Résumons. Ce gouvernement veut matraquer les riches… pour relancer les investissements, matraquer les entreprises… pour améliorer la compétitivité, matraquer les ménages… pour augmenter la consommation. En même temps, le ministre de l’Education Nationale aimerait légaliser la vente du cannabis… pour lutter contre la drogue et voilà que le ministre de l’Intérieur annonce qu’il va faciliter les naturalisations… pour régler le problème de l’immigration.
On comprend que certains Français commencent à se demander s’ils ont bien fait de voter pour François Hollande.
Au début, on reprochait au nouveau président de la République et à ses amis de ne rien faire. Puis, devant leurs couacs, leurs volte-face et leurs reculades, on les a accusés de faire n’importe quoi. Tout et son contraire. Maintenant, on a compris. Ils font systématiquement ce qu’il ne faudrait pas faire. C’est ce qu’on pourrait appeler « la logique de l’absurde ».
Tout le monde sait que, pour faire redémarrer une économie, il faut attirer les capitaux, choyer les entreprises et inciter à la consommation. C’est l’A.B.C. Persécuter les « riches » et les « patrons » fait, sans doute, plaisir à certains nostalgiques de la bonne vieille « lutte des classes » mais n’a jamais ni enrichi les pauvres ni donner du travail aux chômeurs. Les « salauds de riches » s’en vont vers des cieux plus hospitaliers, leur magot sous le bras, et les « ignobles patrons » ferment boutique et jettent leurs salariés à la rue.
Il est tout de même invraisemblable que dans un pays où les prélèvements obligatoires sont déjà les plus hauts de la planète et où la règlementation du travail est déjà la plus contraignante de l’univers, les dirigeants ne se demandent pas si la situation catastrophique en face de laquelle ils se retrouvent n’aurait pas, au moins en partie, pour origine ces deux particularités. Même des socialistes devraient se poser la question. A moins, bien sûr, qu’ils ne veuillent enfoncer davantage, et encore plus vite, le pays pour provoquer, un beau et grand soir, une insurrection générale qui balaierait tout.
La dernière idée de Manuel Valls correspond à cette même « logique de l’absurde ». Il veut faire exactement le contraire de ce qu’il faudrait faire.
Le problème de l’immigration en France vient de ce qu’on a abandonné le principe de « l’assimilation » qui consistait à transformer les étrangers qui souhaitaient devenir français en Français… « à part entière ». D’innombrables Polonais, Italiens, Espagnols et autres sont, en une ou deux générations, devenus de « vrais » Français, en « s’assimilant » complètement, même s’ils ont gardé leur nom à consonance étrangère et s’il leur arrive encore de cuisiner parfois les plats de « là-bas ». Personne ne parlait alors de « communautarisme », ce fléau épouvantable qui crée des ghettos et conduit aux affrontements.
Hélas, au nom d’on ne sait quelle perversion, nous avons remplacé « l’assimilation » par « l’intégration ». Il fallait, nous a-t-on soudain expliqué, respecter leurs différences, leur authenticité, leurs particularités, leur permettre de garder leurs racines, leur culture, leurs traditions. Nous avons donc fabriqué, non plus des Français « à part entière », mais des Français « à part » qui avaient un pied chez nous et toujours un pied… chez eux.
La xénophobie et le racisme qu’on reproche si souvent aux Français « de souche » vient, pour l’essentiel, de cette politique d’« intégration » qui, par idéologie, se refuse à « assimiler » les étrangers. Et il est évident que, tant qu’on permettra pour ne pas dire qu’on incitera les étrangers devenus français à garder leurs différences, ils continueront à être considérés par leurs nouveaux « concitoyens » comme des étrangers, au mieux de « demi-français », au pire des envahisseurs ayant abusé de notre hospitalité.
Valls reproche aux gouvernements précédents d’avoir durci les conditions de naturalisation en exigeant de la part de ceux qui voulaient devenir français un certain nombre d’efforts. Mais si on distribue la nationalité française dans des pochettes surprise aux premiers venus qui cherchent simplement à bénéficier des largesses de notre système social, il est évident qu’on va avoir de plus en plus de ces « demi-français » qui seront de plus en plus rejetés par la communauté nationale.
Certes, en naturalisant à tour de bras des étrangers ne parlant pas français, ignorant tout de notre culture, de nos usages, de nos traditions et se refusant à apprendre et donc à respecter nos lois, le gouvernement fera, comme par miracle, baisser considérablement le nombre des étrangers sur notre territoire et Valls pourra se targuer d’avoir réduit leur présence.
C’est bien «la logique de l’absurde ». Il n’aura en rien réduit le nombre des immigrés (il l’aura sans doute même augmenté) et il aura multiplié le nombre des Français « à part ». Mais il est vrai que ces Français « au rabais » auront le droit de vote et pas seulement pour les élections locales.
Lui qui a acquis la nationalité française à l’âge de 20 ans devrait comprendre mieux que personne qu’on ne devient pas français en passant simplement devant un fonctionnaire et que, même par démagogie ou idéologie, on ne joue pas avec cela.

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