doute pas choisi Sicard par hasard car ce Sicard-là fait du Hollande comme M. Jourdain faisait de la prose. C’est-à-dire qu’il dit tout et son contraire. Il est hostile à l’euthanasie mais… « favorable, dans certains cas, à accorder la possibilité d’un geste médical accélérant la survenue de la mort ».
Encore un auquel il faudrait offrir le Petit Robert. Page 641 : « Euthanasie : théorie selon laquelle il est charitable et légitime de provoquer la mort de malades incurables dont la fin de vie est proche, lorsqu’ils souffrent trop ».
Quelle différence y a-t-il entre « provoquer la mort d’un malade incurable » et « accorder la possibilité d’un geste médical accélérant la survenue de la mort » ?
En jouant sur les mots, en voulant nous faire prendre des vessies pour des lanternes, en n’ayant même pas le courage d’appeler les choses par leur nom, ces gens-là se foutent de nous.
Il faudrait tout de même qu’un jour quelqu’un leur fasse remarquer que nous sommes moins bêtes qu’ils ne le pensent et qu’à force de faire semblant de gober tout et n’importe quoi, nous allons être pris, un jour, de vomissements.

18 Déc 2012 | Comments (12)

Illettrisme, délinquance, chômage, immigration

Les deux chiffres du jour ne sont ni réjouissants ni surprenants. On a, en effet, appris ce matin que la délinquance avait augmenté de 5,6% en un an et qu’il y avait 7% d’illettrés en France (16% si on compte les immigrés n’ayant pas été scolarisés chez nous).
Ce sont là des réalités autrement plus préoccupantes que toutes les balivernes qu’on peut nous asséner en ce moment sur toutes les réformes dites « sociétales ».
Ces deux statistiques se tiennent. Victor Hugo disait déjà : « Ouvrez une école, vous fermerez une prison ». Aujourd’hui, Vincent Peillon nous parle d’une énième réforme de l’école mais nos prisons débordent comme jamais.
Il faudra bien qu’un jour nos « responsables » reconnaissent que l’incapacité de notre système scolaire à former des jeunes aptes à entrer dans la vie active aggrave le chômage, que l’augmentation du chômage aggrave la délinquance et qu’une immigration mal gérée, avec des vagues d’illettrés, aggrave, elle aussi, et le chômage et la délinquance.
Mais ce sont là des sujets tabous qu’il est formellement interdit d’évoquer sous peine de passer immédiatement pour un vieux « réac » voire un xénophobe si ce n’est carrément un raciste.
Il faut donc continuer à répéter benoitement que « l’école n’est pas faite pour former des salariés à la solde des patrons » mais « pour apprendre aux jeunes la citoyenneté » (sic !), que la misère matérielle et intellectuelle ne pousse pas à la délinquance et que l’immigration massive de populations du Sud, sans aucune formation, est « une chance pour la France » (re-sic !).
Il serait parfaitement injuste d’accuser la gauche d’être la seule responsable de cette situation. Cela fait des décennies que droite et gauche ont laissé, par idéologie perverse, l’école devenir « une usine à cancres et à chômeurs », par faiblesse, d’innombrables banlieues se transformer en « zones de non-droit » où tous les trafics et toutes les violences se sont multipliés et, par lâcheté, « l’invasion » migratoire (que dénonçait déjà Giscard) s’amplifier.
Les responsables de ce déni de toutes les réalités sont innombrables. Cela pourrait commencer par les « gourous » du ministère de l’Education nationale qui, avec l’appui massif des syndicats de la rue de Grenelle, ont imposé la lecture globale, interdit les notes et les devoirs à la maison, supprimer l’histoire et voulu que « les maitres » (mot qui a été totalement proscrit car il rappelait trop… l’esclavage) ne soient plus chargés « de transmettre des connaissances » (forcément « bourgeoises » selon Bourdieu) mais « d’éveiller des compétences ».
Cela continue avec des policiers qui ont vu leurs missions changer à chaque nouveau ministre, les uns voulant qu’ils jouent les animateurs sociaux au nom de la prévention, les autres exigeant qu’ils aient résultats au nom de la répression.
Les magistrats sont aussi responsables. Formés à l’Ecole de la Magistrature, on leur a appris que les coupables étaient, généralement, les premières victimes de la société alors que les plaignants étaient, bien souvent, des profiteurs de cette même société.
Mais il ne faudrait pas oublier que les enseignants, les policiers et les magistrats ne sont « que » des fonctionnaires. Si on reconnait, plus ou moins, l’autonomie des établissements scolaires, le droit de grève des policiers et l’indépendance de la justice, ce n’est pas à ces salariés de l’Etat, même s’ils bénéficient de la garantie de l’emploi, de décider s’il faut ou non apprendre à lire à nos enfants, pourchasser les trafiquants de drogue et condamner les multirécidivistes. Ils ont à obéir aux ordres du pouvoir politique.
Mais pour que chacun fasse son métier, il faudrait d’abord que les responsables politiques fassent le leur.

18 Déc 2012 | Comments (4)

Fillon-Copé: l’armistice n’est pas la paix

Fillon et Copé ont enfin signé un accord. Copé reconnait que son élection à la présidence de l’UMP était si ce n’est contestable du moins contestée et qu’il faut donc procéder à un nouveau scrutin. Fillon accepte que ces élections n’aient lieu qu’en septembre prochain ce qui va, évidemment, laisser de longs mois à son ennemi pour s’installer confortablement dans le siège de président, même s’il sera sous la haute surveillance des fillonistes.
Leur dégringolade respective dans tous les sondages, la perspective de plus en plus réelle d’un éclatement de l’UMP, avec la formation par Fillon d’un groupe parlementaire dissident, les pressions de Jean-Pierre Raffarin et l’idée de Bernard Accoyer d’organiser un référendum parmi les députés et les sénateurs UMP ont finalement poussé l’ancien Premier ministre et le président proclamé à signer cet armistice.
Mais, bien sûr, rien n’est réglé pour autant. Que vont faire les deux hommes pendant les neuf mois à venir ?
Copé va jouer les vrais présidents, se présenter en patron de l’opposition en fustigeant en permanence la politique des socialistes. Il aura l’embarras du choix et il faut reconnaitre qu’il a un vrai talent dans la diatribe.
Fillon, lui, sera dans une position plus incertaine. Dans l’attente. Avec, comme seule tribune, celle que lui donne, à l’Assemblée, son mandat de député de Paris.
Vont-ils faire, à tour de rôle, de la surenchère contre Jean-Marc Ayrault et ses complices ? C’est vraisemblable. Mais alors on écoutera davantage leur propre compétition que leurs attaques contre le gouvernement. Et il est à craindre qu’ils s’adressent, l’un et l’autre, davantage aux militants de l’UMP qu’à l’opinion publique en général.
Fillon va-t-il commettre à nouveau l’erreur qu’il a faite pendant la campagne pour la présidence de l’UMP, à savoir jouer –déjà- le deuxième tour de la présidentielle de 2017, en appelant à l’union de la droite et des centristes ? Ou va-t-il comprendre que pour être qualifié lors des primaires de la droite en 2016, il vaudrait mieux, d’abord, gagner la présidence de l’UMP, c’est-à-dire radicaliser son discours pour convaincre les militants de base du parti ?
Copé, lui, a compris que c’était cette radicalisation à outrance (petit pain au chocolat et racisme anti-blanc) qui lui avait permis de déjouer tous les pronostics qui le donnaient battu à plates coutures pour la présidence de l’UMP. Il va donc continuer sur ce registre.
Et il est évident qu’en multipliant leurs réformes « sociétales » et leurs erreurs économiques, les socialistes vont lui donner, tout au cours de ce printemps et de cet été qui s’annoncent particulièrement mouvementés, toutes les excuses, pour ne pas dire toutes les raisons de la radicalisation.
Aujourd’hui, les résultats des trois élections partielles qui viennent d’avoir lieu semblent démontrer que les électeurs reprochent plus à la gauche sa politique –ou pour être plus exact, son absence de politique- qu’ils ne reprochent à la droite le pitoyable spectacle qu’elle vient d’offrir.
Et d’ici au 15 septembre prochain, date prévue pour ces nouvelles élections à l’UMP, Hollande, Ayrault et les autres vont sans aucun doute faire, objectivement, le jeu de Copé.
Pour l’instant, Copé a l’image du tricheur qui a magouillé mais il a neuf mois pour apparaitre aux yeux des militants comme le meilleur des hérauts d’une droite décomplexée. C’est le pari qu’il fait. Et que fait sans doute Hollande lui aussi.
La trêve entre les deux frères-ennemis de l’UMP risque bien d’être plus sanglante encore que ne l’a été ce mois de combat.

17 Déc 2012 Commentaires fermés sur Fillon-Copé: l’armistice n’est pas la paix

Page suivante »