Sans parler d’Hiroshima ou de Nagasaki, tous les Français gardent en mémoire le drame de Tchernobyl et celui de Fukushima tout en sachant parfaitement que la centrale ukrainienne était plus ou moins à l’abandon et qu’au Japon c’est un tsunami et non pas le nucléaire qui a provoqué la catastrophe. Les Français ne sont pas contre le nucléaire qui leur permet de payer leur électricité bien moins chère, ils ont légitimement peur de la radioactivité que pourrait provoquer un accident.
D’autre part, bien rares sont les Français qui ont compris ce qu’était le gaz de schiste et comment on pouvait éventuellement l’exploiter.
Or, François Hollande vient de confirmer que la centrale de Fessenheim serait fermée en 2014, conformément à ses engagements de campagne, et d’annoncer que les recherches sur le gaz de schiste seraient interdites.
Ces décisions sont particulièrement absurdes.
Pour ce qui est du nucléaire, de deux choses l’une. Ou l’on considère que les centrales nucléaires sont dangereuses et alors on les ferme toutes comme l’ont décidé certains pays ou on estime qu’en prenant les mesures de précaution nécessaires elles ne présentent aucun risque et alors on développe davantage encore cette source d’énergie. Se contenter de réduire -un peu- le nombre de nos centrales pour plaire -à moitié- à certains lobbies n’a aucun sens. On se prive en partie d’une source d’énergie essentielle sans pour autant se protéger d’un danger potentiel.
Pour ce qui est du gaz de schiste dont notre sous-sol regorgerait, on se refuse maintenant à étudier une solution qui permettrait, peut-être voire sans doute, de régler bon nombre de nos problèmes d’approvisionnement en énergie.
A entendre le président de la République, on a l’impression que, tout en nous promettant un redémarrage de la croissance et le redressement du pays « dans les deux ans », il prône un retour si ce n’est à l’âge de pierre du moins à l’époque des moulins à vent. Tout le monde sait que les éoliennes ne fourniront jamais l’énergie que nous procurent les centrales nucléaires et que pourrait nous fournir le gaz de schiste.
Il n’y a, évidemment, aucune vision de l’avenir dans ces décisions. En limitant (un peu) le nucléaire et en interdisant les recherches sur le gaz de schiste, le chef de l’Etat ne nous présente pas sa conception de la France des années 2050. Il fait simplement plaisir à ses amis écologistes. Il tente de les calmer. Il fait de l’électoralisme, pas de la politique au sens noble du terme.
Depuis son arrivée à l’Elysée, certains se félicitaient de la méthode de gouvernance qu’il semblait vouloir appliquer. Des commissions en veux-tu en voilà-là pour étudier un dossier, puis des tables rondes avec toutes les parties prenantes pour papoter et palabrer jusqu’à plus soif, puis, en apothéose, l’apparition miraculeuse d’un consensus, embrassons-nous Folleville.
Personne n’a osé faire remarquer au nouveau venu qu’un chef d’Etat est payé pour prendre des décisions, pour montrer le cap, pour dessiner l’avenir, pas pour refiler le bébé à des comités Théodule et encore moins essayer de faire plaisir à tout le monde en ménageant la chèvre (ici le progrès) et le chou (ici les écolos).
Depuis deux jours, Cécile Duflot, Nicolas Hulot, José Bové, Corine Lepage et leurs petits copains se félicitent de ce qu’ils considèrent comme une victoire, oubliant qu’Eva Joly n’avait recueilli que… 2,13% des voix lors de la dernière présidentielle. Et Hollande se dit que, du coup, Europe-Ecologie-les-Verts va sagement rentrer dans les rangs lors des débats sur l’Europe ou la réforme de la fiscalité. Mais, dans le même temps, GDF-Suez confirme qu’il faudra bien augmenter le gaz de 7% avant longtemps.
L’électoralisme à la petite semaine n’est pas une politique. La situation actuelle de la France nous interdit de jouer, pendant les cinq prochaines années, à ce petit jeu de chef-lieu de canton qui consiste à prendre des demi-mesures, à faire de petits cadeaux aux uns et aux autres, à tergiverser en permanence, à retarder indéfiniment les décisions pour ne faire de peine à personne.
On a souvent dit que Chirac ressemblait à Henri Queuille, député de Corrèze, qui répétait à plaisir : « Il n’y a pas de problème que l’absence de solution ne finisse par résoudre ». Hollande a, lui aussi, comme Queuille et comme Chirac, été longtemps un élu de Corrèze.

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