Dans le livre qu’il vient d’écrire –« Manifeste pour une droite décomplexée »- Jean-François Copé dénonce ce qu’il appelle « le racisme anti-blanc » qui, selon lui, sévit dans certains quartiers difficiles. Et, maire de Meaux, ville difficile s’il en est, il en donne des exemples.
Copé est, évidemment, en pleine campagne électorale pour la présidence de l’UMP et, challenger de François Fillon qu’il tente de présenter comme un mollasson, candidat des quartiers élégants, il n’hésite pas à faire un peu de populisme et à taper fort, allant, par exemple, jusqu’à proposer qu’on impose un uniforme à nos collégiens.
Tout le monde a compris que ce duel Fillon-Copé allait se jouer sur la droitisation, ou non, de cette famille politique qu’on n’ose plus, depuis longtemps, appeler gaulliste. Pour gagner la prochaine présidentielle, Copé affirme déjà qu’il faut viser l’électorat du Front National, Fillon semble se contenter de celui des centristes. Le tout est de savoir si les militants de l’UMP qui, seuls, départageront les deux hommes opteront, ou non, pour cette radicalisation de leur mouvement.
Quoi qu’il en soit, en osant parler d’un « racisme anti-blanc », Copé fait preuve d’un courage évident et provocateur. Jusqu’à présent, seule, l’extrême-droite avait évoqué ce problème. Or, il est certain qu’aujourd’hui, dans notre pays, ce sont les Blancs qui sont les premières victimes du racisme. Il suffit de prendre le métro, de déambuler dans certains quartiers ou de traverser certaines banlieues pour s’en apercevoir.
Certes, ce racisme ne s’exprime pas (encore) par des actes violents, contrairement au racisme anti-juif ou anti-arabe. Certes, les Blancs ne sont pas victimes de la discrimination à l’embauche, contrairement aux Arabes ou aux Noirs. Mais, si les expressions de « sale Nègre ! » ou « sale Arabe ! » ont –heureusement- pratiquement disparu, on entend maintenant, de plus en plus souvent, des « sale Blanc ! » destinés à ceux qu’ils appellent « les Gaulois », notamment dans les quartiers où les dits-« Gaulois » deviennent minoritaires.
Comment s’en étonner ? Cela fait des années que tous nos dirigeants politiques, droite et gauche confondues, passent leur temps à répéter que les Blancs ont toujours eu tous les torts. Les Blancs ont colonisé la planète, pratiqué l’esclavagisme, mené (et perdu) des guerres coloniales, torturé en Algérie et ailleurs. Voilà pourquoi des jeunes, maghrébins ou africains, ayant souvent la nationalité française, sifflent la Marseillaise.
A cette repentance généralisée s’est ajoutée une soudaine admiration béate pour toutes les civilisations « exotiques ». A entendre certains de nos maitres à penser, la musique des Zoulous, les peintures des Toubous et les poèmes des Papous seraient infiniment supérieurs à tout ce qu’ont pu produire Mozart, Monet ou Baudelaire. On a même offert aux intéressantes collections ethnographiques du Musée de l’Homme un nouveau musée, Quai Branly.
Plus grave encore, nos législateurs ont officialisé un racisme dont seraient seuls coupables les Blancs et seules victimes les Noirs ou les Arabes (et les Juifs). L’incitation à la haine raciale n’est condamnée que si un Blanc s’en prend à un… non-Blanc. A force de répéter que les Blancs étaient racistes, il ne faut pas s’étonner que les autres le soient devenus. Tout comme, à force de rabâcher que la France était le pays de toutes les discriminations et de prôner une discrimination « positive », il était prévisible que certains finiraient par se sentir discriminés.
Or, si certains « Gaulois » s’inquiètent d’une immigration mal gérée (c’est le moins qu’on puisse dire), ils ne sont pas forcément racistes pour autant. Pendant des années, le deuxième personnage de l’Etat a été un Noir (Gaston Monnerville) sans que cela ne choque personne et, aujourd’hui, ces mêmes « Gaulois » adulent souvent des sportifs ou des artistes de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.
Il ne faut pas confondre l’hostilité à l’immigration massive, la peur de l’islamisme fanatique et le racisme.
Le racisme anti-Blancs qu’il serait absurde de nier a, sans aucun doute, en grande partie, pour origine le dénigrement systématique de la France, de sa culture, de sa civilisation que les « Gaulois » eux-mêmes pratiquent ainsi que cette propension qu’ils ont à parler sans cesse de racisme et de discrimination.
Il serait grand temps que nos politiciens, notre Ecole, nos médias évoquent plus souvent les pages glorieuses de notre Histoire (car il y en a aussi) plutôt que ses heures les plus sombres et qu’on rappelle, un peu énergiquement, à « nos amis de couleurs » que le racisme est aussi intolérable contre les Blancs que contre les Noirs et que d’ailleurs ils ont été, semble-t-il, bien contents de venir chercher du travail, un peu de liberté et un peu de bien-être dans un pays majoritairement blanc, jusqu’à présent.
Une chose est sûre : il sera difficile de reprocher à un « Gaulois » qui aura été traité de « sale Blanc » d’être devenu raciste à son tour.
Copé a, sur ce point, parfaitement raison. Mais il va, sûrement, être trainé dans boue et c’est lui qu’on va accuser de racisme… Il est vrai qu’il a le défaut d’être blanc.

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