Le gouvernement vient de présenter sa nouvelle politique du logement. Il veut, comme l’avait promis François Hollande lors de sa campagne, qu’il y ait désormais 25% de logements « sociaux » dans nos villes.
Tout le monde sait qu’il y a un problème du logement dans notre pays, que les jeunes ont des difficultés à se loger, que les classes moyennes doivent de plus en plus émigrer vers de lointaines banlieues, que les prix des appartements, aussi bien à l’achat qu’à la location, ont flambé et que les crédits sont de plus en plus difficiles à obtenir.
Il est donc « normal » que le gouvernement veuille mettre en œuvre une grande politique d’incitation à la construction de logements neufs et à la réhabilitation de logements anciens. 500.000 logements neufs par an, a annoncé Hollande. Cela correspond aux besoins mais semble totalement irréaliste en cette période de crise.
Ce qui surprend le plus dans ces nouveaux dispositifs c’est cette obligation faite aux communes d’avoir désormais au moins 25% de logements dits « sociaux », sous peine de pénalités. Jusqu’à présent c’était 20%.
Il faudrait arrêter de tout mettre à « la sauce sociale ». Les avantages « sociaux », les « prélèvements sociaux », les droits « sociaux », les logements « sociaux », les cas « sociaux », etc. Même les « sociaux »-démocrates devraient le comprendre
A qui fera-t-on, d’ailleurs, croire qu’il y a, en France, 25% de la population qui « méritent » de bénéficier d’un logement « social », c’est-à-dire, ne l’oublions pas, subventionné par la collectivité ? Certes, il y a dans notre pays beaucoup trop de défavorisés, de pauvres, d’exclus, de mal logés et même de sans-abri, mais nous ne sommes tout de même pas (encore) devenus un pays du Tiers-monde.
Il est d’ailleurs absurde de vouloir imposer, uniformément, à tous les maires cette règle. Certaines communes n’ont plus de terrains à bâtir et –pourquoi ne pas l’avouer- certains quartiers ont toujours été et seront toujours plus « résidentiels » que d’autres.
La mixité, « sociale » elle aussi, n’est qu’une utopie de doux rêveurs. Il y aura toujours des zones où les appartements, les magasins, les écoles seront « de luxe », habités par des « riches » et totalement inaccessibles aux « pauvres ». Nos dirigeants socialistes en savent quelque chose puisqu’ils habitent beaucoup plus souvent dans les quartiers résidentiels de la capitale que dans les banlieues pourries des environs.
Le rôle de l’Etat n’est pas de faire du nivellement par le bas et d’édifier des HLM à Neuilly, dans le XVIème arrondissement et dans toutes les circonscriptions détenues par l’UMP, histoire d’« emmerder » les riches et la droite. Il est de venir en aide à ceux qui en ont besoin, là où ils en ont besoin.
De Gaulle avait fait construire des « villes nouvelles » pour les agriculteurs qui quittaient en masse la campagne et les premières vagues d’immigrés. C’était évidemment la bonne idée. Mais c’était plus ambitieux que d’imposer à des maires sans grands moyens des règles aussi démagogiques qu’inapplicables.

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