En France, malheureusement, il y a bien longtemps que le ridicule ne tue plus personne. Mais il y a tout de même de fortes chances pour que la photo d’Arnaud Montebourg à la « une » du magazine du Parisien de cette semaine reste dans les archives comme l’un des meilleurs exemples de l’inconscience de nos dirigeants.
Le ministre du Redressement productif n’a, en effet, pas hésité à s’affubler d’une marinière et à prendre un ustensile de cuisine sous le bras pour défendre le « made in France ».
Il est évident qu’il lui appartient, entre autres choses, de faire la promotion des produits fabriqués en France. Mais quand on voit la touche qu’il a dans son tricot à rayures, on se demande s’il ne souhaite pas surtout décourager tous les vacanciers en goguette sur les plages bretonnes à acheter ce genre de déguisements.
Un ministre de la République n’est ni un clown ni un mannequin. On se demande quelle va être la réaction des salariés d’Arcelor-Mittal en voyant ainsi accoutré le ministre qui leur avait promis de sauver leurs emplois.
Dans leur compétition effrénée vers Matignon, les nouveaux venus, Valls, Peillon, Montebourg, ne savent plus quoi inventer pour se placer en successeur évident du pauvre Ayrault déjà sur les genoux.
Mais Montebourg n’a pas compris qu’il était déjà, lui aussi, au bout du rouleau. Les patrons qu’il fustigeait et auxquels il voulait faire rendre gorge l’ont sèchement remis à sa place de fanfaron tristement grotesque et les entreprises qu’il se faisait fort de sauver, en tapant sur la table, ferment les unes après les autres. Ce n’est pas cette photo indécente qui va le rendre crédible, ni aux yeux des patrons, ni à ceux des chômeurs, ni à ceux de l’opinion en général.
Puisqu’il est ministre du Redressement productif, Montebourg devrait savoir que si l’économie française s’est effondrée c’est parce que les entreprises françaises ont perdu toute compétitivité, que, faute d’investisseurs, elles ne peuvent plus innover, qu’à cause des charges leurs prix sont beaucoup trop chers, qu’à cause des 35 heures leurs salariés ne peuvent plus travailler autant qu’ils ne souhaiteraient, qu’à cause du manque de formation elles ne trouvent plus le personnel compétent et que les augmentations des prélèvements obligatoires pour les ménages vont encore réduire la consommation intérieure du pays.
Au lieu de faire bien maladroitement, comme une vulgaire starlette de notre cirque médiatique, de « la com’ » et de tenter des « coups de pub’ » en ridiculisant sa fonction, après avoir fait des moulinets avec son sabre en bois, Montebourg ferait mieux d’étudier les énormes dossiers qu’il a reçus sans qu’on comprenne d’ailleurs pourquoi.
La gauche avait beaucoup reproché à Sarkozy de « faire du people » avec sa vie privée, ses Ray Ban et ses montres de luxe. Voilà que Montebourg, entre sa compagne et Arcelor-Mittal, se met à « faire du populo ». C’est encore pire.

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