En croyant, pour mieux préparer son prochain voyage officiel en Algérie, devoir faire acte de repentance à propos des événements du 17 octobre 1961, François Hollande a évidemment, rouvert une page sombre de notre histoire que personne, jusqu’à présent, n’a jamais pu écrire. Combien la dispersion par la police parisienne de la manifestation organisée ce jour-là par le FLN en plein Paris a-t-elle fait de victimes ? Les chiffres avancés varient de… 2 morts, ce qui semble bien peu, à 400 morts, ce qui parait tout à fait excessif. C’est dire à quel point il faut se montrer prudent.
Tout le monde est d’accord pour reconnaitre que c’est aux historiens et non pas aux hommes politiques d’écrire l’histoire. Encore faut-il savoir ce qu’on appelle « un historien ».
Ce matin, Le Figaro publie une interview d’un certain Jean-Luc Einaudi que le journal présente comme « un historien, auteur de plusieurs ouvrages sur les événements d’octobre 1961 ». Et « l’historien » en question déclare : « Selon mes travaux, 170 personnes sont mortes le 17 octobre, et après, 400 au total ».
Il est pour le moins regrettable que le grand quotidien n’ait pas précisé qui était « l’historien » qu’il avait choisi pour relater « les faits ».
Jean-Luc Einaudi a été, de 1967 à 1982, l’un des dirigeants du « Parti Communiste Marxiste-Léniniste » et le rédacteur-en-chef de « L’humanité rouge », une feuille révolutionnaire qui glorifiait Mao, Kim-il-Sung, Pol Pot et les Khmers rouges.
C’est dire si ce passé de militantisme extrémiste discrédite totalement « l’historien » Einaudi et on peut s’étonner et même s’indigner que Le Figaro n’ait pas trouvé un autre « spécialiste » à interroger.
Mais ce genre de dérapage n’est pas nouveau. Après s’être déshonorés en se faisant les thuriféraires des pires criminels de notre époque, jetés depuis dans les poubelles de l’Histoire, nos pseudos intellectuels gauchistes ont réussi, grâce à la bienveillance de certains milieux parisiens, à faire oublier leur passé honteux et à réapparaitre en moralistes, donneurs de leçons et même historiens.
Totalement désavoués par l’histoire, ils la réécrivent à leur manière. Et les gogos qui ignorent ou qui leur ont pardonné leurs « erreurs de jeunesse » prennent pour argent comptant leurs élucubrations. Il est évident que la falsification de l’histoire facilite toutes les repentances.

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