Certains accusent aujourd’hui le gouvernement d’avoir « reculé devant les pigeons ».
Moscovici et Cahuzac voulaient taxer à 60% les plus-values en cas de revente d’une start-up. 33.000 chefs d’entreprises, se qualifiant eux-mêmes de « pigeons », s’étaient alors mobilisés sur twitter et facebook pour hurler contre ce projet en affirmant qu’ils en avaient assez d’être « plumés » et victimes d’un « racisme anti-patrons ». Bercy a donc annoncé que ce projet serait revu et amendé, tout en précisant qu’il n’était pas question de renoncer à taxer le capital autant que le travail.
Si on peut légitimement reprocher à un gouvernement de faire n’importe quoi au nom d’une idéologie datant des vieilles lunes, on ne peut pas lui reprocher de faire machine-arrière ou du moins de freiner des quatre fers quand il s’aperçoit –même un peu tard- qu’il va droit dans le mur.
Il était évident que taxer les créateurs de ces petites entreprises à 60% en cas de revente était absurde puisque, pour la plupart d’entre eux, ils se lancent dans cette aventure à hauts risques avec l’intention de revendre leur entreprise au plus tôt, dès qu’ils auront réussi à la faire vivre.
Tout est stupéfiant dans cette affaire. D’abord, on est étonné devant l’incompétence de nos ministres qui ignorent que ces start-ups sont l’un des derniers secteurs dynamiques de notre économie et qui, pire encore, ne savent pas qu’une petite entreprise peut déménager en quelques heures et se retrouver à Londres ou à Bruxelles. Ensuite, on est sidéré par cette haine du « patron » qui leur fait confondre de jeunes diplômés ambitieux avec des rentiers ou des patrons du CAC40. Enfin, on est surpris de voir que quelques (milliers de) twits suffisent à faire reculer le gouvernement, mieux sans doute qu’une manifestation de rue rassemblant des dizaines de milliers de mécontents.
On ne se plaindra pas que nos dirigeants commencent à entrouvrir les yeux sur certaines évidences mais on aimerait qu’ils continuent à lire les messages qui s’affichent sur leur écran d’internet. Ils verraient, par exemple, que l’INSEE vient d’annoncer que, pour le 5ème trimestre consécutif, la croissance de notre pays sera de… zéro. Et non pas de 0,8% comme on nous l’avait annoncé ni même de 0,2% comme on avait fini par nous l’avouer. Notre commerce extérieur va continuer à être terriblement déficitaire, nos investissements à être inexistants et notre consommation à se réduire.
Est-ce vraiment le moment d’augmenter dans de telles proportions les prélèvements obligatoires ? En massacrant les entreprises, on leur interdit d’investir et de tenter de gagner des marchés, en massacrant les ménages on réduit encore la consommation. Bref, on aggrave la situation. Tout cela pour tenter –en vain, on le sait déjà- de parvenir à rééquilibrer nos comptes selon un calendrier encore plus berlinois que bruxellois.
Hollande est, peut-être, tenté de reculer mais c’est pour mieux sauter… droit dans le mur.

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