Hier, à Florange, Arnaud Montebourg s’est fait huer par les métallurgistes d’Arcelor-Mittal qui ont fini par comprendre qu’il s’était payé leurs têtes en leur racontant que l’Etat n’accepterait jamais la fermeture de leurs hauts-fourneaux. Aujourd’hui, porte de Versailles, devant le Mondial de l’automobile, le nom du ministre du « Redressement productif » (sic !) a été conspué par les ouvriers de PSA qui ont fini par comprendre qu’il s’était moqué d’eux en leur affirmant que l’Etat n’accepterait jamais la fermeture du site d’Aulnay-sous-Bois et le licenciement de 8.000 salariés.
Hollande, Ayrault et Montebourg ont capitulé aussi bien devant Lakshmi Mittal que devant Philippe Varin.
On ne peut pas le leur reprocher. Le gouvernement n’a strictement aucun pouvoir pour empêcher des patrons de fermer une usine et de licencier puisqu’il n’a aucun moyen pour obliger des clients à acheter des voitures ou de l’acier. Et, même si le gouvernement socialiste nationalisait Arcelor et Peugeot-Citroën, cela ne changerait rien aux lois du marché.
Ce qu’on peut reprocher à Montebourg et à ses supérieurs c’est d’avoir voulu faire croire à tous ces ouvriers affolés que le gouvernement avait des recettes-miracles pour les sauver du drame du chômage et que, par un coup de baguette magique, il allait faire renaitre l’industrie automobile française et la sidérurgie lorraine. C’était, évidemment, de l’imposture et la réalité n’a pas mis longtemps pour démasquer les imposteurs.
Demain, l’extrême-gauche (le Parti communiste, le Parti de Gauche de Mélenchon, les amis de Besancenot et quelques autres) va manifester à Paris contre le Traité européen budgétaire mais aussi contre la politique d’austérité qui en découle. Beaucoup de salariés menacés par des plans de licenciement actuels se joindront sans doute au cortège et il sera intéressant de voir si les Ecologistes qui ont annoncé qu’ils voteraient contre ce traité seront, eux aussi, descendus dans la rue.
Tout risque bien de commencer à se gâter pour Hollande et ses copains. Les sondages le font sentir. L’automne pourrait être brûlant. Nous n’en sommes pas encore à avoir des manifestations violentes comme en Grèce ou en Espagne mais, les mêmes causes provoquant les mêmes effets, on peut redouter que tout ne dégénère rapidement chez nous aussi, quand les Français réaliseront ce que ce budget 2013 va leur imposer comme sacrifices. Et, même si, selon Hollande, Ayrault, Moscovici et Cahuzac, ils seraient les seuls victimes de l’austérité, ce ne seront pas Arnault et ses amis du CAC40 qui descendront dans la rue.
Tous les Français reconnaissent qu’il faut rétablir nos comptes et qu’il n’est plus possible de continuer la fuite en avant des déficits. Mais ils savent tous aussi -et même ceux qui n’ont pas fait l’ENA- que, sans un minimum de croissance, le pays va crever sur place parce que le chômage va exploser davantage encore et que donc les recettes vont encore diminuer et les dépenses encore augmenter. Or, la croissance exige un minimum de consommation et un peu d’investissement et le budget que nous présente Ayrault massacre tout espoir d’une reprise de la consommation de ménages et d’un redémarrage des investissements des entreprises.
La politique est un art difficile. Il faut savoir ménager la chèvre et le chou, le possible et le souhaitable, le présent et l’avenir, la rigueur et la croissance et surtout ne jamais tuer le malade pour qu’il meure en bonne santé.
Hollande a toujours récusé les mots « rigueur » et « austérité ». Mais ce budget 2013 n’est ni de la rigueur ni de l’austérité. C’est un assassinat de notre économie fomenté par des amateurs qui cachent leur incompétence avec une imposture en racontant qu’ils ne s’en prennent qu’aux riches. Ils s’en prennent en fait aux deux « mamelles » de la croissance, cette fameuse consommation et ces fameux investissements.
Là encore, bien vite, ils vont être démasqués car –du moins on peut l’espérer- les Français ne vont pas vouloir qu’on leur porte ainsi le coup de grâce. Ils savent que, pour s’en sortir, il leur faudrait un minimum d’oxygène, or, les technocrates de la rue Solferino veulent les étouffer sous l’oreiller.

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