Depuis que Bernard Arnault a demandé la nationalité belge, un nouveau « concept » a envahi la « une » de notre actualité : « le patriotisme fiscal ».
On ne peut, bien sûr, que se réjouir de voir nos élus, nos intellectuels et tous nos bobos de gauche qui pendant tant d’années ont vomi sur la Patrie (et les patriotes) revenir à de meilleurs sentiments à l’égard de notre Mère-patrie et reconnaitre, enfin, que le patriotisme n’est pas forcément l’adhésion aux pires thèses racistes ou xénophobes véhiculées par ce que nous avons eu de plus odieux dans notre histoire récente.
Longtemps le patriotisme a consisté à se dire (et à être) prêt à « mourir pour la Patrie », en l’occurrence pour la France. Cela s’est beaucoup fait. Mais les circonstances ayant changé, l’idée même est devenue obsolète.
Faute de pouvoir continuer à se sacrifier pour la Patrie, il suffisait alors, pour avoir son brevet de bon patriote, d’être fier et heureux d’avoir la chance d’être français, d’aimer nos paysages, notre civilisation, notre culture, notre littérature et même notre gastronomie.
Mais là encore, les bobos gauchistes ont fait des ravages. La « repentance », chère à nos dirigeants, a relégué les patriotes dans l’arrière-garde en déroute des nostalgiques de la torture, de la collaboration, du colonialisme, de l’esclavagisme.
Après avoir été ridiculisé, le patriotisme est devenu honteux, infamant. Et, de plus, sans doute grotesque à l’heure de l’Europe, de l’euro, de la dictature des technocrates apatrides de Bruxelles, de la mondialisation et du pluriculturel, du pluriethnique, du pluri-tout et n’importe quoi.
Et voilà que, soudain, le patriotisme renait de ses cendres dans un avatar pour le moins inattendu, le patriotisme… fiscal.
Bernard Arnault serait un mauvais Français, un mauvais patriote parce qu’il en aurait (peut-être) assez d’être massacré par les impôts, paralysé par l’administration, désigné par nos dirigeants à la vindicte populaire et honni par ses compatriotes.
Soyons honnêtes, vous comme moi, à sa place, il y a bien longtemps que, comme un bon nombre d’autres milliardaires, nous aurions déguerpi pour aller couler des jours heureux, si ce n’est dans les banlieues wallonnes du moins dans quelque paradis ensoleillé et fiscal.
Tout le monde reconnait que chaque citoyen doit payer l’impôt. Mais si « l’impôt du sang » était bien dû à la Patrie, l’impôt sur le revenu doit être versé à l’Etat, ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Car contrairement à la Patrie, l’Etat a des comptes à rendre aux citoyens.
On nous raconte que c’est parce qu’il paie des impôts que Bernard Arnault peut aller se faire soigner à l’hôpital, envoyer ses enfants à l’école et rouler sur les autoroutes. Hélas, l’état de nos écoles publiques et de nos hôpitaux publics est tel que si Arnault était malade il irait sans doute à l’Hôpital américain et qu’il a sûrement envoyé ses enfants dans des écoles privées. Quant aux autoroutes, elles sont payantes. L’Etat n’a pas rempli ses devoirs à l’égard du contribuable Arnault.
On nous parle alors de la solidarité indispensable dans toute communauté. Mais Arnault qui semble être un bon gestionnaire a parfaitement le droit de contester la gestion par l’Etat des fonds qu’il est censé lui verser. Il est vraisemblable que si le groupe LVMH avait, toute proportion gardée, la même dette que le pays, il y a longtemps qu’Arnault serait en prison au pain sec et à l’eau.
Bref, Arnault peut en avoir assez de verser à fonds perdu des sommes considérables que l’Etat dilapide à tout-va. Il ne considère sans doute pas que le patriotisme exige du masochisme.
Libération titre, ce matin, en s’adressant à Bernard Arnault et en reprenant une formule devenue célèbre : « Casse-toi, riche con ! ». Cela fera sûrement vendre le journal. Mais les lecteurs de Libé savent-ils tous que le journal gauchiste appartient au milliardaire Edouard de Rothschild qui a acquis la nationalité israélienne en 2010… « pour des raisons sportives » ?

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