L’Etat étant, par définition, chargé de la protection des personnes (et des biens) il est normal et même souhaitable que « les autorités » nous préviennent des risques qui nous menacent et nous conseillent les mesures à prendre pour les éviter.
Personne ne s’étonne de voir, sur nos routes de montagnes, des panneaux nous avertissant d’un « Virage dangereux », sur nos plages de sables mouvants, des écriteaux interdisant la baignade et, devant les installations électriques, l’avis qu’il y a là « Danger de mort ».
On pourrait s’étonner de la phrase « L’abus d’alcool est dangereux » désormais inscrite sur toutes nos bouteilles d’alcool. Tout monde sait, même les alcooliques, qu’un troisième verre peut provoquer des dégâts. Plus étonnant encore est le « Fumer tue » rappelé sur tous nos paquets de cigarettes. Si fumer tue vraiment, on comprend mal que les cigarettes soient encore en vente libre, même si l’Etat en tire d’énormes profits et même si certains, au gouvernement, souhaitent aujourd’hui légaliser les drogues.
En ce début de canicule, les autorités viennent de lancer une vaste campagne d’information. Et cette fois, on tombe à la renverse. Elles conseillent aux personnes âgées de… boire de l’eau fraîche, aux mères de famille… d’hydrater les nouveaux nés et à l’ensemble des citoyens de choisir… des endroits frais.
Nous prendraient-ils vraiment pour des débiles ? Les 15.000 morts de la canicule de 2003 ignoraient-ils tous que, quand il fait chaud, on a soif et que, quand on a soif, il faut boire ?
On imagine que ces mêmes autorités préparent déjà pour les grands froids de l’hiver prochain une autre campagne d’information qui conseillerait aux personnes âgées de boire des boissons chaudes, aux mères de famille d’emmitoufler leurs bébés et aux autres citoyens d’éviter de se promener tout nus dans la neige.
Cette infantilisation de la population est très révélatrice du mépris dans lequel nous tiennent les autorités, autant dire le pouvoir.
Il est vrai qu’après nous avoir juré qu’ils allaient sauver le pays et avoir vu que nous avions gobé leurs promesses, il est normal qu’ils nous conseillent de nous mettre à l’ombre quand le soleil tape trop fort. Nous n’y aurions sûrement pas pensé tout seuls.

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