Certains fidèles amis reprochent à ce blog (et à l’ensemble de la presse, d’ailleurs) de parler plus souvent du projet de mariage homosexuel que de la situation au Proche-Orient qui pourrait rapidement dégénérer en une nouvelle guerre. Ils ont (un peu) raison.
Nous sommes tous d’accord pour répéter que ce projet de loi sur le mariage « pour tous » est avant tout un chiffon rouge que le pouvoir socialiste agite pour tenter de faire oublier la situation économique et sociale qui se dégrade de jour en jour et devant laquelle il est impuissant pour ne pas dire incompétent.
Il n’en est pas moins vrai que ce texte, « contre-nature » au sens le plus exact du terme, va faire s’effondrer l’un des derniers piliers, déjà vacillant, la famille, de notre société, déjà bien mal en point. Il est donc normal qu’on en parle et que nombreux soient ceux qui se mobilisent avec l’espoir de faire reculer le gouvernement qui a déjà capitulé pour le vote des étrangers et qui n’évoque plus, pour l’instant, son projet pour l’euthanasie.
Le Proche-Orient est, évidemment, d’un tout autre domaine. D’abord, parce que cela fait plus d’un demi-siècle que cette partie du monde empoisonne la planète. Ensuite, parce que la France ne peut plus jouer le moindre rôle dans la recherche éventuelle d’une solution. En face du problème israélo-palestinien, nous ne sommes plus que des spectateurs lointains.
Chacun sait que la création de l’Etat d’Israël a créé une bombe à retardement. Le sionisme qui voulait donner « à un peuple sans terre, une terre sans peuple » était une erreur car la terre en question n’était pas « sans peuple ». Il y avait les Palestiniens. Sans le drame de la Shoah, jamais l’Occident n’aurait laissé les sionistes réaliser leur rêve qui a fait payer à des Palestiniens qui n’y étaient pour rien le génocide dont il était seul responsable.
Depuis, il est évident que, tant que ce peuple « de trop » sera relégué dans des camps de réfugiés, cette terre « des trois monothéismes » ne pourra jamais être qu’un champ de bataille, de haine et d’affrontements.
A plusieurs reprises, et notamment depuis le voyage historique d’Anouar el Sadate en Israël, on a cru que la raison allait enfin l’emporter. Presque tous les pays arabes ont fini par accepter, de gré ou de force, l’existence d’Israël « dans des frontières sûres et reconnues » et nombreux sont les Israéliens désormais favorables à la création d’un Etat palestinien à leur côté. Le Prix Nobel de la paix a été attribué, en 1978, à Sadate et Begin, en 1994, à Arafat, Pérès et Rabin.
Mais Sadate et Rabin ont été assassinés par leurs propres extrémistes et les colombes de la paix se sont envolées au loin. La peur des uns et la haine des autres sont revenues plus que jamais. Aujourd’hui, c’est un « dur » qui dirige Israël, Netanyahu, et les fanatiques du Hamas ont été élus à Gaza, marginalisant totalement l’autorité palestinienne de Cis-Jordanie.
De plus, le « Printemps arabe » qui, de Tunis au Caire, a donné le pouvoir à des islamistes (qui tous soutiennent les plus radicaux des Palestiniens) ne peut, bien sûr, qu’inquiéter davantage encore les Israéliens et faire le jeu de ceux qui, en Israël, n’ont jamais voulu entendre parler de retrouvailles entre tous « les fils d’Abraham ». Et la guerre civile syrienne risque bien d’amener au pouvoir, à court terme, de nouveaux islamistes radicaux à Damas même.
Il est évident qu’on va droit vers une nouvelle et énième déflagration du baril de poudre. Or, la France n’a plus la moindre influence ni auprès des uns ni auprès des autres. Avec ses appels au calme, François Hollande est ridicule et d’autant plus qu’oubliant totalement les erreurs libyennes de son prédécesseur, il reconnait, en même temps, un pseudo gouvernement syrien dont on ne sait rien si ce n’est qu’il est noyauté par les islamistes.
Ce sont les Etats-Unis qui tiennent à bout de bras Israël et les monarchies du Golfe (à commencer par nos « amis » du Qatar) qui, tout alliés des Etats-Unis qu’ils soient, financent le Hamas qui, seuls, pourraient imposer la raison aux belligérants.
Or, Obama qui a oublié depuis longtemps son célèbre discours du Caire, doit tenir compte du lobby juif américain (plus radical que les plus radicaux des Israéliens) et, pour les dictatures du Golfe, le soutien inconditionnel à la cause palestinienne est le meilleur des alibis pour faire taire toutes les oppositions.
La France n’existe plus au Proche-Orient et c’est sans doute pourquoi les Français s’intéressent tant au mariage homosexuel, à leur nombril et au sexe de anges…

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