Henri Guaino est candidat à la présidence de l’UMP. L’ancienne « plume » de Sarkozy devenue député des Yvelines ne se reconnait ni en Fillon, ni en Copé et veut donner aux militants un autre choix possible.
Cette initiative (inattendue) rappelle la candidature (avortée) de Villepin à l’Elysée. Les deux hommes ont un talent évident, méprisent la terre entière, sont souverainement détestés par la faune politique et se revendiquent, l’un comme l’autre, d’un gaullisme pur et dur mais de tendance plus ou moins sociale.
Ajoutons que Guaino n’a pas plus de chances de devenir patron de l’UMP que Villepin n’en avait d’être élu président de la République. Il est d’ailleurs vraisemblable que Guaino n’aura non plus les parrainages nécessaires pour se présenter. Le principe de ces fausses primaires que sont les parrainages permet d’éliminer toutes « les grandes gueules » qui voudraient empêcher les apparatchiks de tourner en rond. Nous en sommes revenus plus que jamais au système des partis fustigé par de Gaulle, justement, et, pour avoir le moindre espoir d’émerger, il faut désormais être au cœur de l’appareil.
Cela dit, il est bien dommage que Villepin n’ait pas pu se présenter devant les Français et que Guaino ne puisse pas le faire devant les militants de l’UMP. Non pas qu’ils l’auraient emporté mais parce qu’il aurait été particulièrement intéressant de voir combien d’électeurs ou de militants pouvaient encore être séduits par le gaullisme.
On a beau nous dire que le gaullisme est mort avec le Général, qu’il est d’ailleurs indéfinissable, n’étant ni de droite ni de gauche, et que les « valeurs » qu’il portait –l’honneur, la grandeur de la France, sa souveraineté, le rôle de l’Etat, etc.- sont aujourd’hui totalement obsolètes et incompréhensibles pour les jeunes générations, il n’en demeure pas moins que, quand on voit ce qu’est devenu le pays, la médiocrité de notre vie politique et le mépris des Français qui, devant cette médiocrité, se réfugient dans l’abstention ou les votes extrémistes, on se prend à être nostalgique de ce gaullisme mystérieux mais qui, à deux reprises, en 40 et en 58, a tout de même sauvé la France et accessoirement les Français.
Certes, parler de la France à l’heure de l’euro et de la dictature des technocrates bruxellois pourrait sembler ridicule. Et celui qui prétendrait vouloir reconstruire le pays, son économie, son système social, ses institutions ferait sourire. Et pourtant…
Bien sûr, nos malheurs d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec ceux de juin 40. Mais, comme en 58, nous avons à mener une guerre (contre le chômage), nous sommes en faillite, nos responsables politiques sont impuissants à force d’incompétence et les Français végètent au fin fond d’une crise morale qui en conduit certains à être dégoûtés d’être français.
Le gaullisme n’est plus à la mode mais il serait indispensable car ce ne seront ni les atermoiements honteux de notre gauche molle au pouvoir ni les combats picrocholesques d’égos des nains de notre droite en déroute qui pourront provoquer le sursaut nécessaire et redonner le moindre espoir aux Français.
Hélas, il ne suffit pas de se revendiquer du gaullisme pour être le Général… Guaino comme Villepin ressemblent à ces demi-soldes dépenaillés et faméliques qui erraient lamentablement dans les ruelles de la Restauration en rabâchant Austerlitz.

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