François Hollande nous avait promis le changement et certains avaient été assez naïfs pour le croire sur parole. En écoutant, ce soir, les informations, ils ont dû être déçus.
On nous a, en effet, annoncé, dans l’ordre : une augmentation dramatique du chômage (comme tous les mois, depuis 17 mois), une aide de l’Etat à une banque (la banque de Peugeot-Citroën, en plus !), une grève d’Air France et de la SNCF (à la veille des vacances), un incident de séance à l’Assemblée Nationale (entre le Premier ministre et l’opposition), la fermeture d’une usine automobile (il est vrai en Belgique), une décision aberrante de la justice (qui a condamné Jérôme Kerviel à payer près de 5 milliards d’€ à la Société générale) et une baisse générale des températures (ce qui n’est pas étonnant un 24 octobre).
On avait l’impression que le pauvre David Pujadas s’était trompé de prompteur et qu’il lisait un texte vieux de deux, trois ou quatre mois, voire presque d’un an ou deux. Rien ne change. Le chômage continue à monter, l’Etat à renflouer à la va-vite des « canards boiteux », les syndicalistes à emmerder les vacanciers, nos parlementaires à faire les guignols, les usines à fermer et la justice à faire n’importe quoi.
Pour ce qui est du chômage, le ministre de travail, Michel Sapin, a eu une comparaison malheureuse. « Le chômage, a-t-il dit, c’est comme un paquebot lancé à pleine vitesse. Il est difficile de l’arrêter ». Les amis du « capitaine de pédalo » devraient éviter ce genre de métaphores maritimes et savoir que quand, en pleine tempête, un paquebot va droit vers des récifs, avec un équipage qui a le mal de mer et reste les bras ballants, il y a de fortes chances pour qu’il sombre corps et biens. Même si le ministre du Redressement productif s’est affublé d’une marinière bretonne.
En face de ces 4,5 millions de chômeurs toutes catégories confondues (et c’est, bien sûr, ce chiffre-là qu’il faut retenir) Sapin va dire que le gouvernement a prévu, pour les jeunes, des emplois bidons payés par l’Etat et pour les vieux des rôles d’assistantes maternelles dans les entreprises. Pipeau que tout cela puisque pour faire baisser le chômage, il ne sert à rien de truquer les chiffres avec des emplois bidons mais qu’il suffit « simplement » de faire redémarrer l’économie en relançant l’innovation et la consommation, c’est-à-dire en réformant de fond en comble et la fiscalité et le code du travail.
Puisqu’ils sont incapables de faire face à la situation, on a envie de leur conseiller de s’adresser à un vieux, ayant de l’expérience, à un ancien grand patron de l’industrie par exemple et ce, précisément, dans le cadre des contrats de générations, et de lui demander quelques conseils de bon sens pour faire changer de cap au rafiot qui va droit à la catastrophe.
Seulement voilà, ça aussi c’est déjà fait et refait. Et le rapport Gallois va vite se faire dévorer par les rats dans les soutes.
Par moments on pourrait presque s’attendrir. On ne le savait pas mais il parait que François Hollande adore faire des blagues. Sa candidature était donc une blague de potache. Il savait parfaitement qu’en face de DSK il n’avait aucune chance. Et que d’ailleurs, au cas où DSK déclarerait forfait, ce serait évidemment Martine Aubry qui serait la candidate de la gauche.
Malheureusement pour lui, une suite de catastrophes a transformé sa mauvaise blague en cruelle réalité. Et le voilà, sans s’y être préparé, sans aucune idée ni aucune expérience, projeté sur un trône chancelant sous le regard sévère de ses sujets qui ont fini de l’acclamer.
Et, comme a dit Sapin, le paquebot est lancé à pleine vitesse…

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