Les écologistes sont « contre » la ratification du traité européen (d’austérité) signé jadis par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel -mais imposé par cette dernière-, que François Hollande avait promis de refuser « en l’état » mais qu’il a fini par accepter, toute honte bue, en se cachant derrière le petit doigt (qui ne cache pas la forêt) d’un additif évoquant vaguement la croissance.
Les écologistes ont naturellement le droit de penser que la règle d’or, le retour à l’équilibre des comptes, en une période de crise aigüe, ne peuvent qu’aggraver encore la situation de tous ceux, innombrables, que le chômage, la précarité de l’emploi, la hausse du coût de la vie et la baisse généralisée des revenus ont grandement fragilisés.
Ce n’est évidemment pas en pratiquant l’austérité à haute dose, à la prussienne, qu’on relancera la consommation ou l’investissement et qu’on créera des emplois. Certains peuvent donc être tentés de penser qu’il vaudrait mieux continuer à s’endetter pour, précisément, essayer de sortir de la crise, qu’on verra bien après, qu’il y a le feu dans la maison et que tant pis pour les marchés et les agences de notations.
Ce débat qui oppose ceux qui regardent l’avenir plus ou moins lointain et ceux qui constatent qu’on est aujourd’hui au fond du trou ne fait que commencer et il faut bien dire que les Verts sont logiques avec eux-mêmes quand ils refusent les arguments des experts comptables, même si –ce qui est totalement incompréhensible- ils ont déjà fait savoir qu’ils voteraient le budget 2013 qui n’est rien d’autre que le début de la mise en oeuvre de l’austérité exigée par le traité.
Mais tout se complique pour eux car deux des leurs –et pas des moindres puisqu’il y a leur ancienne patronne- sont membres du gouvernement, Cécile Duflot, ministre de l’Egalité des territoires et surtout du Logement, et Pascal Canfin, ministre délégué (inconnu) chargé du Développement.
Les deux « excellences » viennent de faire savoir qu’elles n’avaient pas du tout l’intention de démissionner. Elles préfèrent rester au gouvernement et mettre leurs opinions dans leur poche, avec leur mouchoir par-dessus, plutôt que d’être cohérentes, ce qui en politique veut dire honnêtes. On les comprend. La place est bonne, le fromage juteux et on a déjà vu beaucoup de politicards avalant toutes les couleuvres et se vautrant dans toutes les trahisons pour garder leur voiture avec chauffeur et cocarde.
Ce qui est plus étonnant c’est que ni Hollande ni Ayrault n’aient eu le courage de les virer immédiatement ou, pour le moins, d’exiger qu’ils se désolidarisent publiquement de leurs amis d’Europe-Ecologie-les-Verts.
Même si les socialistes ont donné, sans qu’on comprenne bien pourquoi, un groupe parlementaire aux Ecologistes, le PS n’a pas besoin des Verts pour mener la politique qu’il souhaite et tout le monde sait, depuis la dernière présidentielle, que les Ecolo ne représentent que 2,31% des Français.
Pourquoi alors une telle « indulgence » à leur égard alors que depuis le début du quinquennat le président et le Premier ministre évoquent à tout bout de champ l’indispensable « solidarité gouvernementale » ?
Hollande veut-il, à tout prix, démontrer qu’il est, en effet, totalement incapable de prendre une décision ? Ayrault souhaite-t-il vraiment prouver qu’il n’est absolument pas fait diriger un gouvernement ? Pensent-ils réellement, l’un et l’autre, qu’en face de tous les défis qu’il faudrait relever dans l’urgence, un peu de chienlit autour de la table du Conseil des ministres est nécessaire ?
En tolérant de tels désaccords sur un problème aussi essentiel, les deux têtes du pouvoir ne comprennent pas que… le vert est dans le fruit, que tout commence à partir à vau-l’eau et que les Français se mettent à regretter leur vote d’il y a 4 mois.

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