On savait que ce gouvernement n’aimait pas les riches, n’avait aucune notion des lois économiques les plus élémentaires et voulait chambouler notre société pour plaire à sa clientèle de bobos. Mais on ne savait pas qu’il ignorait à ce point l’A.B.C. des règles parlementaires et, pire encore, de notre Constitution.
Comment se fait-il qu’un François Hollande, député pendant 24 ans et premier secrétaire du PS pendant des années, et qu’un Jean-Marc Ayrault, député pendant 25 ans et ancien patron du groupe socialiste à l’Assemblée Nationale, ignorent qu’on ne bricole pas un texte de loi entre son adoption en commission et sa présentation devant l’hémicycle ? Comment se fait-il qu’ils ignorent aussi que, pour modifier la Constitution, il faut soit un referendum soit un vote aux trois cinquièmes du Congrès. Ce sont des choses qui s’apprennent en première année de droit.
Le Conseil constitutionnel vient d’invalider, comme c’était plus que prévisible, la loi sur le logement social parce que Cécile Duflot avait modifié son texte, en douce, entre les deux votes. Amateurisme stupéfiant.
Jean-Marc Ayrault vient de confirmer ce qu’avait laissé entendre avant-hier Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement : la présentation de la loi permettant le vote des étrangers non communautaires aux élections locales ne sera pas prête pour les municipales de 2014 et est donc renvoyée à plus tard, sans doute aux calendes grecques. Pourquoi ? Parce que si la gauche a la majorité à l’Assemblée et au Sénat, elle n’a pas pour autant la majorité des trois-cinquièmes exigée. Là encore, amateurisme étonnant. Ayrault savait très bien qu’il n’avait pas cette majorité des trois cinquièmes.
Le Premier ministre nous raconte qu’il « espère encore » convaincre les 50 parlementaires (de droite) qui lui manquent pour faire passer cette réforme. Mais à qui pourrait-il faire croire que des élus de l’opposition accepteraient de voter un texte qui détruirait un des fondements de notre démocratie, l’article 3 de la Constitution : « Sont électeurs tous les nationaux français majeurs des deux sexes, jouissant de leurs droits civils et politiques ».
On peut se demander si au-delà de ces cafouillages qui commencent à faire vraiment désordre et de cet amateurisme impardonnable, il n’y a pas un mépris total de l’opinion, une volonté de « passer en force » qui rappellent fâcheusement l’époque où les socialistes affirmaient à leurs adversaires : « Vous avez juridiquement tort parce que vous êtes minoritaires ».
Mais les Français ont parfaitement compris que le nouveau pouvoir tentait d’amuser la galerie avec quelques gadgets (le mariage des homosexuels, ce vote des étrangers, le débat sur la drogue, etc.) pour faire oublier l’essentiel : la lutte contre le chômage, la désindustrialisation du pays, la compétitivité de notre économie.
Et là, ce ne sont plus des cafouillages ou de l’amateurisme mais des reculades en bonne et due forme et des aveux pitoyables d’impuissance. Reculades sur les niches fiscales, sur la taxation de plus-values en cas de revente des entreprises, enterrement du rapport Gallois avant même sa publication. Aveux d’impuissance face au chômage. Hollande nous avait juré ses grands dieux qu’il saurait « inverser la courbe du chômage d’ici un an ». Michel Sapin vient d’avouer que « les chiffres du chômage seront encore mauvais pendant plusieurs mois ».
Alors que, contrairement à ce que nous a affirmé le président de la République, la tempête n’est pas encore apaisée, loin de là, il est bien inquiétant de voir un gouvernement qui cafouille, qui fait preuve d’amateurisme, qui recule et qui avoue son impuissance. Ca ne pourra pas durer cinq ans…

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