Les Français n’ont décidément pas de chance en ce moment.
Le chômage continue à faire des dégâts dévastateurs, les prélèvements de toutes sortes augmentent dans des proportions insupportables, le niveau de vie de chacun dégringole, les services de l’Etat –de la police à l’hôpital en passant par l’Ecole- se délitent comme jamais et, bien sûr, l’image de la France dans le monde est devenue détestable.
En même temps, le (petit) espoir que certains avaient cru pouvoir mettre en Hollande s’est totalement effondré devant ses reculades, ses volte-face, ses atermoiements et la docilité avec laquelle il a repris à son compte la plupart des décisions de son prédécesseur qu’il avait pourtant contestées, du traité européen à la TVA.
Et voilà que, cerise sur le gâteau, l’opposition qui devrait être plus unie et plus combative que jamais en face de ce régime qui commence à perdre pied, se suicide sur la place publique dans une guerre des chefs sans pareille qui révèle une fracture idéologique irréparable.
Il parait que Nostradamus et les Aztèques ont annoncé la fin du monde pour le 21 décembre prochain. Au train où vont les choses, il n’est pas sûr que notre pays survive jusque-là !
Il est tout de même invraisemblable que, dans un pays de 60 millions d’habitants, on ne puisse pas trouver un homme (ou une femme) capable de proposer un programme cohérent de reconstruction du pays et de provoquer le sursaut nécessaire.
Certes, les Clemenceau et les de Gaulle ne se trouvent pas sous les sabots d’un cheval. Mais on nous a toujours raconté que, depuis Jeanne d’Arc, quand la France était à l’agonie, elle savait trouver l’homme (ou la femme) providentiel(le) qui la faisait renaître de ses cendres. Nous sommes à l’agonie et nous ne voyons personne à l’horizon.
Ce ne serait pourtant pas très compliqué. Il suffirait d’un inconnu (car tous ceux qui font leurs pantalonnades sur le devant de la scène depuis des décennies sont discrédités à tout jamais) arrivant de Domrémy, de Colombey ou d’ailleurs et qui, sans avoir fait l’ENA ni inventé la poudre, nous dirait quelques vérités premières et nous présenterait les quelques décisions qui s’imposent.
Il nous dirait par exemple : on ne peut rien contre la mondialisation mais, si on veut en faire un atout et non pas une catastrophe, il faut faire comme les autres, prendre des mesures de protection tout en partant à l’assaut des marchés lointains avec des produits innovants… l’Europe est, sans doute, un beau projet mais celle que les technocrates fédéralistes sont en train de construire va droit dans le mur et, d’ailleurs, les peuples n’en veulent pas… l’assistanat fait partie de nos traditions, mais il ne doit bénéficier qu’à ceux qui en ont vraiment besoin et d’autant plus que nous ne pouvons plus nous offrir un assistanat généralisé… par définition, l’Etat ne doit s’occuper que de ses pouvoirs régaliens et laisser vivre les citoyens… pour pouvoir consommer, il faut produire, etc.
Mais il faudrait surtout qu’il nous dise et nous répète qu’un Etat n’existe que s’il est l’incarnation d’une nation. Cela n’a l’air de rien, mais tout est là.
Avant d’évoquer la compétitivité de nos entreprises, les déficits de tous nos comptes publics et toutes les réformes à faire de toute urgence, Jeanne d’Arc, Clemenceau et de Gaulle nous parlaient de la nation, voire même parfois de la patrie. C’était, peut-être, un peu désuet, même du temps de Charles VII, mais cela permettait au peuple de France de bouter les ennemis hors du pays et surtout de comprendre qu’ils pouvaient avoir un destin commun pour peu qu’ils se mobilisent ensemble et qu’ils retrouvent la fierté d’être français.
Le chômage et la dette sont évidemment des problèmes épouvantables. Le mariage des homosexuels et le droit de vote des étrangers sont, peut-être, des problèmes importants. Mais il y a sans doute beaucoup plus grave encore : les Français ne croient plus en la France. Certains –et ils sont de plus en plus nombreux- en sont même totalement dégoûtés
Et ce n’est ni à cause du chômage ni à cause des déficits. Mais à cause de notre personnel politique qui, pour cacher sa médiocrité, se complaît dans la repentance quand il n’est pas convoqué par des juges d’instruction, à cause de nos intellectuels-de-service qui après avoir adoré Staline, Mao, Pol Pot, Castro et l’ayatollah se réjouissent de voir les islamistes s’emparer du monde arabe et bavent sur la France, à cause de l’école qui veut maintenant faire croire que la France n’a fait que torturer en Algérie, collaborer pendant l’occupation et pratiquer l’esclavagisme dans ses colonies, à cause aussi de cette ambiance générale qui exige qu’on voue aux gémonies tous ceux qui oseraient réussir ou, pire encore, s’enrichir et tous ceux qui ont le culot de dire que la France, malgré tout, est un beau, voire un grand pays.
Il ne faut pas s’étonner que nos jeunes diplômés s’exilent à tout jamais, que nos meilleurs savants partent pour les Etats-Unis, que nos milliardaires et maintenant nos millionnaires aillent s’installer à l’étranger, que nos retraités préfèrent couler leurs derniers jours heureux sur des plages lointaines, ni même que nos immigrés sifflent La Marseillaise et qu’en sortant de pôle-emploi les braves gens n’aient même plus envie d’aller voter.
Le rapport Gallois parlait de tout, des charges sur les entreprises, du nombre des fonctionnaires, de la formation, de la recherche, etc. Mais il n’y avait pas un mot sur…. la France. A croire que plus personne dans ce pays ne se fait « une certaine idée de la France ». Ni même la moindre idée.
Les Français n’osent, bien sûr, pas le dire mais ils attendent Jeanne d’Arc, Clemenceau ou de Gaulle pour qu’avant de leur promettre des crédits d’impôts ou des aides aux PME, on leur parle un peu de la France, de ce qu’elle pourrait devenir, de ce qu’ils pourraient devenir eux-mêmes.
Mais ni Hollande, ni Ayrault, ni Fillon, ni Copé ne nous ont jamais parlé de la France.

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