Jean-Marc Ayrault n’avait toujours pas « recadré» ce matin sa ministre de la Santé, Marisol Touraine. Or, hier soir, sur BFMTV, la brave dame a déclaré textuellement : «J’espère que des expérimentations de salles de consommation de drogues pourront être annoncées avant la fin de l’année ».
Avait-elle fumé elle-même un joint, voulait-elle faire de la provocation comme son collègue de l’Education, Peillon, pour défier le pauvre Premier ministre, ou ferait-elle partie, comme Peillon, d’un lobby financé par le cartel de Medelin ?
C’est quoi « les salles de consommation de drogues » ? Ce sont des lieux publics ouverts, avec la bénédiction de l’Etat, et dans lesquels les toxicomanes peuvent se droguer avec les drogues de leur choix sous le contrôle bienveillant d’un personnel médical et plus ou moins spécialisé. Cela se fait déjà dans quelques pays, notamment en Suisse et en Allemagne.
On tombe naturellement à la renverse. Il ne s’agit plus seulement de dépénaliser le cannabis mais maintenant d’organiser, aux frais de la République, la consommation des drogues même les plus dures. L’argument est de dire : comme ils vont se droguer en tous les cas, il vaut mieux que l’Etat les aide, les contrôle, leur offre des seringues propres et leur fournisse des substances de qualité. Et d’ajouter : ce sont des malades qu’il faut assister.
Les pédophiles sont aussi des malades, va-t-on leur offrir des fillettes et des garçonnets ? Et ceux qui sont favorables à la réouverture des maisons closes pour lutter contre la prostitution « sauvage » n’ont jamais, jusqu’à présent, demandé que ce soit dans des lieux publics et avec la gestion de l’Etat.
On s’était étonné que ce soit un ministre de l’Education Nationale qui plaide pour une libéralisation du cannabis sous prétexte qu’il se vend à la sortie de nos écoles. Voilà maintenant un ministre de la Santé qui veut organiser la consommation des drogues dures. Peillon prétend qu’il ne souhaite que « l’ouverture d’un débat ». Marisol Touraine va dire qu’elle ne parle que d’« expérimentions ». Mais personne n’est dupe.
L’un et l’autre sont, évidemment, favorables à la libéralisation totale de toutes les drogues en France à laquelle ne peuvent conduire qu’un tel « débat » et que de telles « expérimentations ». Sont-ils eux-mêmes des adeptes des paradis artificielles, pensent-ils se faire bien voir par un certain électorat, estiment-ils que, devant les échecs de la politique de répression, il n’y a plus qu’à capituler ? On ne sait pas.
Ce qui est sûr c’est que cet agrégé de philosophie et cette ancienne normalienne ignorent totalement des dégâts épouvantables que fait la drogue aujourd’hui dans notre pays. Et, pire encore, que ces deux membres du gouvernement pensent que le rôle de l’Etat n’est pas de lutter sans merci contre ce genre de fléau mais de le gérer.
Ce n’est plus seulement de la démission, c’est de la complicité.

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