Après les échecs de Sarkozy, de Zapatero et de Brown, on pouvait penser que la crise tuait tous les sortants et qu’Obama ne serait pas réélu.
Son premier mandat avait démontré que, malgré son fameux slogan « Yes, we can », il n’avait pas pu faire grand-chose. Certes, il avait réussi à imposer son système de santé et à sauver l’industrie automobile mais le chômage est à 8% et des millions d’Américains ont basculé dans la pauvreté.
Pourtant entre un noir démocrate et un mormon républicain, les électeurs ont préféré garder le sortant, même décevant, plutôt que de se lancer dans l’aventure d’une droite par moments excessive.
Ce sont les jeunes, les femmes et les minorités ethniques qui ont fait la victoire d’Obama. Trois électorats, plutôt « de gauche », que, de par le monde, les candidats ont longtemps négligés et qui font désormais basculer les scrutins.
Toutes proportions gardées, ce sont ces trois mêmes électorats qui ont fait gagner Hollande qui avait joué, pendant toute sa campagne, la jeunesse, la parité et le vote des étrangers.
Il serait grand temps que la droite française prenne conscience de cette évolution en présentant un espoir pour les jeunes, en réponse aux projets-bidons d’emplois d’avenir ou de contrats de génération du gouvernement, une vrai politique familiale, y compris pour les couples hétérosexuels, et une politique d’assimilation des immigrés pour mieux s’opposer au droit de vote des étrangers.
A la démagogie des socialistes qui va rapidement montrer ses limites et ses incohérences, l’opposition doit savoir répondre en s’adressant, elle aussi, aux jeunes, aux femmes et aux minorités avec des propositions généreuses et réalistes, sans « stigmatiser » (selon le grand mot à la mode) les uns ou les autres ce qui fit tant de tort à Sarkozy et ce que ne semble pas avoir compris Jean-François Copé.
En période de crise économique, sociale et morale, si certains, aux extrêmes, rêvent de « tout casser », la majorité souhaite l’apaisement et refuse aussi bien « la chasse aux riches » que « la chasse aux faciès ».
Manquant cruellement d’idées nouvelles, François Hollande se voit aujourd’hui contraint d’adopter, en se cachant derrière le rapport Gallois, les vieilles méthodes de la droite d’antan. Après nous avoir juré sur tous les tons qu’il n’augmenterait jamais la TVA, il l’augmente. Il nous avait dit qu’il s’agissait là de l’impôt le plus injuste car il touchait tout le monde. C’était doublement absurde puisque un impôt qui touche tout le monde n’est, par définition même, pas injuste et qu’il est évident que les riches achètent davantage de biens de consommation que les plus défavorisés.
Il n’empêche qu’augmenter aujourd’hui la TVA alors que tous les prélèvements obligatoires augmentent et que les revenus des Français ne cessent de baisser ne va évidemment pas relancer la consommation, seul espoir de faire redémarrer la croissance.
Au lieu de se livrer à ses batailles de cours d’école, la droite ferait mieux de s’en prendre aux tergiversations et aux premières trahisons du gouvernement.
On veut espérer qu’après le 18 novembre, date de l’élection du futur patron de l’UMP, la droite retrouvera sa dignité et le sens de l’Etat.

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