On manifeste aujourd’hui. Contre le mariage homosexuel et contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Ce ne sont, bien sûr, pas les mêmes qui protestent contre ces deux projets qui sont particulièrement chers au gouvernement. Le premier parce qu’il fait partie des engagements du président de la République, le second parce qu’il a été initié par le Premier ministre en personne alors qu’il était encore maire de Nantes. Une bonne partie de la droite est hostile au mariage « pour tous », la quasi-unanimité des écologistes refuse l’aéroport.
Il faut dire que les deux projets sont absurdes. La langue française est formelle : on ne peut pas, par définition, « marier » deux personnes du même sexe. Et les règles économiques interdisent qu’on construise, même pour satisfaire l’égo du maire d’une grande ville, un aéroport international à une heure et demie de TGV de Paris.
Ayant leur confortable majorité, les socialistes vont, évidemment, faire passer leur loi sur le mariage gay et il sera impossible à la droite de revenir sur cette disposition le jour où elle aura retrouvé le pouvoir. Pour ce qui est de Notre-Dame-des-Landes, il est très vraisemblable que l’affaire va trainer en longueur et qu’on va connaitre un « remake » du feuilleton interminable du Larzac qui, dans tout le Grand Ouest, va empoisonner la vie de Jean-Marc Ayrault.
Ce qui est curieux dans ces deux dossiers –qui sont insignifiants devant les problèmes économiques que connait le pays- c’est qu’ils sont totalement contradictoires. Quand on est pour le mariage gay, on ne peut pas faire expulser des paysans de leurs terres par les forces armées pour construire un aéroport. Si on veut jouer les gauchistes, il faut savoir s’assumer. On ne peut pas être à la fois pour les « roses » et contre les « verts ».
A moins d’être totalement incohérente, cette gauche qui se prétend généreuse ne peut pas, à Paris, caresser dans le sens du poil la communauté homosexuelle et, à Nantes, envoyer les CRS contre les agriculteurs. Sauf si elle considère que les homosexuels –qui votent plutôt à gauche- sont… l’avenir de l’homme et que les derniers paysans –qui votent plutôt à droite- sont à éliminer.
On attend, sans doute en vain, une réaction de Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, et la démission des deux ministres verts du gouvernement, Cécile Duflot et Pascal Canfin, qui, à force d’avaler des couleuvres, devraient commencer à suffoquer.

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