Vincent Peillon, agrégé de philosophie et accessoirement ministre de l’Education Nationale, souhaite maintenant officiellement l’ouverture d’un grand débat sur la dépénalisation du cannabis. Ce qui, en clair, signifie qu’il est lui-même partisan de cette dépénalisation.
A première vue, la chose pourrait surprendre. D’abord, parce que cela fait un « couac » de plus dans la petite partition que nous joue l’orchestre de la majorité. Le président de la République et le Premier ministre se sont toujours prononcés contre cette idée. Le ministre de l’Education rejoint donc la ministre du Logement et ses amis d’Europe-Ecologie-les-Verts dans la dissidence. Mais nous commençons à être habitués à la cacophonie gouvernementale. François Hollande et Jean-Marc Ayrault ne savent pas tenir leur petite classe où les cancres chahutent de plus en plus.
Ensuite, certains se demanderont si le rôle du ministre chargé de l’éducation de nos enfants est vraiment de réclamer la vente libre des drogues douces à la sortie des écoles et des collèges. Ne ferait-il pas mieux de s’occuper, et même de se préoccuper, d’abord et avant tout, de l’apprentissage de la lecture et de l’orthographe dans nos établissements scolaires ? Il semble que nos enfants manquent beaucoup plus de ce qu’on appelle « les fondamentaux » que de drogues, même « douces ».
Mais, à la réflexion, on s’aperçoit que le raisonnement de Vincent Peillon a sa logique.
Il n’y a aucun doute que, si l’Etat dépénalisait le cannabis, il porterait un coup terrible aux trafiquants. Les grands réseaux internationaux, les caïds en tout genre, le blanchiment de l’argent, les règlements de comptes à Marseille ou ailleurs et même les petits dealers qui font la loi dans nos banlieues disparaitraient dès lors qu’on pourrait acheter son cannabis en toute légalité à tous les coins de rue. Sur ce plan-là, l’idée de Peillon serait sûrement beaucoup plus efficace que toutes les méthodes un peu musclées que veut initier son collègue de l’Intérieur, Manuel Valls contre les truands en tout genre.
Il pourrait d’ailleurs ne s’agir que d’un premier pas dans la lutte contre la délinquance et la criminalité.
Si on libéralisait aussi la vente des armes de guerre on ruinerait à tout jamais les trafiquants de kalachnikovs. Si on dépénalisait le proxénétisme on pourrait lutter contre la prostitution. Et si, au vu de ces premiers résultats, on autorisait la fraude fiscale, on ferait disparaitre tous les paradis fiscaux.
Peillon n’a pas inventé l’eau tiède mais il a évidemment découvert le meilleur moyen de lutter contre la délinquance et la criminalité : il supprime les délits et les crimes. Il suffisait d’y penser.
En abrogeant le Code pénal et en autorisant les assassinats, les braquages de banques et les enlèvements, cet Etat idéal pourrait fermer les prisons et licencier les magistrats et les policiers.
Il est dommage que ce ministre de l’Education Nationale qui veut remettre la morale dans les programmes scolaires de nos enfants n’ait jamais appris lui-même que le rôle de l’Etat n’était pas de se faire le complice des délinquants et des criminels mais bien de lutter contre eux pour protéger les citoyens.

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