On a l’impression que c’est devenu une habitude. Chaque nouveau président de la République veut prendre, en début de mandat, une décision plus ou moins symbolique qui marquera son règne et lui permettra de se faire une petite place dans l’Histoire.
Giscard, à peine arrivé, avait abaissé l’âge de la majorité de 21 à 18 ans, Mitterrand avait abrogé la peine de mort, Chirac avait supprimé le service militaire.
Il faut que cette décision « inaugurale » ne coûte rien, ce qui avait été le cas en 1974, en 1981 et en 1995, et il est préférable, pour que le nouveau souverain assume mieux son autorité, que la majorité des Français y soit hostile, ce qui avait été évidemment le cas pour la suppression de la peine de mort. Naturellement, il faut aussi que cette décision puisse être présentée par le nouvel arrivant comme un progrès de notre société, « un grand pas en avant ».
Tout le monde a oublié que Giscard avait donné le droit de vote aux « gamins » et que Chirac les avait débarrassés du « service ». On ne se souvient que de Mitterrand et de la peine de mort. Mais personne ne conteste aujourd’hui que ces trois mesures allaient plus ou moins si ce n’est dans le bon sens du moins dans celui de l’Histoire.
Hollande, lui, n’a rien trouvé de mieux pour entrer dans l’Histoire que d’autoriser le mariage homosexuel. Non seulement ça ne coûte rien, ça fait parler dans les chaumières et ça fait grimper aux rideaux la droite et nos bons évêques mais, en plus, il est convaincu en son âme et conscience (si tant est qu’il en ait) qu’il s’agit là d’un progrès considérable pour notre société.
En simplifiant un peu les choses, on pourrait dire que Giscard a voulu favoriser les jeunes, Mitterrand les assassins, Chirac les tire-au-flanc et qu’Hollande fait une fleur aux homosexuels. Chacun sa clientèle préférée.
Mais c’est tout de même la première fois qu’un de nos chefs d’Etat s’attaque, pour se faire mousser, non pas à une de nos vieilles traditions séculaires -les 21 ans, la guillotine ou la conscription- mais à une loi de la… nature qui semblait s’imposer depuis… Adam et Eve. Ce président qui ne s’est lui-même jamais marié mais qui a tout de même fait des enfants avec une femme est donc particulièrement audacieux.
Les sondages nous disent que les Français sont majoritairement favorables à ce « mariage pour tous ». On oublie de nous préciser que les sondages se sont bien souvent trompés et les Français aussi d’ailleurs. Si demain un institut de sondages demandait à nos compatriotes s’ils sont favorables à la suppression des catastrophes naturelles, des grands froids et des canicules, il est très vraisemblable qu’une large majorité se prononcerait « pour ». Mais ça ne changerait rien aux intempéries.
Il est évidemment absurde de demander aux braves gens s’il faut un homme et une femme pour faire des enfants et fonder une famille. La question ne se pose pas car la nature y a répondu depuis un bon nombre de millénaires et, même si on peut le regretter, les lois de la nature seront toujours supérieures à celles de nos parlements.
Que deux individus du même sexe s’aiment d’un amour tendre ou même passionné, voire ravageur, grand bien leur fasse. Mais qu’un gouvernement, sous prétexte qu’il veuille être à la pointe de la mode, décide que deux hommes (ou deux femmes) c’est la même chose qu’un homme et une femme relève, à coup sûr, du pire des délires mondains comme on les aime tant dans les beaux quartiers.
A force de se prendre les pieds dans tous les tapis, ce pauvre Hollande marche sur la tête. Au nom du « droit à la différence » qu’il accorde, à juste titre, aux homosexuels, il nous dit qu’il n’y a « pas de différence » entre les homosexuels et les hétérosexuels. On a envie de lui répondre que la « règle de la parité » à laquelle il dit tant tenir exige que dans un couple il y ait un homme et une femme, à égalité.
En ouvrant cette semaine le débat sur le mariage homosexuel dont le projet de loi va être présenté mercredi au Conseil des ministres, le président espère sans doute distraire la galerie et faire oublier, un temps, à l’opinion l’incompétence dont il fait preuve pour affronter des grands problèmes, à commencer par le chômage.
Qu’il ne se fasse aucune illusion. Les Français ne seront pas dupes. Hollande entrera, peut-être, dans l’Histoire (par la petite porte) avec le titre de « président des homos » mais ce n’est pas cela qui le fera remonter dans les sondages aujourd’hui. Les Français sont beaucoup plus préoccupés par leur sort que par celui des homosexuels et, jusqu’à preuve du contraire, les homosexuels sont loin d’être majoritaires dans le pays

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