Hollande, totalement incohérent
Le problème des otages est toujours particulièrement difficile. Ou on négocie avec les ravisseurs pour obtenir, contre de l’argent et différentes concessions, une libération, ou on lance une opération commando pour tenter cette libération.
Dans le premier cas, on capitule purement et simplement devant des terroristes, on leur fournit de nouveaux moyens et on encourage d’autres groupes à s’emparer de Français. Dans le second cas, on met évidemment la vie de nos concitoyens en danger. Chirac a toujours réussi à négocier la libération de nos otages. Sarkozy en a sacrifié deux en lançant une opération commando.
Pour ce qui est des Français détenus actuellement dans le nord du Mali par les Islamistes d’Al Qaïda au Maghreb Islamique, les choses se compliquent encore puisque Paris souhaite, bien sûr, les récupérer mais a aussi décidé d’initier, de coordonner et d’appuyer logistiquement une opération militaire d’envergure pour chasser de tout le nord du Mali ces bandes armées de l’AQMI.
Nous voulons négocier avec ces fanatiques pour retrouver nos otages tout en leur annonçant que nous allons les éliminer pour assurer l’intégrité territoriale du Mali. C’est totalement incohérent.
Hier, à Kinshasa, François Hollande s’est très maladroitement pris les pieds dans toutes ces incohérences en déclarant textuellement : « C’est en montrant une grande détermination pour tenir notre ligne qui est celle de la lutte contre le terrorisme que nous pouvons convaincre les ravisseurs qu’il est temps maintenant de libérer nos otages (…) En disant ce que je dis sur l’intégrité du Mali c’est aussi un message que j’adresse aux ravisseurs : libérez-les avant qu’il ne soit trop tard ».
En clair, le président français demande aux terroristes d’AQMI de libérer nos otages avant que l’aviation française ne se lance à l’assaut de l‘immense désert malien.
On peut imaginer sans peine la réaction des rebelles qui savent parfaitement que ces otages sont la meilleure des protections pour eux contre toute attaque française. Ils savent aussi que quand Hollande affirme qu’il n’y aura « pas un seul militaire français dans cette libération du nord Mali » il se moque du monde. Les pilotes de nos Rafales ne seront pas des civils d’Air France.
Certes, le président français pouvait difficilement déclarer devant tous les chefs d’Etat de la Francophonie : « Nous ne voulons pas d’un nouvel Afghanistan au cœur de l’Afrique, nous allons donc armer, encadrer et appuyer les troupes africaines qui vont libérer le nord du Mali et nous faisons ainsi, par avance, le sacrifice de nos otages ». Mais c’est ce qu’il a tout de même avoué implicitement avec ses malheureuses déclarations.
Il est bien dommage que François Hollande ne sache pas encore que les affaires d’otages tout comme les préparatifs d’une opération militaire exigent le secret le plus absolu. On ne joue pas les matamores en face de terroristes en leur demandant d’être « gentils » tout en les menaçant de les exterminer.
Hollande n’est sans doute pas fait pour ce que l’on appelle « la gestion de crise ». C’est ennuyeux.

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