En campagne, ils nous ont fait, comme tous les autres, des promesses qui, bien sûr, selon la célèbre formule, n’engageaient que ceux qui les écoutaient mais qui prouvaient, aussi et surtout, à quel point ils nous prenaient pour des gogos. Maintenant qu’ils sont au pouvoir, ils nous mentent. Effrontément.
Ce matin, Arnaud Montebourg a eu le culot de répéter que le plan de PSA de supprimer 8.000 emplois et de fermer le site d’Aulnay-sous-Bois était « inacceptable ». Or, le rapport commandé à Emmanuel Sartorius par le ministre du Redressement productif lui-même vient de démontrer que ces licenciements étaient « inévitables et urgents ». Qu’on le veuille ou non, quand on ne peut pas éviter l’inacceptable, on est obligé d’accepter l’inévitable. Pourquoi diable le ministre bouillonnant persiste-t-il ainsi et s’enferre-t-il dans les mensonges ?
Il sait parfaitement que Peugeot-Citroën ne vend plus ses voitures, qu’Aulnay est condamné à la fermeture à très court terme, que d’autres sites de PSA devront « réduire leur voilure » avant longtemps et surtout qu’il n’a, lui-même, strictement aucun moyen d’intervenir dans les décisions de ce groupe industriel privé en perdition, même si l’Etat l’a aidé à plusieurs reprises. En continuant à jouer les fanfarons, il se ridiculise et décrédibilise totalement la parole du gouvernement.
Ce matin aussi, la ministre de l’Ecologie, Delphine Batho, nous a affirmé, sur le même ton péremptoire, qu’il n’y aurait pas de hausse du prix du gaz. Or, elle sait parfaitement, elle aussi, qu’il faudra bien finir par céder devant les exigences de GDF-Suez qui est obligé de répercuter sur ses clients la hausse des prix mondiaux de l’énergie. Là encore, on ne pourra pas éviter l’inacceptable. Delphine Batho est, elle aussi, grotesque et décrédibilise « le pouvoir » qui n’en a aucun en l’occurrence.
Le gouvernement s’était vanté, il y a quelques semaines, d’avoir fait baisser le prix de carburants (de… 6 centimes). Tous les automobilistes qui ont fait le plein ces jours derniers se sont aperçus que l’essence avait de nouveau augmenté et que la baisse (insignifiante) avait donc disparu comme par enchantement.
François Hollande que certains courtisans ont alors osé comparer à Pierre Mendès-France nous a déclaré, dimanche dernier, qu’il avait « un devoir de vérité » à l’égard des Français.
Certes, on pouvait le croire sur parole quand il nous a annoncé vingt milliards d’augmentation des impôts pour l’année prochaine. Mais, pour le reste, tout ne fut encore que mensonges. La croissance à 0,8%. Elle sera, au mieux, de 0%, ce qui n’est plus de la croissance. L’inversement de la courbe du chômage… « dans un an ». Il ne va faire qu’augmenter, ne serait-ce qu’à cause de l’austérité qu’on nous promet et qui va paralyser les investissements et la consommation. Le redressement du pays… « dans deux ans ».
On comprend qu’il soit difficile pour Hollande d’avouer que « l’Etat ne peut pas tout ». Un de ses prédécesseurs s’était tiré une balle dans le pied en le reconnaissant. Mais si l’Etat, en fait le gouvernement continue à nous raconter n’importe quoi, à essayer de nous faire prendre des vessies pour des lanternes, à embaucher en douce des fonctionnaires, à inventer des emplois bidons pour truquer les chiffres du chômage, à nous matraquer de nouveaux prélèvements pour maquiller les déficits, les Français vont finir, très rapidement, par s’apercevoir non seulement que « l’Etat ne peut rien » mais en plus que ce gouvernement va accélérer la dégringolade vers l’abime.
Oui, Aulnay va fermer, oui, le prix du gaz va augmenter. Qu’ils arrêtent de nous mentir !

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